Le politiquement correct vient de faire une victime…

Rédigé le 20 juin 2017 par | Bill Bonner, Desinformation Imprimer

Pauvre David Bonderman.

Il a dit ce qu’il ne fallait pas dire. Il devrait avoir honte.

Nous y reviendrons dans une minute…

En attendant, si vous voulez profiter de l’été comme il se doit, promenez-vous dans le parc St-Stephen’s Green, à Dublin, par une journée ensoleillée de juin.

Hier, des jeunes étaient étendus sur l’herbe… retirant leur chemise et remontant leurs jupes pour bronzer. Des amoureux marchaient bras-dessus bras-dessous autour de l’étang. Les enfants jouaient au ballon… des personnes âgées lisaient sur des bancs.

Quant à nous, nous marchions en compagnie de notre fils.

Un temps chaud et ensoleillé, c’est rare en Irlande. Mais lorsque cela se produit en plein été, le résultat est spectaculaire. Le soleil se lève à cinq heures du matin et ne se couche pas avant 10 heures du soir. Les fleurs adorent cela.

« C’est joli, n’est-ce pas ? » a dit notre fils.

« Oui, difficile de faire mieux ».

« Notre famille est irlandaise, n’est-ce pas ? »

« Oui ».

« Je me demande pourquoi elle est partie d’ici ».

« Oh… L’Irlande n’a pas toujours été un endroit aussi agréable. Même encore, dans les années 1970, certaines régions, à l’ouest, étaient horriblement pauvres. Les enfants allaient à l’école sans chaussures. Et dans certaines écoles, les toilettes étaient à l’extérieur.

« Et puis lorsque le pays a adhéré à l’euro, en 2001, il a eu accès au crédit, aux faibles taux d’intérêt accordés aux Allemands. C’est alors que le boom de l’immobilier s’est amorcé. En 2007, les prix de l’immobilier ont augmenté au point que les Irlandais – sur le papier – étaient le peuple le plus riche d’Europe.

« Notre famille a raté tout ce cycle. Nous sommes partis en étant l’une des familles les plus pauvres d’Irlande pour devenir l’une des plus pauvres du Maryland. »

Revenons aux Etats-Unis…

Les universités ont tenté d’interdire des mots tels que « facteur » et « main-d’oeuvre ». Le monde littéraire pique une crise lorsqu’un auteur masculin crée un personnage de femme noire. Quelqu’un l’accuse « d’appropriation culturelle ».

Même les sermons religieux ont été modifiés pour éviter de dire ces mots odieux : « l’homme » et « il ».

Au tout début de cette hystérie, « il » a été remplacé par un étrange « il ou elle ».

Plus tard, les gens qui se souciaient de ce genre de choses ont pensé que c’était une sorte d’oppression, de forcer les gens à intégrer un « système de genre binaire », où il fallait choisir entre l’un ou l’autre. Alors ce « il ou elle » anglais a été remplacé par la troisième personne du pluriel, « they » [dépourvu de genre donc de sexe].

Oubliez la vision traditionnelle de la binarité du genre !

« La binarité de genre, explique le service des ressources humaines de l’Université de Princeton, « est une vision traditionnelle du genre humain, qui ne prend pas en considération les individus qui s’identifient autrement, tels que, notamment, les personnes transgenres, non binaires (ni homme ni femme), de genre variant (transexuel) et/ou intersexes(hermaphrodites, homme et femme). »

Bien sûr, on ne peut faire plaisir à tout le monde.

Le « il » offense le « elle » qui ne veut pas faire partie des « ils ». « Il ou elle » offense (vraisemblablement) ceux qui désirent avoir plus de choix. Et le « they » anglais offense ceux qui ne veulent pas que l’on massacre la langue pour faire plaisir à une poignée de tordus.

A la Chronique, même nos fidèles lecteurs nous écrivent de temps à autres pour nous dire que ce que nous écrivons est « offensant ».

Traditionnellement, on considérait qu’il était « offensant » de parler de façon insultante des membres d’un groupe de victimes : les minorités, les femmes, les pauvres, etc.

Récemment, un lecteur a considéré qu’il était offensant de suggérer que les généraux du président Trump n’étaient pas des héros endurcis au champ de bataille mais des bureaucrates du Pentagone qui perdent des guerres.

A présent, apparemment, il est offensant de critiquer les hommes blancs riches et armés !

Bon nombre de personnes trouvent probablement offensant que nous ayons fait la remarque que notre président était un idiot… ou que son adversaire, lors de la dernière élection, était une mégère « infirmière en chef ».

