Nettoyer le bilan des banques pourrait prendre des décennies

Rédigé le 4 novembre 2016 par | Banques Centrales, Dette, Simone Wapler Imprimer

Comme je vous le disais hier, le Libor – le taux d’intérêt auquel les banques se prêtent entre elles – monte, tout seul dans son coin. C’est un symptôme (parmi d’autres) que les banques se font moins confiance entre elles.

Les banques européennes ont deux problèmes. Une exposition aux produits dérivés (Allemagne, France) et des créances douteuses (Grèce, Espagne, Portugal, Italie).

Voici l’estimation de ces créances douteuses publiée, hier, dans Les Echos.

estimation des créances douteuses publiée hier dans Les Echos

Le cabinet comptable KPMG a calculé que le total des prêts « en souffrance » dans les bilans bancaires européens se montait à 1 200 milliards d’euros (240 kerviels) et que le nettoyage prendrait des décennies !

L’encours des prêts non performants (ou NPL comme non performing loan) est passé de 1,5% en moyenne avant la crise financière à plus de 5% en 2013. Ceci malgré la baisse des taux orchestrée par la BCE à grands coups d’injection de liquidités !

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Si les taux montent, les refinancements deviendront plus difficiles et le nombre de prêts non performants va encore augmenter. Sachant que le ratio de fonds propres sur le montant des prêts consentis des banques européennes est de l’ordre de 5%, le calcul est simple. Si sur 100 euros prêtés cinq euros ne sont pas remboursés, la banque n’a plus de fonds propres !

Si vous voulez jargonner dans les dîners en ville, dites simplement « si le ratio de NPL est supérieur au ratio de levier de Bâle 3 plein calculé sur l’ensemble des fonds propres Tier 1, il y a de quoi faire monter la volatilité ». [NDRL : Devez-vous vous inquiéter à propos de votre propre banque ? Comment sécuriser vos dépôts ? Toutes les réponses sont dans ce livre.]

Or, comme vous le voyez, l’Italie, avec 17% de prêts non performants, affiche un taux bien supérieur au ratio moyen de fonds propres des banques européennes. Il y a donc de quoi paniquer. Pour la Grèce, c’est 47%, et pour l’Espagne, 16%.

Toutes les banques sont interdépendantes et toutes les banques détiennent aussi des emprunts de leur Etat de tutelle dont la valeur est en train de baisser (lorsque les taux montent, les titres obligataires anciens perdent de la valeur).

Les rendements des différents emprunts des pays de la Zone euro recommencent à s’écarter, menaçant la survie de la monnaie unique telle que nous la connaissons.

Evidemment, vous me direz que Mario Draghi, président de la BCE, a promis de faire « tout ce qu’il faudra ». Il suffit d’imprimer suffisamment d’argent pour « nettoyer les bilans » même si cela prend des décennies.

Mais les Allemands ne sont plus du tout d’accord. Et il ne s’écoule pas une journée sans qu’ils ne le fassent savoir d’une façon ou d’une autre.

« Tout bien pesé, les risques d’une politique monétaire ultra laxiste deviennent de plus en plus clairs » a indiqué hier Jens Weidmann, président de la Bundesbank allemande et membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Cette politique a déjà asphyxié les assureurs qui vont être incapables de servir des rendements décents aux épargnants. Pour contrer le danger, la législation française prévoit désormais que les demandes de remboursement et d’avance pourraient être suspendues.

Nous vous conseillons vivement de « débancariser » au plus vite votre épargne et de prendre les mesures qui s’imposent sur votre contrat d’assurance-vie. Il est évident que l’épargne collectivisée, nationalisable et investie dans de la dette publique de pays surendettés n’est plus du tout une bonne solution d’épargne.

Aucune crise de solvabilité ne se soigne à coup de fausse monnaie même si cela fait illusion un temps.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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