Le décret migratoire de Trump a-t-il du sens ?

Rédigé le 1 février 2017 par | Bill Bonner, Liberalisme Imprimer

Heureusement qu’il y a ce décret migratoire !

Depuis les années 1950, environ un million de personnes se sont fait tuer, aux Etats-Unis, dont les 2 996 victimes des attentats du 11 septembre.

Nous n’avons pas besoin qu’il y ait davantage de tueurs aux Etats-Unis, nous en avons déjà une multitude.

Mais… quoi ? Vous dites que les Américains de naissance ont cinq fois plus de chances d’être des tueurs que les réfugiés ?

Vous dites que ce décret migratoire ne couvre pas les pays d’où venaient les terroristes du 11 septembre, tout particulièrement l’Arabie Saoudite ?

Et que ce décret n’aurait pas empêché, aux Etats-Unis, les victimes de l’attentat de cette boîte de nuit, le Pulse… pas plus que ceux de San Bernardino… et du Marathon de Boston ?

Où est l’erreur ?

Des mesures positives

La presse tempête et fulmine. Mais, en ce qui nous concerne, nous ne formulerons plus de critiques cyniques. Plus d’attaques sarcastiques, non plus. Plus de réflexions ironiques ni d’opinions sincères.

Nous sommes submergé par un désir d’améliorer notre civisme, telle une lobotomie imposée par l’Etat. Aujourd’hui, nous n’offrirons que des critiques constructives.

Heureusement, nous disposons désormais d’un moyen nous permettant de « noter » les mesures de Trump sans recourir à l’émotion ni à la sensiblerie. Nous allons simplement appliquer notre nouvelle formule révolutionnaire.

Elle est bien supérieure à celles du PIB par habitant, de la parité de pouvoir d’achat, de l’emploi, ou de tout autre indicateur statistique. Elle décrit ce que les gens veulent réellement : de la satisfaction.

S = vr (gg – gp)

La Satisfaction (S) est égale à la valeur réelle (vr) des accords gagnant-gagnant (gg) moins les accords gagnant-perdant (gp). Quelqu’un en a-t-il d’ores et déjà informé le Comité Nobel ?

Restituer sa grandeur à l’Amérique va au-delà d’agiter des drapeaux et malmener verbalement les étrangers.

Pour que cela revête une véritable signification, il faut que cela aide les Américains à obtenir davantage de ce qu’ils veulent, et moins de ce qu’ils ne veulent pas. Personne ne désirant se faire tuer, un décret migratoire pourrait avoir du sens.

Voici une nette victoire : la presse nous informe que le président Trump a ordonné un allègement de la réglementation.

C’est du « deux contre un ». Si vous voulez rajouter une nouvelle réglementation, alors il faut en retirer deux autres, plus anciennes : voilà un pas dans la bonne direction.

Pourquoi ?

Parce que plus l’Etat vous dit ce que vous devez faire, moins vous êtes en mesure de faire ce que vous voulez.

Un accord forcé est un accord potentiellement gagnant-perdant

Les gens ne sont pas si compliqués : ils obtiennent davantage de ce qu’ils veulent lorsqu’ils en ont la possibilité.

Ils doivent être en sécurité. Ils doivent être libres. Ils doivent avoir le droit de posséder des biens. Ensuite, ils peuvent conclure des accords gagnant-gagnant avec d’autres personnes en échange de ce qu’ils veulent. Ou du moins en échange de ce qu’ils méritent.

Voici un exemple simple :

Imaginez que vous soyez forcé d’épouser un(e) cousin(e) très laid(e) d’un tempérament querelleur qui tient à grignoter des chips au lit, la nuit, tout en regardant une reprise d’Une mère pas comme les autres [série télévisé des années 1960, ndlr].

Ce mariage va mal se passer. Au mieux, il sera gagnant-perdant mais probablement perdant-perdant. Il apportera peu de satisfaction.

Si vous êtes libre d’épouser la personne de votre choix, d’un autre côté, vous vous engagez peut-être tout de même dans un accord perdant-perdant. Mais au moins, vous n’aurez qu’à vous en prendre à vous-même, bon sang.

Si vous avez de la chance, vous et votre conjoint serez gagnants : « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », comme on dit. La satisfaction augmente.

