Élections : comme toujours, le peuple perd

Rédigé le 8 novembre 2018 par | Deep State, Politique et vie quotidienne Imprimer

Tandis que les gens veulent plus de sécurité, la liberté régresse. Le système de la «note de crédit social», trouvaille chinoise, s’exportera facilement.

C’est le Deep State qui prend des décisions politiques, quoi qu’en pensent les gens.

Bush, Obama, Trump — d’après vous, est-ce que l’un d’entre eux a réellement défié le Deep State ? Ont-ils réduit le budget de l’État ? Ont-ils rapatrié les soldats déployés à l’étranger ?

Non ? C’est bien ce que nous pensions.

Quels que soient les résultats, quelle que soit l’élection, le programme reste le même : plus d’argent, de pouvoir et de statut pour les initiés ; moins pour vous. Cela continuera jusqu’à ce que le système s’effondre.

Et l’effondrement, d’après nous, n’est pas pour demain. Parce qu’à présent, grâce aux dernières innovations technologiques, les élites ont une nouvelle arme : le contrôle numérique.

Rappelez-vous ce que nous disions hier :

« Il y a deux forces opposées dans la vie publique : la coopération et la violence. La première domine le secteur privé et nos relations personnelles. Pour s’en sortir, il faut s’entendre. En matière de mariage, d’emploi et de commerce, nous recherchons les accords gagnant-gagnant — sinon, personne ne voudra faire affaire avec nous.

La violence, en revanche, est réservée aux escrocs, aux psychopathes et aux gouvernements. On peut y ajouter tous les mythes enchanteurs que l’on veut, en fin de compte, le gouvernement utilise un gros bâton pour obtenir ce qu’il veut ».

Combinez cela à une autre observation datant d’hier…

« Aucune innovation n’a jamais été développée qui n’ait pas été exploitée tôt ou tard par le Deep State. La révolution des technologies de l’information et du Big Data n’est pas différente. Elle s’est révélée être un ratage économique, n’augmentant ni le taux de croissance du PIB ni les revenus. A présent, parce qu’elle réduit le coût de contrôler les gens, elle est une menace pour la liberté ». 

Sottises électroniques

La Révolution de l’information — avec l’introduction d’Internet et la prolifération des PC — était censée inaugurer une nouvelle ère de croissance économique.

Mais elle n’a rien fait ou presque pour augmenter la croissance du PIB, des salaires ou de la productivité. Elle sert surtout à perdre du temps… la personne moyenne passant désormais cinq heures par jour à regarder son téléphone — la moitié sur les réseaux sociaux — parfaitement vides de sens.

Cela ne signifie pas pour autant que ce ne sera pas un outil utile pour les autorités. Au contraire… En Chine, ils s’en servent déjà pour assommer les gens, combinant les ressources du Big Data avec les tactiques d’État policier du parti communiste. Et ça fonctionne.

Le système de la note de « crédit social » n’en est qu’à ses balbutiements. Les gens qui n’ont pas de bonnes notes — parce qu’ils ont été pris en train de traverser hors des clous, qu’ils sont en retard sur leurs versements, qu’ils postent de « mauvaises choses » sur Internet, qu’ils ont des pensées négatives sur l’économie, etc. — peuvent se voir refuser l’accès aux trains ou aux avions. On peut leur refuser une carte de crédit ou un prêt (ou bien les forcer à payer des taux plus élevés). Leurs enfants n’accéderont pas aux meilleures écoles — quant à eux, ils ne seront peut-être pas autorisés à postuler aux meilleurs emplois.

Dans les cas les plus extrêmes, comme celui du milliardaire qui a publié notre propre livre Family Fortunes en Chine, une personne peut être entièrement effacée de la société… sans accès à l’argent, aux moyens de communication et au voyage.

On pourrait penser que le citoyen chinois ordinaire se battrait… résisterait contre cette sorte de contrôle totalitaire (n’en ont-ils pas assez de ce genre de choses ?).

