Peu de gens parieraient sur l’avenir financier de l’Argentine. Le pays est un inflationniste en série… qui s’auto-inflige de temps en temps des blessures financières. Il s’est tiré une balle dans le pied si souvent que c’est à peine s’il lui reste des orteils ! La plupart des gens diraient qu’investir en Argentine est "trop risqué". Mais cela ne fait que démontrer que les gens ne comprennent pas le risque
Bill Bonner
Bill Bonner
Bill Bonner est le co-auteur de plusieurs best-sellers comme L’inéluctable faillite de l’économie américaine, L’empire des dettes et Hormegeddon. Dans son dernier livre, Gagner ou Perdre, il explore l’avancée de nos sociétés modernes, leurs hauts et leurs bas – et révèle en chemin la règle unique qu’une société doit suivre si elle espère progresser... tout en montrant ce qui arrive à ceux qui ignorent cette règle. En 1978, Bill a fondé Agora – désormais le plus grand réseau de recherche indépendante au monde. Il a lancé des entreprises partout dans le monde – dont les Publications Agora en France... emploie des milliers de personnes... a investi sur cinq continents... a acquis plus de deux douzaines d’entreprises... possède des centaines de milliers d’acres de terrain... parcourt plus de 150 000 km chaque année... et a lancé plus de 1 000 produits. Ses notes quotidiennes, publiées notamment dans La Chronique Agora, sont lues par plus de 500 000 personnes dans le monde – dont près de 40 000 en France. Bill s’est donné pour mission d’identifier les meilleures opportunités d’investissement – et de montrer où les investisseurs particuliers commettent les erreurs les plus coûteuses. En deux mots, Bill offre un regard lucide sur le monde de l’économie et de l’investissement -- un point de vue contrarien et sans concession, que vous ne retrouverez nulle part ailleurs.
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Epargne
Le krach ne nous inquiète plus… c'est bien ce qui le rend dangereux !
par Bill Bonner 14 avril 2010Quand le krach du désendettement reprendra-t-il ? Quand nous cesserons de nous en inquiéter. Cet après-midi, nous avons réalisé qu’en notre for intérieur, nos sentiments avaient changé : nous avons cessé de nous inquiéter de la reprise du marché baissier. Non que nous ayons cessé d’y penser. Nous y pensons tous les jours. Et nous sommes certain que ça arrivera. Mais nous avons cessé de nous en inquiéter
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Les actions grimpent. L’or aussi. Il nous semble que le marché haussier de l’or a repris. Le métal jaune pourrait bientôt repasser le seuil des 1 200 $… et venir chatouiller son record historique. Pourquoi l’or grimpe-t-il ? Généralement, on achète de l’or quand on soupçonne les décideurs financiers de faire des erreurs. Quelles erreurs font-ils en ce moment ?
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Pauvre vieil Alan… Nous avons presque pitié de lui… "Le Maestro mis à mal", titrait le Financial Times vendredi. Nous avons souvent eu envie de le mettre à mal, en ce qui nous concerne. Mais maintenant que d’autres s’en chargent… nous avons pitié de la vieille canaille. M. Greenspan a défendu son héritage. Il avait raison 70% du temps, a-t-il dit. Les 30% restants, il s’est trompé. Pas mal, pas mal. Dommage que ce soit faux
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Nous ne savons pas si Dieu voulait que Goldman fasse exploser l’économie mondiale… mais le capitalisme semblait l’exiger. Et on aurait dit que le capitalisme allait aussi faire sauter le poseur de bombes. Malheureusement, les autorités sont ensuite intervenues. Elles ont renfloué AIG… et tout le secteur financier — dont Goldman. A présent, elles prêtent de l’argent aux grandes banques pratiquement gratuitement… que les banques leur re-prêtent ensuite à 4%
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Nous sommes encore en mode rebond, après la grande chute entre 2007 et mars 2009. A court terme, notre chercheur en chef — Charles Delvalle, qui garde un oeil sur nos investissements, dans notre bureau familial — est haussier : "La tendance intermédiaire pour le Dow Jones est toujours à la hausse. Cette tendance a été confirmée après que le Dow a dépassé son sommet du 19 janvier. Nous pourrions assister à un recul de cette tendance, et l’on reviendrait tester les plus hauts de janvier. Tant que le Dow réussit à rester au-delà de ce seuil, nous pourrions le voir tenter les 11 000 dès [cette] semaine"
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Epargne
La magie des nouvelles technologies… et de la croissance à l'américaine
