Shutdown : gouvernement, quand il n’y en a plus… il y en a encore

Rédigé le 23 janvier 2018 par | A la une, Bill Bonner, Deep State, Politique et vie quotidienne Imprimer

Le shutdown n’a été qu’une péripétie. Le gouvernement va continuer à vivre à crédit mais voilà que son prix augmente… Que va faire le Marigot de Washington ?

Oh, cher lecteur, imaginez notre émoi ! Concevez notre douleur !

Nous étions comme un petit garçon qui vient d’entendre que son école est en feu…

… Lorsque nous avons quitté le bureau vendredi dernier, le gouvernement fédéral américain n’était qu’à quelques heures d’un shutdown ! Nous avons croisé les doigts et rêvé au paradis.

Une escroquerie sans fin

Dimanche matin, nous nous sommes levé et avons regardé par la fenêtre, espérant voir un panache de fumée dans le lointain.

Mais le ciel était clair. L’électricité fonctionnait encore dans la maison. Il y avait du chauffage. Et l’eau courante.

Plus tard dans la journée, nous avons vaqué à nos occupations habituelles. Nous sommes allé à l’église, puis à la quincaillerie.

Vous pouvez imaginer notre déception. Tout était normal. Le gouvernement était toujours en activité.

Plus grand, plus profond, plus visqueux

Quasiment toute la couverture médiatique de la première année de la présidence Trump – et du shutdown – est à côté de la plaque.

Le Wall Street Journal, par exemple, titrait son article de vendredi : « l’année qui a tourneboulé Washington ».

Le Donald a froissé quelques susceptibilités. Il a dit des choses que d’autres voulaient dire mais avaient le bon sens de taire.

Il a offensé des millions de personnes, embarrassé des millions d’autres… et consterné des millions d’autres encore.

Mais il n’a rien tourneboulé d’important. Les conservateurs et les démagogues peuvent se faire applaudir en promettant d' »assainir le Marigot »… mais qui le veut vraiment ?

Même les conservateurs les plus acharnés – s’il en reste – ne veulent pas que le spectacle prenne fin : ils ont des fauteuils au premier rang !

Non, cher lecteur, le gouvernement US ne va pas s’arrêter.

Le Marigot est toujours là… plus grand, plus profond et plus visqueux que jamais.

Les 30 Mds$ de l’usine à gaz du Mur de M. Trump ajouteront quelques centimètres de vase. Les 80 Mds$ supplémentaires de gâchis pour la défense, l’industrie et le terrorisme augmenteront encore le niveau. Et la Loi sur la fiscalité – voilà qui devrait faire presqu’un demi-mètre de plus.

A eux tous, ils porteront les emprunts du gouvernement US en 2019 à 1 200 Mds$.

C’est plus que ce qu’a créé George H. W. Bush durant l’intégralité de son mandat de quatre ans. Alors qu’il a envoyé des troupes au Koweït… supervisé le renflouage fédéral qui a mis fin à la crise des caisses d’épargne de 1989… et présidé à la récession de 1991, qui avait sévèrement attaqué les recettes fiscales du gouvernement.

Imaginez ce qui se passera quand l’administration de M. Trump commencera à avoir des problèmes.

Une nouvelle crise du crédit

Les problèmes, c’est ce sur quoi nous nous concentrons, à la Chronique… et ces derniers temps, nous nous demandons comment l’arnaque finira.

Les augmentations des dépenses fédérales… et les dépenses « privées » improductives ordonnées par la Fed… semblent irrépressibles.

En plus des dépenses du complexe militaro-anti-terrorismo-industriel, il y a aussi les transferts vers la santé, l’éducation et l’aide sociale.

Environ 10 000 baby-boomers américains prennent leur retraite chaque jour. Au fur et à mesure de ce processus, les programmes fédéraux à durée indéterminée – notamment Obamacare – dépensent plus d’argent.

Politiquement, il est quasi-impossible de supprimer à ces « droits », puisque tant les compères du Deep State que les lumpenzombies les soutiennent.

Mais d’où proviendra l’argent ?

Passée quasiment inaperçue parmi les nouvelles salaces de la semaine dernière, il y avait cette pépite en page B1 du Wall Street Journal : « le rendement des bons du Trésor US atteint un sommet de trois ans ».

Voici qu’un obstacle inamovible se précise. Après 30 ans de chute, les rendements se remettent à grimper.

rendement à 10 ans

Partout dans le monde, les banques centrales réalisent qu’elles doivent resserrer leurs politiques si elles veulent avoir des « munitions » lorsque la prochaine crise du crédit frappera. Les taux augmentent. [NDLR : En Europe aussi ce mouvement a commencé. La dette coûte plus cher, les rendements montent. Une nouvelle crise de l’euro couve. Votre contrat d’assurance-vie en euro est adossé à de la dette française qui perd de sa valeur. Les banques européennes sont gorgées de créances douteuses. Que va-t-il se passer ? Découvrez-le ici.]

Ce que font toujours les canailles

L’économie américaine vit de dettes.

Si les prêteurs étaient incapables de prêter… ou si les taux d’intérêt grimpaient… tout le bataclan s’effondrerait.

C’est ce qui arrive lors d’une crise du crédit.

Tout à coup, l’argent disparaît, les taux d’intérêt s’envolent… et tant les ménages que les entreprises – éduquées par les autorités à dépendre de crédit abondant et bon marché – font faillite.

Que peuvent alors faire les autorités ? Voyons voir…

Elles peuvent admettre qu’elles ont commis une terrible erreur, « fermer » effectivement certains domaines du gouvernement et laisser le système purger les mauvaises dettes, les actifs surévalués et les excès de dépenses.

Ou elles peuvent faire ce que font toujours les canailles : mentir, tricher et voler.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Shutdown : gouvernement, quand il n’y en a plus… il y en a encore”

  1. Et donc ?
    en résumé : pas de krach suite au shutdown comme le prédisait Jim ?

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