Les élites ont trahi les travailleurs américains

Rédigé le 18 mai 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Le président Trump a-t-il dit quelque chose qu’il n’aurait pas dû ?

Il a raconté aux Russes que des terroristes essayaient de transformer des ordinateurs portables en bombes.

Sans blague !

Trump a bien pris garde à mettre les gendarmes et les financiers de son côté. Il a bourré son équipe de généraux et de types de chez Goldman.

Il a maintenu le cap fixé par Bush-Obama. Mais il s’est mis à dos une grande partie de l’Establishment.

L’Establishment le juge téméraire et peu fiable. Il préfèrerait quelqu’un ayant davantage l’état d’esprit insipide du Deep State, tel que le vice-président Mike Pence.

Qui sait ? Peut-être que ce voeu se réalisera.

En attendant, revenons aux fondamentaux…

Les accords gagnant-gagnant permettent aux gens d’obtenir une plus grande part de ce qu’ils veulent. Avec des accords gagnant-perdant – habituellement imposés par le gouvernement – ils en obtiennent une moindre part. Quelques personnes (les initiés) utilisent le gouvernement pour exploiter la multitude (le reste d’entre nous).

Les accords gagnant-perdant diminuent les progrès économiques pour tout le monde. Et ce en partie pour une raison évidente.

Le largage de la bombe atomique sur Hiroshima a marqué une étape technologique, mais ce n’est pas le progrès dont il est question ici. Le progrès n’a de sens que s’il signifie que les gens sont capables d’obtenir une plus grande part de ce qu’ils veulent.

Par définition, lorsque l’on force quelqu’un à conclure un mauvais accord, il obtient une moindre part de ce qu’il veut.

Le progrès est également un processus d’apprentissage. Vous tentez quelque chose. Vous observez ce qui fonctionne ou non. A mesure que l’on expérimente ainsi, on apprend… et l’économie accumule savoir et richesse.

On apprend à aller au travail le matin, par exemple… à dire s’il vous plait et merci… à économiser de l’argent… et à l’investir de façon avisée.

Les accords gagnant-perdant interrompent le processus d’apprentissage. Voilà pourquoi les programmes sociaux échouent : les gens obtiennent de l’argent sans apprendre.

La tentation de tricher

C’est également la véritable raison de l’échec de l’Union Soviétique.

Les clients étaient obligés d’acheter les produits de mauvaise qualité qu’on leur proposait ; les producteurs n’avaient aucun moyen d’apprendre à faire des produits de bonne qualité.

Vers la fin, les produits vendus en Union Soviétique valaient moins que les matières premières et la main-d’oeuvre employées pour les fabriquer.

De quoi ont besoin les accords gagnant-gagnant ?

De trois choses :

1) Les gens doivent disposer d’une liberté de choix concernant leur temps et leur argent.

2) Ils doivent posséder une monnaie à laquelle ils peuvent se fier.

3) Ils doivent s’assurer mutuellement le respect de leurs droits et de leurs biens.

Le progrès est cyclique. Les accords gagnant-gagnant augmentent la richesse et font avancer la société. Mais ils dépendent de la confiance. A mesure que la confiance augmente, la tentation de tricher augmente également. Lorsque tout le monde laisse son mini-bar ouvert, par exemple, qui peut résister à la tentation de boire un coup ?

Lorsque la confiance diminue, des obstacles se dressent. Les coûts augmentent. Les accords gagnant-gagnant cèdent la place aux accords gagnant-perdant. Le progrès fait marche arrière.

De l’argent digne de confiance

L’invention de l’argent réel – adossé à l’or – a multiplié les accords gagnant-gagnant… et le progrès.

Pourquoi ?

Parce que cet argent était digne de confiance.

Si l’on vous rétribue d’une pièce d’or en échange d’une journée de travail, il n’est pas nécessaire de faire confiance à la personne qui vous paye. Il n’est pas nécessaire de se demander si elle a de l’argent sur son compte pour couvrir le montant de son chèque… ni ce qu’il pourrait arriver à son argent à l’avenir.

