Batailles, désastres, mort… et Donald Trump

Rédigé le 16 novembre 2016 par | Article, Bill Bonner, Deep State Imprimer

Les choses s’éclaircissent, concernant ce que nous réserve l’administration Trump.

M. Trump est peut-être impétueux et imprévisible… mais pas la politique économique de son gouvernement. Il n’a pas le choix, de toute façon.

Le système dépend d’une quantité croissante de crédit (de la dette).

Les ménages sont à sec. Les entreprises atteignent leurs limites. Seules les autorités peuvent ajouter du crédit dans le système.

Nous l’avons déjà dit : quel que soit le vainqueur des élections, le Deep State serait forcé de mettre en place de nouvelles relances budgétaires.

[NDLR : Les répercussions de cette politique seront profondes… et se feront sentir partout dans le monde. Prenez vos précautions dès maintenant pour vous protéger — grâce au plan élaboré par un spécialiste : cliquez ici pour plus de détails]

« Le Donald »… avec le soutien d’un Congrès républicain… va donc prendre des mesures agressives. Mais nous y reviendrons plus en détails demain. Aujourd’hui, nous parlons de mort.

La mort en marche

Nous sommes allé en Virginie du sud dimanche dernier.

Nous avions appris que notre mère était sur le point de tirer sa révérence. Agée de 95 ans, elle a du mal à respirer, manger ou même simplement s’asseoir.

« Nous avons cru la perdre la nuit dernière », nous a dit notre soeur. « Tu ferais mieux de venir tout de suite ».

La mort semble être en marche. Amis, parents… personnes que nous admirions…

La semaine dernière, Leonard Cohen est mort. De même que la juge Janet Reno et que notre vieil ami Howard Ruff, pionnier dans le secteur des lettres d’information.

Lors du voyage, au volant, nous avons écouté l’histoire de la Guerre de Sécession telle que relatée par Shelby Foote.

M. Foote n’est pas du genre à laisser passer des détails pittoresques. Son récit est presque aussi long que la guerre elle-même.

Sur la route, nous avons longé des champs de bataille familiers — Fredericksburg… Ball’s Bluff… et Spotsylvania County, où Ulysses S. Grant et Robert E. Lee se sont affrontés pour la première fois…

… en méditant sur ces milliers et milliers de morts.

Cela a été la guerre la plus catastrophique pour les Etats-Unis, avec 600 000 morts.

« C’est facile de mourir. Et il y a de nombreuses manières de le faire », écrivait un soldat dans une lettre à sa famille.

A elle seule, la Virginie a enregistré 30 000 victimes militaires aux mains des Yankees. A l’époque, l’état ne comptait que 1,2 millions d’habitants. Cela reviendrait à huit millions de morts dans l’Amérique actuelle.

Personne n’a jamais trouvé d’explication convaincante — et ça n’a pas été faute d’essayer. Esclavage, droits des Etats, Lincoln… on peut aligner tout un tas de « raisons ». Mais imaginez le pauvre soldat. Se souciait-il des droits des Etats ?

Probablement pas. S’il avait une opinion sur l’esclavage, il est peu probable qu’il ait été prêt à mourir pour ça… de quelque manière que ce soit.

Lincoln a une très grosse part de responsabilité ; il semblait presque vouloir la guerre. Mais pourquoi est-ce que tant de gens l’ont suivi… jusqu’à la tombe ?

Fin connaisseur de désastres

Nous sommes fin connaisseur, en matière de désastres. Nous les étudions comme certains étudient d’anciens textes sumériens ou de la porcelaine chinoise.

Non pas les catastrophes naturelles ; les désastres qui nous intéressent sont de la variété fabriquée par l’être humain. Et ce qui nous intrigue le plus, c’est que les gens brûlent de s’y engager.

Dans Autant en emporte le vent, par exemple, Rhett Butler voit la guerre d’un oeil cynique. Il exploite la situation en jouant les « forceurs de blocus », ce qui lui permet de gagner une fortune.

Mais même lui ne peut pas résister. Avant que la guerre ne termine, il endosse l’uniforme gris et s’engage pour La Cause.

Certains partent en guerre pour la gloire. D’autres y vont pour éviter la honte. Certains se sont engagés dans l’armée de l’Union dans les années 1860 parce qu’ils y étaient obligés — comme les milliers d’Irlandais qui ont survécu à la Grande Famine en émigrant aux Etats-Unis… simplement pour se retrouver sous les drapeaux puis tués à Shiloh, Antietam ou Gettysburg.

Bon nombre se sont engagés par principe — mais nous avons du mal à comprendre exactement le principe en question, ou pourquoi il valait la peine de mourir.

L’esclavage était une question sérieuse ; mais le reste du monde a réussi à l’abolir sans verser de sang.

Nous avons continué notre route… bataille après bataille… escarmouche après escarmouche… soldats maussades, officiers vaniteux et incompétents… présentation de « Bobby » Lee et d’U.S. Grant… tout le long des voies sinueuses de Virginie, jusqu’à arriver à notre destination, près de Lynchburg.

« Bonjour Maman », avons-nous dit d’une voix forte. « Heureux de te voir encore parmi les vivants ».

« Je suis encore là », nous a répondu une voix faible et haletante. « Et je vais bien ».

« Tu n’as pas l’air en pleine forme, tout de même ».

« Je devrais me mettre sur mon 31, je suppose. Je vais à un enterrement. Je serai l’invitée d’honneur ».

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Batailles, désastres, mort… et Donald Trump”

  1. bonjour,

    « Personne n’a jamais trouvé d’explication convaincante »
    Mais il faut chercher du côté des banquiers et de l’ingérence des états étrangers.

    qui financaient qui?
    Dans la guerre civile américaine, les deux parties étaient en partie financés par la même banque.

    La guerre civile Us est similaire à 14/18. Kubrick (path of glory) telle que raconté par Pauwels jacques a bien décris que ce n’est pas une guerre entre deux parties mais entre une elite et un peuple. Les vendeurs d’armes étaient les mêmes.

    L’enterrement de mon grand père a été prévu, il y a un plus d’un mois, pour ce samedi matin (il a été incinéré(!) et il fallait de la paperasse pour la réouverture de ce caveau).

    Sa grande soeur de 96ans, alitée depuis 2ans quasi inconsciente depuis une année est décédé avant hier, le jour de l’anniversaire de mon grand père.
    Ils ont vécu la guerre et ont toujours eu le sens de l’économie, y compris donc pour l’ouverture de leur caveau et la cérémonie car ils vont être enterrés ensemble.
    (c’est mon grand père qui m’a fait comprendre le systeme monetaire en premier -comme pour rickards avec son père- en me filant une piece de 100FF frelaté en argent après un travail quand j’avais 7ans.

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