Pas folle, la guêpe Trump

Rédigé le 25 janvier 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Les cours des bons du Trésor ont grimpé et les rendements ont enregistré le 23 janvier leur plus forte chute journalière depuis plus de deux semaines.

Autrement dit, les investisseurs tournent le dos aux actions risquées et s’orientent vers les obligations, traditionnelles « valeurs refuges ».

Le mini-boom de Trump semble s’estomper.

Le président Trump pourrait vraiment « partir en guerre » contre le Deep State. Et perdre.

Si cela devait se produire, les investisseurs se retrouveraient très certainement sous les tirs croisés.

Mais ne vous inquiétez pas. C’est très peu probable. La seule façon de mettre au pas le Deep State, c’est de le priver des financements dont il s’abreuve, issus de l’argent facile.

M. Trump ne l’a même pas suggéré. Cela ne va pas se produire, du moins pas volontairement.

La possibilité la plus probable : le lion du Queens va frayer avec les renards du marigot, sur les rives du Potomac… et ensemble, ils se régaleront des pauvres petits agneaux qui l’ont élu.

Les romanciers inventent souvent des personnages. Ils les placent dans une situation donnée. Puis ils se demandent ce qu’ils pourraient bien faire.

« Le destin de l’homme est son caractère inné », disaient les Anciens.

Donc aujourd’hui, voici la question que nous nous posons : que pourrait bien faire Donald ?

Petit à petit, nous commençons à mieux comprendre M. Trump. C’est un vaurien doublé d’un mufle, un arriviste coriace venu des confins de l’East River, malin et égocentrique. Mais nous le disons avec autant d’admiration que de dégoût.

Petit à petit, nous voyons un peu mieux ce qu’il pourrait faire. Il est ce qu’il est. Il fera ce qu’il fera.

Nous ne le critiquons pas, peut-être qu’il est exactement ce qu’il nous faut. Tout empire doit s’achever un jour. Trump est peut-être l’homme de la situation.

Des hommes d’argent et des gendarmes dans sa poche

Tout de suite après sa victoire électorale, M. Trump a convié dans son QG de la Trump Tower, dans le centre de Manhattan, les bestioles les plus puissantes du marigot : les financiers et les militaires.

Il a peuplé son cabinet d’anciens de Goldman et du Pentagone. Puis il a fait marche arrière sur la réduction des prestations sociales promises par l’Obamacare, en disant que son nouveau plan offrirait une couverture bien meilleure pour tous les moutons.

Et à présent, Rick Perry (ancien gouverneur du Texas) choisi par Trump pour diriger le département de l’énergie, déclare que lorsqu’il a plaidé en faveur de la suppression de ce même département, au cours de la campagne présidentielle de 2012, il ne savait pas à quel point il était important.

Voici ce que Perry a déclaré, lors de son audition de confirmation, la semaine dernière :

« En fait, après avoir pris connaissance des innombrables fonctions vitales du Département de l’Energie, je regrette d’en avoir recommandé la suppression. »

Pas folle, la guêpe Trump.

Protégé par la puissance financière, l’artillerie lourde, les géants pétroliers et pharmaceutiques, il pourra cogner librement sur les ressortissants plus modestes du Deep State : universitaires, médias, bureaucratie, affaires, entreprises et menu fretin.

Ni républicain ni démocrate, ni adepte du social-libéralisme, ni conservateur, voilà l’essence du Trumpismo : maintenir les compères en équilibre instable tout en demeurant le héros du petit peuple.

Pour le plus grand bonheur de ses supporters aux casquettes rouges, la Team Trump s’en prendra à quelques ennemis symboliques « du peuple » et laissera l’argent se déverser sur les initiés les plus puissants.

Quelle sera la conséquence ? Un boom à Wall Street ? Une croissance de 4% du PIB ? Une dépression catastrophique ?

