James Comey n’est qu’un larbin du Deep State

Rédigé le 12 juin 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Jeudi 6 juin, le spectacle public donné à Washington a occupé le devant de la scène.

Il s’agit d’une bagarre ultra-médiatisée entre deux charlatans, chacun étant soutenu par des armées de vauriens et d’escrocs.

Pour mieux comprendre, disons qu’il s’agit d’un match de catch professionnel, version politique, avec un héros clownesque dans chaque camp. Ni l’un ni l’autre n’est ce qu’il prétend être. Mais chacun joue son rôle.

… et le public les acclame ou les siffle, selon le camp qui l’a berné.

L’ex-directeur du FBI James Comey a reçu de bonnes appréciations, globalement, pour son interprétation du rôle de policier de carrière.

Il a joué les honorables fonctionnaires, dont la seule mission est de protéger le peuple américain d’ennemis étrangers et nationaux, et de défendre l’honneur de son cher FBI.

« ‘J’estime avoir été renvoyé à cause de l’enquête sur la Russie’, a déclaré M. Comey à la Commission du Sénat sur le renseignement.

‘J’ai été renvoyé de façon à modifier – ou bien la démarche visait à modifier – la façon dont l’enquête sur la Russie était menée’, a-t-il poursuivi. ‘C’est quelque chose de très important, et pas uniquement parce que je suis concerné.' »

Comey a poursuivi en déclarant que le président « avait décidé de diffamer… le FBI ».

M. Comey n’a pas mentionné qu’il a été à la solde du Deep State tout au long de sa carrière, et la presse, lamentable, ne l’évoquera pas non plus.

Si vous examinez n’importe quel élément de preuve issu du fiasco de ces 15 dernières années, vous trouverez ses empreintes ainsi que celles d’un autre ex-directeur du FBI, Robert Mueller.

Les failles du renseignement, lors du 11 septembre 2001… la crise qui a suivi… l’entourloupe des armes de destruction massive… et l’invasion de l’Irak (qui n’avait rien à voir avec le 11 septembre)… la rafle de « suspects » innocents… la torture de prisonniers… l’espionnage des Américains…

Ces types ont joué des rôles clés dans tout ce cirque dégradant, coûteux, inutile et contre-productif.

Au lieu de protéger les droits constitutionnels des Américains comme ils avaient juré de le faire, ils se sont servis de l’hystérie postérieure au 11 septembre pour accroître le pouvoir du Deep State.

A présent, ils visent les Oscars, comme s’ils étaient des héros, en faisant semblant d’être des agents du FBI pleins d’abnégation. Lors de l’audition, l’intégrité se reflétait sur le visage de M. Comey telle le soleil sur un pare-brise brûlant.

Des mythes naïfs servis au public

Naturellement, les médias se sont laissés aveugler par ce reflet.

Ils se sont immédiatement mis au boulot, avec la même indolence empotée que d’habitude… sans prendre la peine de raisonner… sans s’embêter à tenter de comprendre ce qui se passe réellement.

Pourquoi le feraient-ils ?

Les téléspectateurs s’en fichent, eux aussi. Ils veulent simplement que les mythes naïfs auxquels ils croient leur soient confirmés. Soit ils sont pour « le Donald », soit ils sont contre.

Au diable les nuances.

Le spectacle continue son petit bonhomme de chemin, en semant la confusion dans l’esprit du public et en le détournant de ce qui compte réellement.

Qu’est-ce qui compte réellement ?

Merci d’avoir posé la question. Selon nous, il y a deux éléments-clés : l’accroissement du pouvoir du Deep State… et l’accroissement de la dette.

Il y a environ 50 ans, les États-Unis se sont sérieusement attelés à devenir un empire

Ensuite, à l’aide de la nouvelle monnaie falsifiée fondée sur le crédit (le dollar post-1971), l’Establishment a détourné de plus en plus d’argent et de pouvoir issus de l’économie productive au profit de l’économie improductive…

Wall Street, l’armée, les technocrates de la santé, les intellectuels des banques centrales, les fonctionnaires de l’éducation et de l’industrie, les vendeurs de médicaments, les opérateurs des prisons et l’Etat lui-même…

Le parti au pouvoir importait peu. Alors que la production réelle déclinait, les pages de l’annuaire de la fonction publique se multipliaient et la dette a progressé.

Une dette multipliée par 20 depuis 1980

A présent, il y a plus de dette que l’on ne peut en rembourser, notamment des centaines de milliers de milliards de dollars de pensions et prestations de santé promises aux électeurs. [NDLR : Découvrez le secret du palais Brongniart, qui vous permet de vous construire une retraite de ministre malgré la faillite du système de répartition et la faiblesse des taux d’intérêt : cliquez ici pour tout savoir.]

Et avec les accords gagnant-perdant – portant sur la réglementation, la législation, les guerres, l’ingérence des banques centrales, la dette et l’ingérence économique – l’économie a de plus en plus de mal à suivre.

La Réserve fédérale a d’ores et déjà fait dégringoler les taux d’intérêt à court terme au plus bas. Et elle a gonflé son bilan de 4 000 Mds$ d’obligations d’Etat au cours des 14 premières années de ce siècle – soit huit fois plus qu’elle ne l’avait fait en 86 ans d’existence, jusque-là.

En 1980, la dette publique américaine ne s’élevait qu’à 1 000 Mds$. A présent, elle s’élève à 20 000 Mds$. En 1980, l’endettement des ménages ne représentait que 1 000 Mds environ, lui aussi. A présent, il est proche des 15 000 Mds$.

La véritable question n’a pas grand-chose à voir avec le président Trump. C’est un figurant. Il ne comprend pas ce qu’il se passe… et n’a aucune idée de ce qu’il devrait faire.

Il a été élu parce les gens l’ont entendu… et qu’ils ont cru que c’était le « perturbateur » qu’ils recherchaient.

Il donnait l’impression de parler « franchement » (en écoutant de loin). Il ressemblait à un « outsider » (en regardant de loin). On aurait même pu le prendre pour un homme d’affaires qui a réussi (sans trop étudier son parcours).

Loi de Bonner

Mais peu importe.

Le véritable pouvoir est détenu par le Deep State… et la véritable question est de savoir comment il va réagir à l’inévitable effondrement financier qui ne peut que se produire.

La récession devrait déjà être là. Un marché baissier nous guette. Les taux d’intérêt finiront par augmenter… et la montagne de dettes mondiale, culminant à 225 000 Mds$, explosera tel le volcan Krakatoa.

Loi de Bonner : l’intensité d’une récession est égale et opposée à celles des illusions qui l’ont précédé.

Celle qui nous attend sera extraordinaire et unique en son genre.

Les marchés enregistrent des hausses. Et des baisses. Un système honnête exploserait… et permettrait aux actions de chuter là où elles peuvent, d’anéantir des milliers de milliards de dettes non recouvrables, et de permettre à l’économie de redémarrer sur des fondations plus solides.

Mais le Deep State dirige un empire qui dépend du dollar falsifié… et de la dette. Les empires ne font pas marche arrière. Les initiés non plus.

Au contraire, ils prennent encore plus de pouvoir… et contrôlent toujours plus l’économie… jusqu’à ce que le système s’écroule.

Que se passera-t-il ? Quand ?

Nous l’ignorons. Mais le concours de catch auquel se livrent Comey et Trump n’est qu’un divertissement de second plan.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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