3 000 milliards d’euros pour presque rien

Rédigé le 21 juillet 2016 par | Banques Centrales, Simone Wapler Imprimer

Le bilan de la BCE est de la fausse monnaie sous forme d’accès au crédit. L’économie réelle reste en panne. Les helicopters money décolleront avant l’annulation des dettes.

3 249 milliards d’euros, soit un tiers de la taille de l’économie européenne, 1,5 fois celle de la France, telle est la quantité de fausse monnaie désespérément injectée par la Banque centrale européenne.

Pour les keynésiens benêts, cette politique monétaire est censée relancer la croissance de l’activité. Si les résultats sont nuls, c’est qu’il faut en faire plus. Les keynésiens benêts peuplent le monde universitaire.

Pour les keynésiens cyniques, cette politique monétaire doit susciter de l’inflation. En toute rigueur on devrait dire l’impôt-inflation, une taxe non votée sur l’activité économique. A défaut, les taux d’intérêt négatifs produisent le même effet. Les keynésiens cyniques hantent les grandes institutions internationales.

Pour les politiciens, cette politique monétaire, qui engendre des taux nuls ou négatifs, évite l’impopularité de l’austérité et permet la poursuite des politiques clientélistes. L’insolvabilité des finances publiques est camouflée par ce « soutien abusif » de la BCE.

Pour l’industrie financière, cette politique monétaire permet de se défausser des mauvaises créances et de continuer à toucher des commissions en brassant de l’argent créé à partir de rien.

Et pour nous, vous demandez-vous, cher lecteur sagace ?

Pour nous, rien. Si ces magouilles produisaient le moindre effet, le Japon serait sorti de récession depuis des décennies.

La Parasitocratie n’oeuvre pas pour le « bien commun », elle travaille à ses propres intérêts. Elle profite de ce système.

Mais face aux biens maigres résultats récemment obtenus, la confiance du public s’effrite.

A ce stade deux étapes sont possibles. Soit on restructure les dettes. C’est propre, net, douloureux. Les banques sombrent, les épargnants imprudents sont ruinés. La récession est violente. C’est la destruction créatrice.


Les épargnants imprudents sont ceux qui ont placé leur argent dans la dette d’Etat réputée si sûre. En France, il s’agit de l’épargne placée dans les contrats d’assurance vie dits en euros. Les assureurs ne pourront pas résister longtemps et devront renier leurs promesses de « capital garanti ». Pour comprendre ce mécanisme et surtout prendre vos dispositions avant d’être piégé, lisez notre Rapport Spécial.


Mais aucun membre de la Parasitocratie n’y a intérêt. Les universitaires keynésiens perdraient leurs chaires. Les keynésiens cyniques seraient mis au placard au FMI, à l’OCDE, à la Banque mondiale, dans les banques centrales… Les politiciens ne seraient pas réélus et les banquiers perdraient leur rente.

Soit on fait décoller les helicopters money. Les keynésiens benêts et cyniques sont satisfaits, les politiciens multiplient les dépenses de redistribution et les allocations en tout genre. Ça ne coûte rien, c’est l ‘Etat qui paie. Dans ce cas, les seuls membres perdants de la Parasitocratie seront les financiers qui perdent leur rente de distribution de crédit.

Et pour nous, vous demandez-vous songeur, cher lecteur sagace ?

Pour nous, rien. Si les helicopters money rendaient riche, le Zimbabwe serait la première puissance économique mondiale.

La courroie de transmission entre l’économie réelle et l’industrie financière est cassée. Le recours massif au crédit a donné naissance à des surcapacités productives et des bulles. Qui achète de l’immobilier comptant ? Qui a même les moyens d’acheter une voiture comptant ? Pour repartir d’un bon pied il faudrait éliminer ces surcapacités et non pas les préserver.

Nous aurons probablement droit aux helicopters money, nous aurons probablement une inflation des prix sans hausse des salaires et nous aurons une restructuration des dettes. Il faut vous y préparer.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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Un commentaire pour “3 000 milliards d’euros pour presque rien”

  1. a mon avis comme en allemagne post 14/18 il y aura l’introduction d’une nouvelle monnaie
    (les passifs restant dans l’ancienne)
    et avec cette nouvelle monnaie il y aura inflation salariale (ce n’est pas pour ça que les choses repartiraient instantanément lol)

    cela coincide avec ce qui est expliqué par le Professeur J. Rickards quant aux SDR

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