Qui sait ? Les présidents chanceux sont meilleurs que ceux qui sont intelligents. Or M. Trump a de la chance, c’est bien connu. Pour lui, cela pourrait même être les deux.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

3 commentaires pour “Pas folle, la guêpe Trump”

  1. M. Bonner, je vous cite :
    « le lion du Queens va frayer avec les renards du marigot, …et ensemble, ils se régaleront des pauvres petits agneaux qui l’ont élu »
    C’est une possibilité, mais c’est risqué ! Et pour tout le monde, car cela ne prend pas en compte le changement de vent. Ce serait probable si les électeurs avaient gardé confiance dans le système électoral actuel. Seulement, Trump a été élu contre ce système et partout dans le monde les électeurs se défient du système et votent de plus en plus contre ses représentants.
    Voilà pourquoi à mon sens, Le Deep State est acculé à entrer dans le jeu de Trump… et celui-ci ne peut pas non plus jouer le jeu du Deep State.
    Il prend déjà le contre pied d’Obama et attaque les médias, la Chine, les migrants, obamacare … et semble bien se moquer des féministes (alors qu’ Obama ne manquait jamais une occasion de se déclarer féministe)
    Bien sûr, il ménage les financiers et les militaires, les géants pétroliers et pharmaceutiques … et s’attaque d’abord aux petits du Deep State. Et je le répête, ON le laissera faire.
    Ce qui protège Trump, ce faible ourson bagarreur, c’est la menace du Peuple Ours qui risque de se déchainer s’il comprend qu’on se joue de lui. Il sera patient, ce Grand Ours, tant qu’il sera convaincu que ça va dans le bon sens.
    Mais si Trump le trompe, alors le pire est possible
    Vous le dites sans cesse, la situation actuelle est intenable. Les Parasites en sont les responsables, mais ils ne peuvent rien faire sans déclencher une catastrophe. Pour eux, Trump est le moindre mal et l’unique espoir de sauver la situation.
    Il est exactement dans la situation de Bonaparte en 1799.Ceux qui sont en place se défient de lui, mais ils sont acculés, par leurs propres erreurs. Ils sont condamnés à aider celui qui les menace pour éviter pire Pourquoi croyez-vous que Lucien Bonaparte présidait la séance des 500 au moment du coup d’Etat de son frère ? De plus 3 Directeurs faisaient partie du Complot, et l’armée de Bonaparte « protégeait » les élus !

    Ps : ON protège déjà la vie de Trump : une féministe tweete : « Ayez la bonté d’assassiner Trump ». Aussitôt, elle reçoit la visite d’un officiel et le tweet disparait.

  2. Mr Bonner, vous êtes le deep state … vous passez votre temps à faire peur pour vendre des lettres d’information afin de rassurer les peur que vous engendrez …

    En général les gens qui vivent de ça sont du vent. Il est évident que Trump va réussir, il fait ce qu’il y a de plus logique et censé à faire suite à 30 ans de mondialisation, fin d’un cycle pour rester gagnant, et le deep state le suivra et retournera sa veste, car en repartant en sens inverse, il y aura aussi pas mal d’argent à se faire, vous retournerez aussi votre veste, en vendant des lettres d’info non plus apocalyptique mais plutôt opportuniste en ventant Trump. Pile vous gagnez, face vous gagnez c’est cela le deep state et c’est clairement vous …

  3. Bill,
    Ne te fâche pas pour un lecteur qui adhère au discours de Trump. Nous sommes nombreux à te lire et à se régaler des réflexions de bon sens dont tu nous abreuves. Ce qui nous attriste, c’est qu’en France, on n’est pas mieux loti qu’aux US.
    Par exemple, j’observais sur le site de RTE qu’en cette saison de froid et de peu de vent, nous avons de l’électricité grâce notamment aux importations d’électricité d’Allemagne alors qu’en même temps, notre gouvernement s’apprête à ponctionner les contribuables pour arrêter une centrale EDF qui ne demande qu’à marcher…
    Je n’en dirais pas plus…Bon courage et, s’il te plaît, garde ta liberté d’expression.

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