La Chronique Agora

Un monde gagnant-perdant

« L’économie va très bien », entend-on partout. C’est une opinion… que les faits contredisent. La récession n’est pas loin.

Les marchés boursiers sont à la peine. La courbe des rendements – la différence entre les rendements obligataires de court et de long terme – s’est inversée… un signe classique de récession.

Aux Etats-Unis, les ventes au détail ont pris le chemin de la baisse. Idem pour la croissance du PIB. La production industrielle. Les heures travaillées. Les nouvelles embauches. Les ventes de biens durables. Les nouvelles commandes manufacturières (à part dans la défense). Les dépenses de construction. Tout baisse…

Une récession approche. Et notre drapeau d’Alerte au Krach est hissé sur son mât, où il claque dans le vent, patient, visible de tous.

Les signaux sont là. Ils sont sans ambiguïté. Mais nous ne connaissons pas l’avenir. Tout ce dont nous sommes certains, c’est que la quasi-totalité de ce qu’il se dit sur la présente économie est frauduleux, inexact ou trompeur.

Elle est « solide », disent les commentateurs médias. Elle « va très bien », dit la Fed. C’est « la meilleure économie que nous ayons eue », dit Donald Trump, et elle va aller en s’améliorant plus encore.

Rien de tout cela n’est vrai. Rien.

Factice, fragile et en faillite

Les chiffres, les graphiques, les anecdotes, les vétérans, le marc de café et les astres nous recommandent de nous mettre à l’abri. On a affaire à quasi-exactement la même économie que sous Barack Obama – factice, fragile et en faillite.

Remettez les taux d’intérêt réels à 5% : elle se recroquevillerait et mourrait en quelques minutes. Supprimez la fausse monnaie et la valeur nette des ménages américains les plus riches chuterait de quelque 30 000 Mds$ (comme nous le verrons ci-dessous). Lorsque la prochaine crise arrivera – tout l’édifice s’effondrera.

A présent, traînant la savate, ployant sous le poids des ans, des infirmités et de l’aveuglement… l’une des expansions les plus longues de l’Histoire touche à sa fin.

C’est assez important… puisque cela déchaînera de bien vilaines bêtes : un effondrement boursier, une dépression, la Théorie monétaire moderne (TMM), l’inflation, l’impression monétaire, des déficits à 2 000 Mds, des programme d’infrastructures idiots, des taux de prêt négatifs… et plus encore !

Où est l’argent ?

Mais nous avons des points encore plus gros et plus importants à relier aujourd’hui.

Les marchés font l’opinion. Aujourd’hui, nous nous intéressons aux opinions que forgent les marchés actuellement. La valeur nette des ménages US atteint des sommets record, à 535% du PIB. Les gens doivent à coup sûr se sentir gras et heureux, non ?

Avec le Dow proche de ses sommets, par ailleurs, les gens se disent que posséder « des actions pour le long terme » est une assez bonne idée. Quoi qu’on puisse dire de Donald J. Trump, pensent-ils, « il a fait de l’excellent travail avec l’économie ».

Mais ce sont là des opinions, non des faits.
Les taux de croissance réelle chutent depuis des années. Officiellement, la croissance du PIB par personne lanterne actuellement à 1% environ par an. Aussi bas que soit ce chiffre, il ne dit pas réellement toute l’histoire.

La valeur nette des ménages (VNM) non plus. La richesse totale des ménages américains est d’environ 105 000 Mds$. Cela met la moyenne à plus de 800 000 $ par ménage.

Pourtant, la moitié des retraités américains n’a rien de côté. 40% des ménages américains seraient incapables de réunir 1 000 $ en cas d’urgence.

Alors où est l’argent ?

Il doit être concentré entre très peu de mains – tout au sommet. La richesse réelle est créée par l’économie. La VNM se monte normalement à 380% environ du PIB. Pour chaque dollar de PIB produit, les marchés de capitaux marquent près de 3,80$ de valeur en capital (immobilier, actions, obligations et autres actifs).

Il arrive parfois que les marchés aillent plus vite que la musique. La VNM a atteint 450% du PIB durant la bulle des dot.com en 1999 ; elle a aussi atteint 486% durant la bulle de l’immobilier en 2007. Ces deux occurrences ont été suivies de corrections.

A présent, à 535% du PIB, la VNM est plus élevée que jamais : 150% de plus que d’ordinaire. Avec un PIB aux environs des 20 000 Mds$, cela signifie qu’elle reflète quelque 30 0000 Mds$ de richesse que l’économie n’a pas produite.

L’Américain moyen n’a pas profité de cette richesse factice. Les salaires réels sont restés quasi-inchangés pendant près de 40 ans… mais les prix des choses du quotidien ont grimpé. Les soins de santé et l’éducation, par exemple, sont bien plus chers qu’ils ne l’étaient sous l’administration Carter.

Changement de mentalité

Mais restons-en aux choses élémentaires. La technologie et le crédit font que les maisons et les voitures actuelles sont meilleures et plus grosses que les modèles de 1979. Cependant, le malheureux travailleur n’a que son temps à vendre, et il doit en vendre deux fois plus pour les acheter.

Quel genre de progrès est-ce là ? Et quelles opinions finissez-vous par avoir lorsque c’est à vous que cela arrive ?

Vous ne devenez pas plus riche : vous vous faites arnaquer. Le jeu à somme positive est devenu un jeu à somme négative.
Ces dernières semaines, nous avons identifié le changement qui est en train de se produire C’est un changement d’attitude… d’air du temps… de gagnant-gagnant à gagnant-perdant.

Cela ne se produit pas uniquement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier. Cela ne concerne pas simplement la politique commerciale, mais la politique étrangère, la politique monétaire et les politiques intérieures d’une manière générale.

La tendance est à l’évitement du risque… des sociétés ouvertes où règne le libre-échange… de l’indépendance et de la liberté de parole… de l’Union européenne… du libre mouvement des personnes et des biens… et des tendances « libérales » et « globalistes » de ces 70 dernières années.

Où cela nous mène-t-il ? Vers quoi ? Est-ce la civilisation elle-même que nous voyons reculer en ce moment ?

A suivre.

Le retour de la crainte

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