Inutile de devoir lui faire confiance ; vous placez votre confiance sur l’or. Cela vous permet d’effectuer des transactions plus librement, et d’accélérer le progrès économique.

Les dollars adossés à l’or ont été fiables pendant près de 200 ans (mis à part l’argent bidon de Lincoln, les greenbacks, la monnaie papier imprimée pendant la Guerre de Sécession).

Les gens se sont tellement fiés à l’intégrité du dollar que c’est tout juste s’ils se sont aperçus que l’étalon-or avait été supprimé (le 19 mars 1968, lorsque le président Johnson a signé la loi abandonnant la « couverture or » des billets de la Réserve fédérale).

Mais c’est ainsi que cela fonctionne : plus les gens deviennent confiants, plus il est facile de les dépouiller.

Piégé par l’élite

Bien sûr, à mesure que la confiance se développe et que les accords gagnant-gagnant prolifèrent, certains y gagnent plus que d’autres.

Le journalier chinois moyen gagne six fois plus actuellement qu’en 1999. Le journalier américain moyen a peu progressé.

Et la concurrence venue de l’étranger lui donne l’impression d’être perdant. A présent, il veut des murs : pour empêcher les étrangers, et les produits fabriqués à l’étranger, d’entrer. Il veut des accords gagnant-perdant qui lui garantissent qu’il va être à nouveau gagnant.

Il ignore totalement qu’il a été piégé par l’élite de son propre pays.

Les photos des ex-présidents de la Fed, Ben Bernanke et Alan Greenspan, ont fait la couverture du magazine Times. La plupart des gens pensent que ce sont des héros et non des fripouilles. La plupart des gens pensent qu’ils ont sauvé l’économie d’une nouvelle Grande Dépression, en abaissant les taux d’intérêt et en injectant des milliers de milliards de dollars issus de l’assouplissement quantitatif (QE).

La plupart des gens – même le président – pensent qu’il nous faut davantage d’argent falsifié pour « amorcer la pompe » et relancer l’économie.

Presque personne ne s’en rend compte mais ces dollars fondés sur le crédit, stimulants et censés amorcer la pompe, ont nourri les tendances qui ont détruit le salarié de la classe ouvrière américaine.

A l’étranger, ses concurrents ont utilisé le crédit bon marché pour remporter des parts de marché et lui prendre son emploi. Sur le territoire national, l’élite a imposé ses projets ruineux entre compères … ses réglementations… et ses accords gagnant-perdant, tous financés avec de l’argent falsifié. [NDLR : Comment profiter de cette guerre des devises que se mènent les banques centrales à coups de QE ? Profitez du système IMPACT développé par Jim Rickards, un initié de l’Establishment. Tout est expliqué ici.]

Les soins de santé d’un Américain moyen lui coûtent désormais plus de sept fois plus qu’en 1980. La dette de son foyer a été multipliée par douze depuis 1980.

Un détournement subtil

Le salarié en rejette la faute sur les Chinois, les Mexicains, les adeptes du social-libéralisme… les médias… et le gouvernement.

Il voulait du changement.

Mais qui aurait pu deviner qu’il a été dépouillé par le détournement de son propre argent ?

Si l’on tient compte de l’inflation, le travailleur américain n’a pas vu son salaire augmenter de façon significative depuis 40 ans : pratiquement depuis la mise en place du nouveau système monétaire, après 1971.

En revanche, les riches – si l’on se fie à l’Indice Dow Jones corrigé de l’inflation – sont 10 fois plus riches.

Qui aurait pu imaginer qu’au bout de 3 000 ans, l’élite aurait inventé une monnaie qui trahirait la confiance de cet Américain… un détournement si subtil qu’il ne s’en est même pas aperçu ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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