par Bill Bonner 7 avril 2010Larry Summers, conseiller économique à la Maison Blanche, jubile. Il a vu les derniers chiffres de l’emploi vendredi. Ils content l’histoire d’une économie que M. Summers pense voir décoller vers la stratosphère, avec 162 000 nouveaux emplois créés en mars. Alléluia… toutes ces interventions des autorités portent enfin leurs fruits ! Heureusement que Summers était aux commandes. Si ça n’avait pas été le cas… eh bien, l’économie aurait dû se débrouiller seule… ici sur la planète Terre… tout comme elle l’a fait pendant des siècles avant que les autorités n’en prennent le contrôle durant la Grande Dépression (ou peu après)
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Le Wall Street Journal de vendredi claironnait en première page que l’industrie mondiale connaît une véritable hausse. Selon le journal, tout le monde fabrique de plus en plus de choses. Cela permet d’assurer que la reprise "a des jambes". Les ventes de voitures ont elles aussi été plus vigoureuses que prévu en mars. On dirait donc que la reprise a aussi des roues. Ce que nous aimerions savoir, c’est : a-t-elle un cerveau ? Qui achète tout ça, et où trouvent-ils l’argent
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Les dépenses de consommation sont en hausse aux Etats-Unis, apprend-on. Les prix de l’immobilier aussi. Même l’emploi grimpe. Enfin… pas vraiment. L’emploi se "stabilise". Parallèlement, les chiffres nous disent que les revenus sont en baisse. Il est donc difficile de savoir quoi croire. Nous aimerions voir des espèces sonnantes et trébuchantes… entre les mains des gens. Une chose est en train de se passer, selon les experts : les Américains perdent leur maison et ne paient pas leurs dettes. Ce qui libère une partie de leurs revenus pour être dépensée
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On dirait qu’une faille s’élargit aux Etats-Unis. La classe supérieure est éduquée… intelligente… et a de l’argent. Ses membres peuvent faire concurrence aux élites de n’importe quel pays au monde. Mais à partir de la classe moyenne, on a un problème. Les gens ont l’habitude de percevoir les salaires d’un pays riche et développé. Mais ils n’ont pas vraiment plus de compétences que les habitants d’Inde, du Mexique ou de Russie. Durant trente ans, le salaire horaire moyen d’un travailleur américain a stagné, à mesure qu’une main-d’oeuvre non-qualifiée entrait sur le marché du travail. Une grande partie venait de l’immigration légale et illégale en provenance d’Amérique latine. Et le reste concernant de la main-d’oeuvre en dehors des Etats-Unis
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Oui, cher lecteur, la crise de 2007-2009 nous a fait peur. Mais elle est bel et bien passée, maintenant. Qu’en savons-nous ? Il suffit de lire les journaux ! "Vente d’un volume record de junk bonds", titrait un journal. C’est assez curieux. Cela signifie que les investisseurs pensent que rien ne peut mal tourner. S’ils étaient persuadés du contraire, ils ne voudraient pas acheter de junk bonds. Parce que ce sont les premiers à s’enfuir lorsque les problèmes arrivent. Au lieu de ça, les gens ouvrent le bar et mettent de la musique. Les dépenses de consommation ont grimpé pour le cinquième mois consécutif aux Etats-Unis. Attendez une minute. Que dépensent les consommateurs ? Le chômage US est toujours en hausse, aux environs de 10% officiellement. Officieusement, il est bien plus élevé. Comment des gens sans emploi peuvent-ils augmenter les dépenses ? C’est étrange, non
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Les banques centrales du monde entier ont ajouté 425,4 tonnes métriques d’or à leurs réserves l’an dernier, la plus grande augmentation depuis 1964 selon le World Gold Council. Cela représente un gain de 1,4%, mettant leurs détentions à 30 116,9 tonnes au total. Cette augmentation était la première depuis 1988. Les banques centrales d’Inde, de Russie et de Chine faisaient partie de celles qui ont augmenté leurs réserves aurifères depuis l’an dernier alors que le métal précieux grimpait de 24%, atteignant le record de 1 26 l’once en décembre. Les banques centrales possèdent désormais 18% de tout l’or jamais extrait. ‘Il y a clairement eu une renaissance de l’or dans l’esprit des banquiers centraux’, a déclaré à Bloomberg Nick Moore, analyste de la Royal Bank of Scotland
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Nous sommes au début d’une Grande Correction. Voilà ce que dit Bloomberg : "Les ventes de nouvelles maisons aux Etats-Unis ont subi une chute inattendue en février pour atteindre un plus bas record alors que les tempêtes, le chômage et les saisies pesaient sur le marché. Les achats ont baissé de 2,2%, au rythme annuel de 308 000 — des chiffres du département du Commerce US publiés [le 24 mars] à Washington. Le prix de vente médian a connu sa plus forte hausse en plus de deux ans"