En soi, rien n’a de la valeur. Une chose ne se voit attribuer une valeur que par les gens qui la désirent. [NDLR : Les dettes et les monnaies fiduciaires n’ont une valeur que parce que les gens sont prêts à les accepter en paiement de quelque chose. Mais les désordres monétaires s’intensifient et l’or a repris sa hausse. Comment en profiter ? Nous avons sélectionné une minière très spéciale qui va susciter bien des convoitises. Tout est expliqué ici.]

Au Sahara, personne ne paye le sable. Si vous êtes intolérant au lactose… le lait a peu de valeur. Et vous n’avez peut-être pas envie de vous rendre en Syrie, même si l’agence de voyage vous propose un bon prix.

Tout accord honnête est potentiellement gagnant-gagnant

Nous ne pouvons avoir une idée de la valeur des choses qu’en observant ce que les gens veulent bien payer pour les posséder.

Là encore, la clé est « veulent bien ». L’Etat peut imposer une réglementation vous forçant à acheter du lait. Mais cela n’attribue pas de la valeur au lait.

La valeur réelle des biens et services est mesurée par le prix que les acheteurs veulent bien payer. Aucun acheteur ne s’engage volontiers dans un accord perdant. Alors, tout accord honnête (ni contraint… ni frauduleux) est forcément un accord gagnant-gagnant potentiel.

Peut-être pensez-vous que c’est un bon accord. Peut-être considérez-vous qu’il n’est pas raisonnable. Mais seuls les participants savent ce qui leur apporte de la satisfaction.

Donc, nous progressons. Nous avons désormais une simple définition de la satisfaction : « S » = obtenir ce que l’on veut.

Une idée simple permettant de restituer sa grandeur à l’Amérique : augmenter gg et réduire gp.

Il existe toutes sortes de transactions gagnant-perdant. Vous payez quelqu’un pour repeindre votre maison ; il s’enfuit avec l’argent avant d’avoir achevé le travail. Il gagne. Vous perdez.

Un voleur vous braque dans la rue et prend votre portefeuille. Là encore, il gagne. Vous perdez.

Mais le plus grand criminel de tous, c’est le gouvernement. Chaque décret et chaque réglementation, aussi insignifiants soient-ils, s’appuient sur le pouvoir de punir et de contraindre, privant les gens de l’opportunité d’obtenir ce qu’ils veulent vraiment.

Et chaque récompense offerte par le « gouvernement » – que ce soit des places de parking pour handicapés ou des ententes entre compères à un milliard de dollars – est forcément prise à quelqu’un d’autre.

Donc, désormais, nous cernons de quelle façon Donald Trump peut restituer sa grandeur à l’Amérique.

Il doit réduire la portée, l’ingérence et la brutalité de l’organisation qu’il contrôle (partiellement) désormais, ainsi que les fraudes et vols qu’elle commet.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Le décret migratoire de Trump a-t-il du sens ?”

  1. Monsieur,
    Votre conclusion est tout simplement parfaite et votre billet en entier ne l’est pas moins.

    Merci.

  2. M. Bonner: Tout cela est limpide et rigoureusement exact.
    Simplement nos Parasites sont des politiques et, plusieurs milliers d’entre eux, dans chaque pays, inlassablement, depuis au moins 2 siècles (davantage si on considère qu’ils agissaient déjà du temps des rois), ils ont perfectionné une martingale imparable. Ils savent deviner vos désirs, voire les susciter, puis promettre. Et enfin diviser, opposer la masse à quelques uns ( les soit disant profiteurs) pour parvenir à leurs fins.
    Avez-vous lu le « Strompfissime » de Payot ? La technique y est clairement démontée. Au début, le futur Tyran, demande humblement à chacun: « Que veux-tu que je te promette ? »
    Tenant un compte rigoureux de ses promesses (dont certaines sont contradictoires), il est élu à l’unanimité. Puis, il utilise ces contradictions pour expliquer à la majorité qu’il ne peut appliquer son « Programme » à cause de la minorité.Il lui faut donc une police (chose inconnue en Stroumphie) pour mâter les récalcitrants. Puis une prison, puis des règlements de plus en plus draconniens, car bien sûr, plus il applique son « Programme », plus il fait de mécontents !
    A la fin, l’heureuse Stroumphie, est le lieu d’une épouvantable guerre civile ….
    Mais l’humble Stroumpf Elu est devenu le Stroumpfissime tyran redouté dont on n’ose prononcer le nom.

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