Le « Faux Dollar » a détruit le vrai capitalisme

Rédigé le 20 juillet 2016 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

Le système monétaire d’après 1971 repose sur une monnaie falsifiée, fondée sur le crédit sans contrepartie existante. L’inflation du crédit a dénaturé les prix et fait baisser les salaires.

Hier, nous nous sommes quittés avec le projet de disséquer ce système monétaire moderne, digne de Frankenstein.

C’est là que cela se complique. Il y a tellement d’organes hideux… et puis toute cette tuyauterie interne révoltante…

Mais pratiquons une incision jusqu’au coeur… sortons-le… et regardons de plus près.

Un Dollar falsifié

L’argent se trouve au coeur de toute économie.

L’argent, c’est une jauge. Il vous dit ce que valent les choses… ce que vous pouvez vous permettre d’investir… ce qui vaut la peine d’être fait, ou non.

L’argent, notamment les taux d’intérêt qu’il rapporte, indique quand se développer et quand se réduire. Il indique quand travailler plus dur et quand limiter la pression. Il indique dans quelle direction aller.

L’argent, ce n’est pas uniquement quelque chose que vous utilisez lorsque vous devez acheter un paquet de cigarettes. L’argent vous procure les informations clés dont une économie libre a besoin. Sans argent honnête, autant être — tous autant que nous sommes — membres du Congrès ou bien gouverneur de la Fed, c’est-à-dire des êtres totalement égarés et mal informés.

Eh bien, en fait, c’est ce que nous sommes.

En 1971, Nixon a mis un terme à la possibilité de convertir des dollars en or. Aux yeux de tout le monde, le dollar post-1971 ressemblait au dollar d’avant. Mais c’était une imposture. Une arnaque. Il ne représentait plus ni la richesse ni l’épargne réelles.

A la place, nous avons eu un dollar falsifié… qui n’était plus basé sur une richesse produite et stockée… mais sur du crédit, dont la valeur dépendait d’une future production.

C’était l’argent du gouvernement… ou plus précisément de la « Parasitocratie ». (Pour en savoir plus sur la Parasitocratie, lisez l’article du 18 juillet).

Le crime du siècle

C’était un peu comme la différence existant entre une maison qui vous appartient et une autre, hypothéquée à 100% de sa valeur.

Elles ont l’air identique. Elles fournissent le même service : vous pouvez vivre dans l’une ou dans l’autre. Vous devez peindre les volets de l’une tout comme vous le feriez pour l’autre.

Mais lorsque la situation devient tendue, ces deux maisons deviennent très différentes. Or la situation est bel et bien tendue lorsque survient une crise du crédit. A ce moment-là, vous pouvez vivre sereinement dans celle que vous possédez, car cet actif vous appartient. Quant à l’autre, vous découvrez rapidement qu’il s’agit d’un passif.

Nous avons accusé la Parasitocratie d’utiliser le nouveau dollar afin de nous dérober à tous notre argent réel et notre véritable indépendance.

A combien s’élève l’argent volé ?

C’est difficile à dire… cela représente peut-être 50 000 milliards de dollars depuis la mise en place du système.

Si l’on observe le coeur de la Parasitocratie, Washington (DC), on constate que, là-bas, les maisons valent plus du double de celles du reste du pays, avec une valeur moyenne supérieure à 500 000 dollars.

Les salaires y sont plus élevés, également : les revenus des ménages représentent deux fois ceux de la moyenne nationale.

Et à Wall Street, autre centre névralgique de la Parasitocratie, le gouffre est encore plus important.

Le scandale de l’argent

Au cours du week-end, nous avons assisté à un discours prononcé par l’auteur et économiste George Gilder, dans le cadre de la Freedom Fest, à Las Vegas.

C’est un génie. Nous regrettons de nous être moqués de lui, en 1999.

A l’époque, il s’était laissé emporter par son enthousiasme débordant pour la révolution des dot.com. Il avait la tête dans les étoiles et donnait un peu l’impression d’être dans la lune.

Mais à présent, il a de nouveau les pieds sur terre. Et il nous a donné un précieux conseil, nous aidant ainsi à relier encore plus de données, ou de points.

« L’argent, ce n’est pas la richesse, il permet uniquement de la mesurer », a-t-il dit.

Ou comme l’a dit Steve Forbes (nous l’avons également rencontré !), l’argent est censé s’apparenter à une pendule qui compte consciencieusement les heures, les minutes et les secondes de la journée.

Mais la Fed fait comme si l’argent représentait une véritable richesse. En essayant d’en injecter davantage dans l’économie (en le rendant plus facile, et moins cher, à emprunter)… c’est comme si elle ralentissait la pendule pour que la journée paraisse plus longue !

« Après 1970 » écrit Gilder dans son dernier livre, The Scandal of Money, « le secteur financier a pratiquement triplé sa part au sein de l’économie américaine, et le crédit au secteur privé a représenté près du tiers du PIB au sein des économies les plus développées. »

Le faux dollar tout neuf de la Fed a dénaturé tout le système. L’inflation du crédit a fait augmenter le prix des actifs… et grassement récompensé ceux qui en faisaient commerce.

Elle a également récompensé les gens qui en possédaient : les riches. En 1971, les salaires des 10% de la population la plus aisée représentaient un tiers du revenu national et en 2010, ils en représentaient près de la moitié.

Parallèlement, le salaire moyen d’un Américain en âge de travailler a chuté de 27%. Pour un citoyen n’ayant pas reçu de formation universitaire, cette perte est catastrophique. Il a perdu près de la moitié de son revenu réel.

« C’est un échec du capitalisme », affirment les économistes lauréats du Prix Nobel d’économie, conseillers politiques, auteurs de best-sellers et anciens secrétaires du Trésor.

Mais ce système post-1971 n’a rien à voir avec le capitalisme. Il relève de la planification centrale et du copinage.

Et sa jauge — le dollar — n’est plus de l’argent réel. C’était de la fausse monnaie.


Les taux négatifs sont le cancer d’un système monétaire absurde. Votre épargne logée dans votre assurance-vie pourra-t-elle survivre longtemps ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Le « Faux Dollar » a détruit le vrai capitalisme”

  1. merci
    fed = communisme pour les citoyens

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