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Il est impossible de ne pas remarquer que l’Inde avance. C’est chaotique ; c’est inconfortable ; c’est imprévisible… mais on avance. Les gens sont jeunes. Les immeubles sont neufs. Il y a de nouvelles voitures sur les routes… et de nouvelles boutiques qui s’ouvrent. Nous avons vu quelques Nano, le nouveau modèle de Tata Motors — de mignonnes petites automobiles qui se vendent seulement 2 500 $. Il y avait aussi des dizaines de variétés de voitures telles qu’on n’en voit jamais sur les routes américaines ou européennes. On ne peut pas s’en empêcher… on commence à se projeter dans l’avenir… et à imaginer ce que ce sera lorsqu’ils finiront tel pont ou telle route… ou lorsqu’ils démoliront tel bidonville… ou trouveront de nouvelles manières de faire les choses… de s’entendre les uns avec les autres… et de nouveaux moyens de gérer le pays
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Les médias français parlent de la réforme du système de santé américain comme s’il s’agissait de la Déclaration d’Indépendance. Les Américains sont enfin entrés dans le monde moderne, semblent-ils dire. Ils ont désormais accès aux soins de santé comme étant un droit acquis. Le fait que les gens pensent avoir un "droit" aux soins de santé montre bien à quel point les gens ne réfléchissent pas. Un "droit" n’a de sens que lorsqu’il peut être appliqué de manière universelle, sans causer de tort à quiconque. On peut avoir le droit de posséder une propriété, par exemple, parce que tout le monde peut profiter de ce droit sous les mêmes termes et conditions. On peut avoir le droit de dire ce qu’on veut… tant que tout le monde peut dire ce qu’il veut. Mais si vous avez droit à un scanner, une autre personne a l’obligation de construire la machine… la mettre en service… la faire fonctionner… l’entretenir… la mettre à disposition du public… interpréter les résultats, etc. Qui est cet esclave enchaîné à votre service
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En Inde, que nous avons quittée hier matin, les prix de la nourriture grimpent en flèche. Partout dans le monde, au niveau des ventes en gros, il y a de l’inflation. Le pétrole a grimpé de 115% depuis janvier 2009. Le WTI est à 85 $ le baril à l’heure où nous écrivons ces lignes. Le minerai de fer a grimpé de 95% au cours de la même période. Il existe aussi ce qu’on appelle le Rind Index, qui suit les matières premières auxquelles les gens ne prêtent pas attention habituellement — des choses comme la toile de jute et les peaux tannées. Ces choses sont utilisées dans l’industrie pour fabriquer d’autres choses. Il n’y a pas beaucoup d’achats spéculatifs. Mais il y a beaucoup d’inflation. Le Rind Index a grimpé de 50% depuis janvier 2009
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Les prix augmentent en Inde — alimentés par le coût élevé de la nourriture. Grâce en partie à une politique gouvernementale désastreuse consistant à encourager l’utilisation excessive d’engrais chimiques, les prix de l’alimentation grimpent en flèche. Dans un pays pauvre, l’alimentation représente une plus grande part du budget familial que dans un pays riche. L’IPC indien grimpe de 11% environ. Les actions ont elles aussi grimpé la semaine dernière — en grande partie grâce aux bons sentiments inspirés par Ben Bernanke. Le chef de la Fed a fait savoir que si l’économie retombe dans la récession, ce ne sera pas de sa faute
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Les Etats-Unis se félicitent d’être la plus belle démocratie que le monde ait jamais connue, mais le système de gouvernement de Venise il y a huit cents ans était tout aussi démocratique : les gens votaient pour des gens, qui votaient pour d’autres gens, qui votaient pour d’autres gens encore, qui élisaient le doge. Il s’agissait de faire croire au peuple que c’était lui qui dirigeait le pays, alors que le pouvoir réel était entre les mains de quelques familles (les Bush, Kennedy, Gore et autres Rockefeller de la Venise du treizième siècle). Aujourd’hui, rares sont les Américains qui ne soient pas victimes de leurs propres arnaques. Ils croient s’enrichir en hypothéquant leur maison. Ils achètent les produits de Wall Street comme ils joueraient à Las Vegas et ils se croient aussi malins que Warren Buffett. En novembre 2004, ils sont allés aux urnes en croyant élire le gouvernement qu’ils voulaient, alors que le choix avait déjà été limité à deux candidats de la même catégorie sociale, du même âge, ayant fait les mêmes études, possédant la même fortune, appartenant au même club secret, issus du même monde et ayant plus ou moins les mêmes idées sur la manière de gouverner
