Comment le Deep State a dépouillé le salarié moyen

Rédigé le 20 mars 2018 par | Bill Bonner, Deep State, Richesse Imprimer

Le Deep State contrôle non seulement le gouvernement mais aussi, depuis 1971, la monnaie. C’est ainsi que le temps de travail s’est dévalorisé, flouant le travailleur.

Nous continuons notre tour d’horizon de tout ce que nous avons appris pour l’instant…

Bien entendu, une bonne partie de ce que nous savons, tout le monde le sait aussi :

Les actions sont proches de plus haut record… la dette est elle aussi à un sommet record (et programmée pour gonfler bien plus encore). Non seulement les autorités empruntent à un taux sans précédent, mais le The Wall Street Journal nous dit que les consommateurs font de même :

« Les taux d’intérêt sont en hausse, mais cela n’a pas freiné l’appétit des Américains pour la dette à la consommation.

En fait, les consommateurs empruntent plus que jamais ces dernières années, que ce soit sur leurs cartes de crédit ou par leurs prêts automobiles, et les prêteurs, qui recherchent de la croissance, sont ravis de répondre à leur demande. »

… Les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas ou presque (le taux directeur de la Fed est à 1,42%)…

… Et « l’expansion » actuelle est l’une des plus longues jamais enregistrées, à 105 mois (la moyenne n’est que de 58 mois). C’est aussi la plus faible de toutes.

Une croissance inégale

Comment ces choses en sont arrivées à se produire, en revanche – voilà qui est sujet à débat. Certains diront qu’elles représentent « la vigueur intrinsèque de l’économie US ».

C’est là que nous nous éloignons de la majorité. Nous pensons en effet savoir quelque chose qu’ils ignorent.

L’économie est-elle remarquablement résistante ? Oui. Pleine de ressources ? Oui.

Vigoureuse ? Non.

Le taux de croissance – probablement la meilleure mesure de « vigueur » – s’essouffle depuis 30 ans environ. Et la « croissance », quand il y en a… est inégale. Certains secteurs s’en sortent bien mieux que d’autres.

Comme nous l’avons vu la semaine dernière, les grandes agglomérations urbaines comptant de nombreux immigrants tendent à être dynamiques et prospères. De nombreuses autres régions ont pris du retard, surtout dans d’anciennes zones manufacturières du centre des Etats-Unis.

Certaines personnes s’en sont aussi très bien tirées.

Les 10% les plus riches ont raflé quasiment tous les gains de richesse du XXIème siècle. Ce qui signifie que 90% de la population n’a rien eu. [NDLR : Marre de faire partie des 90% ? Passez de l’autre côté de la barrière, en utilisant les outils des initiés eux-mêmes… et accédez à un gisement de gains potentiels qui pourraient atteindre 12 800 € toutes les deux semaines. Cliquez ici pour tout savoir.]

Le citoyen américain médian, par exemple, a vu son revenu réel diminuer (en tenant compte de l’inflation), pas seulement depuis 18 ans, mais depuis 40.

Trompés par les élites

Ajuster à l’inflation est toujours un exercice traître… et généralement plutôt équivoque.

En 1978, l’Américain moyen devait travailler 1 000 heures environ pour se permettre un pickup Ford F-150 standard. Aujourd’hui, il doit travailler 1 200 heures.

Pas vraiment ce qu’on appelle un progrès. C’est plutôt un recul. L’actif principal du travailleur – son temps – a perdu 20% de sa valeur.

Parallèlement, les propriétaires d’actions se sont généralement bien plus enrichis, la valeur réelle du Dow étant 10 fois supérieure environ à ce qu’elle était à la fin des années 1970.

En 1978, le salarié américain moyen aurait pu travailler 200 heures et participer pleinement au capitalisme national en achetant toutes les actions composant le Dow. Aujourd’hui, il doit travailler 1 130 heures pour acheter les mêmes valeurs.

Le salarié moyen se sent floué. C’est là une autre chose que nous pensons comprendre alors que d’autres, non.

Le salarié moyen a raison.

Il a bien été floué. Mais pas par les Mexicains… ou les Chinois… ou de mauvais accords commerciaux. Il a été floué par ses propres élites.

La plus grande escroquerie de l’Histoire

Hillary Clinton, George W. Bush, Alan Greenspan, Barack Obama, Janet Yellen… et des milliers d’autres, dont la plupart ne réalisent pas qu’ils rendent possible la plus grande escroquerie de l’Histoire.

Ces gens sont les initiés… les lobbyistes… les futés des marchés financiers… les bureaucrates et les compères au sein du gouvernement… les universitaires… le complexe militaro-industriel… le Big Pharma… les médias grand public… et de nombreux autres.

Ils constituent un vaste ensemble d’élites qui contrôlent le gouvernement et l’exploitent exactement comme on pourrait s’y attendre : à leur propre avantage.

Peu importe qui dirige le pays, peu importe le parti qui contrôle le Congrès, ce sont ces gens – avec leurs propres rivalités internes et leurs luttes intestines pour obtenir des faveurs – qui sont les véritables décideurs. Nous appelons ce groupe le Deep State.

C’est là une autre chose que nous avons réalisée : le gouvernement n’est pas vraiment là pour « servir le peuple ».

Il est là pour servir les gens qui le contrôlent. Qui sont-ils ? Les représentants élus ? Le président ? Pas vraiment.

Ils ne savent même pas ce qu’ils font les uns et les autres. Le gouvernement fédéral est bien trop vaste… avec bien trop d’intérêts dans bien trop de secteurs… pour que les représentants élus puissent le surveiller.

C’est pour cette raison que les lobbyistes écrivent les législations les plus importantes… comme la baisse d’impôts de l’an dernier… ou Obamacare… ou les récentes taxes douanières sur l’acier et l’aluminium. Les politiciens ne lisent même pas ces règles et réglementations compliquées.

Pourquoi est-ce que cela arrive ? A mesure que le gouvernement se développe… et que le temps passe… les gens intelligents – le grand économiste italien Vilfredo Pareto les appelait des « renards – déterminent comment prendre le contrôle.

Ce n’est pas du tout surprenant.

Il en est allé de même pour tous les gouvernements ayant jamais existé. De la Rome antique à la cour de Louis XVI en passant par l’Union soviétique, il y a toujours un groupe d’initiés qui gère le pouvoir pour son propre profit.

En quoi est-ce que c’est important ?

En 1971, le président Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar US en or. Quasiment sans s’en rendre compte, le Deep State a pris le contrôle du dollar. Dès 1987, ils avaient appris à se servir de ce contrôle pour augmenter leur richesse au-delà de tout ce qu’ils avaient vu jusque-là.

A présent, ils sont confrontés à une nouvelle épreuve : leur système d’argent factice pourrait bientôt exploser.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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