Pas du tout. Il y a certes des poches de résistance, mais les journaux nous disent qu’en majorité, les Chinois apprécient (c’est du moins ce qu’ils disent aux journalistes). Ils disent qu’ils sont ravis de se sentir plus en sécurité ; les « méchants » sont exclus de toute interaction sociale.

L’Europe et les États-Unis prennent le même chemin

La même chose est en train de se passer en Europe et aux États-Unis.

En France, par exemple, la vitesse sur les routes nationales est désormais limitée à 80 km/h, même si l’on pourrait facilement conduire à 100 km/h en tout sécurité. Les gendarmes peuvent facilement repérer les excès de vitesse. Et si vous perdez trop de points… c’est votre permis de conduire qui saute.

Les Français acceptent cela parce qu' »ils se sentent plus en sécurité », ou que cela « réduit les émissions de CO2 ».

Les Américains ne font pas exception.

Depuis 15 ans, ils font la queue dans les aéroports, enlevant leur ceinture et leurs chaussures et plaçant leurs médicaments, crèmes et lotions là où les vigiles peuvent les voir.

Chacun de ces millions de voyageurs sait qu’il n’a pas l’intention de faire exploser un avion — surtout s’il est lui-même à bord ! –, mais il joue la comédie quand même. Là encore, il se sent « plus en sécurité », selon les autorités.

Et à New York, les premières traces de note de crédit social sont peut-être en train de faire leur apparition…

De CBS :

« Deux législateurs de New York travaillent à élaborer une loi proposant la vérification des réseaux sociaux avant l’achat d’une arme à feu. La proposition d’Eric Adams, président de la municipalité de Brooklyn, et Kevin Palmer, sénateur, permettrait aux autorités de contrôler trois ans d’historique sur les réseaux sociaux et une année de recherches Internet pour toute personne souhaitant acheter une arme à feu ».

Les gens abandonnent volontiers leur liberté s’ils ont l’impression d’être plus en sécurité… surtout s’ils pensent que cela aidera aussi à faire baisser les mensualités de remboursement de leur crédit. Les Européens et les Américains ne font pas exception… et la Chine montre au monde comment faire.

Agence France-Presse:

« Les gouvernements du monde entier accélèrent leur utilisation d’outils en ligne, s’inspirant dans de nombreux cas du modèle chinois, pour étouffer la dissidence et resserrer leur mainmise sur le pouvoir, selon l’étude d’un organisme de défense des droits de l’homme.

L’étude annuelle de Freedom House, portant sur 65 pays, a découvert que la liberté mondiale sur Internet a décliné pour la huitième année consécutive en 2018, sur fond d’augmentation de ce que le groupe appelle ‘l’autoritarisme numérique’.

Le rapport Freedom on the Net 2018 a découvert que la propagande et la désinformation en ligne ont de plus en plus ’empoisonné’ l’espace numérique, tandis que la collecte de données personnelles empiète sur la vie privée.

‘Les démocraties luttent, dans cette ère numérique, tandis que la Chine exporte son modèle de censure et de surveillance pour contrôler l’information tant dans ses frontières qu’à l’extérieur’, déclare Michael Abramowitz, président de Freedom House. […]

Le rapport dénombre 17 gouvernements ayant approuvé ou proposé des lois pour restreindre les médias en ligne au nom de la lutte contre les ‘fake news’, tandis que 18 pays ont augmenté la surveillance ou réduit le chiffrage des données pour mieux surveiller leurs citoyens ».

La «note de crédit social» sera sans le moindre doute une exportation chinoise extrêmement populaire…

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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Un commentaire pour “Élections : comme toujours, le peuple perd”

  1. C’est vrai aux US comme en France.
    Les élections font le bonheur des journalistes et des sociétés de sondage.

    Je comprends pas l’enthousiasme de certains avant chaque éléction.

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