D’autres s’offusquent lorsque nous décrivons des démocrates stupides, des républicains crétins, des gens en surpoids, des gays, des arriérés, des ploucs, des péquenauds, des vieux schnocks, des blancs, des tziganes, des Indiens, des zombies, des compères, des initiés… et ainsi de suite.

Au fil des ans, nous avons réussi à offusquer à peu près tout le monde. Si ce n’est pas le cas… sachez que nous pouvons réparer ces omissions.

Nous n’y prenons aucun plaisir, mais la vie est courte… et la véritable clairvoyance trop insaisissable…

En outre, nous ne prenons pas cela au sérieux. Grands, petits, idiots, génies, Polonais, Tartuffes, immigrés mexicains et Ritals. Ces étiquettes sont sans intérêt et souvent fallacieuses.

Rencontrez un type… prenez une Guinness avec lui… et les catégories disparaissent. C’est peut-être un idiot, mais on l’adore. Ce qui compte, c’est son caractère, et non sa catégorie.

Est-il honnête ? Est-il gentil ? A-t-il le sens de l’humour ? Est-ce quelqu’un de bien… ou bien un sénateur américain ?

Les riches devraient avoir plus de courage

Ce que nous n’aimons pas, ce sont les milliardaires faisant preuve de lâcheté. Si l’on a la chance d’avoir gagné autant d’argent, alors cela devrait au moins s’accompagner d’un peu de courage et de respect de soi.

Mais la semaine dernière, ce pauvre Bonderman – un homme d’affaires milliardaire qui siège au conseil d’administration d’Uber – s’est agenouillé… et a courbé la tête sous la pression du baratin politiquement correct.

« Je souhaite présenter mes excuses aux autres membres du conseil d’administration pour mes paroles irrespectueuses » a-t-il déclaré, dans un e-mail adressé aux employés d’Uber.

Sa transgression était si monstrueuse qu’il a démissionné du conseil d’administration.

Quel était son crime ?

Il a interrompu un autre membre du conseil d’administration, Arianna Huffington, pour faire une plaisanterie.

Mme Huffington plaidait en faveur de l’augmentation du nombre de femmes siégeant au conseil d’administration. Et M. Bonderman a osé dire : « il est plus probable que cela entrainera plus de bavardages ».

Savons-nous si le fait qu’il y ait plus de femmes au conseil augmenterait le volume de bavardages ?

Non.

Savons-nous si le fait qu’il y ait plus de bavardages serait une bonne ou une mauvaise chose ?

Non.

Savons-nous si le fait qu’il y ait plus de femmes au conseil d’administration serait bon pour Uber, les actionnaires, les employés, les clients… femmes… ou monstres de foire à deux têtes ?

Encore non.

Pas une personne sérieuse ne prendrait au sérieux la blague de Bonderman. D’après notre modeste expérience, les femmes parlent davantage que les hommes. Elles sont plus sociables. Est-ce bien ou mauvais ?

Nous n’avons aucune opinion. En général, nous préférons la compagnie des femmes à celle des hommes. Elles sont plus jolies. Et nous ne savons pas pourquoi, mais elles sont légèrement moins réceptives aux foutaises politiquement correctes.

Les femmes sont habituellement plus ingénieuses et intelligentes que les hommes, également. Elles concentrent énormément d’attention sur les failles de leurs maris. Elles ne peuvent s’empêcher de remarquer les faiblesses de leurs collègues, également.

Est-ce bon ? Est-ce mauvais ?

Qui sait ?

Ce qui semble fonctionner le mieux, du moins d’après notre expérience, c’est le mélange : des hommes et des femmes… tous compensant les imbécilités et les vanités de l’autre.

Les couples ont l’air de fonctionner, dans la vie privée. Les groupes d’hommes et de femmes semblent fonctionner dans le monde des affaires, également.

Alors que se passe-t-il, avec M. Bonderman ?

Sa situation de membre du conseil d’administration d’Uber est-elle si importante qu’il se mette volontiers à plat ventre ?

A-t-il tellement besoin d’argent… ou de l’approbation des médias grand public… qu’il est prêt à accepter ces absurdités ?

L’un des critères importants, pour évaluer un homme, c’est sa capacité à résister à la pression de ses pairs et à l’hystérie ambiante. En ce concerne Bonderman, c’est un échec.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Le politiquement correct vient de faire une victime…”

  1. On nous a dit qu’il était sexiste. Je ne savais pas que le jugement avait été prononcé sur cette phrase.

    Tant pis pour le conseil d’administration d’Uber, ils vont moins rire à présent. C’est sure.

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