La Chronique Agora

Trump : jusqu’où ira le chaos ?

À Washington, les têtes tombent, la dette explose et Donald Trump bat des records d’impopularité. Pendant ce temps, les marchés commencent à s’inquiéter des milliards engloutis dans l’IA. Et la semaine ne fait que commencer…

Encore une semaine de folie ! Et de nouvelles extravagances à la clé.

Pauvre Katie, nous avons à peine eu le temps de faire sa connaissance. CNBC :

Katie Zacharia évincée de son poste de porte-parole de la Maison-Blanche de Donald Trump

La malheureuse avait à peine terminé sa première conférence de presse – qui allait aussi être sa dernière –, non sans quelques hésitations, qu’on lui montrait déjà la porte.

Mme Zacharia venait tout juste de nous raconter la disgrâce de Kimberly Guilfoyle… et voilà que, quelques heures plus tard, elle rejoignait à son tour le club des parias du mouvement MAGA.

Les Trump avaient tenté de se débarrasser de Kimberly Guilfoyle en l’expédiant à Athènes. Mais même là-bas, elle avait réussi à se rendre encombrante. Selon certains commentateurs, Kimberly serait « allée trop loin ».

Voilà qui paraît peu probable, tant l’équipe Trump a jusqu’ici fait preuve d’une remarquable tolérance à l’égard de l’incompétence et des petits arrangements entre amis.

Plus vraisemblablement, Guilfoyle était devenue une petite magouilleuse embarrassante et sacrifiable, indigne de côtoyer des professionnels de l’envergure de Witkoff, Kushner et consorts.

Pour les misanthropes de l’entourage présidentiel, les femmes doivent être soit utiles, soit décoratives. Mme Guilfoyle n’était désormais ni l’une ni l’autre.

Nous éprouvons davantage de sympathie pour Katie Zacharia.

Est-ce une menteuse ? Bien entendu. C’est même une condition indispensable pour occuper ce poste. Interrogée sur l’endroit où elle avait exercé comme avocate, elle a répondu : « Euh… en Chine. » Un mensonge cousu de fil blanc.

Son problème n’était donc pas de mentir, mais de ne pas savoir le faire avec le professionnalisme exigé à la Maison-Blanche.

Dès son premier jour, Mme Zacharia paraissait visiblement nerveuse, douloureusement consciente de ne pas être à la hauteur de la tâche.

Cette fragilité lui conférait au moins un certain charme, ce qu’on ne saurait dire de beaucoup d’autres personnalités tombées en disgrâce : Kimberly, Pam, Kristi, Tulsi… et toute la clique.

Dette américaine : la facture s’alourdit

Pendant que ce petit théâtre politique se jouait à Washington, un rapport publié vendredi révélait que le déficit budgétaire américain avait atteint 1 990 milliards de dollars sur l’exercice écoulé.

Depuis des mois, nous annoncions un déficit annuel de 2 000 milliards de dollars. Bon, nous nous sommes trompés de 0,5 %. Nous tâcherons de faire mieux la prochaine fois.

Business Line :

Le déficit budgétaire américain frôle les 2 000 milliards de dollars en 2026, un sommet depuis cinq ans

Les dépenses fédérales record et l’augmentation du coût du service de la dette ont pesé sur les finances publiques américaines, tandis que les remboursements de droits de douane et la hausse des dépenses militaires ont accentué la pression.

Et puis nous avons appris que la situation était encore pire que nous ne le pensions.

Fortune :

Les intérêts de la dette américaine atteignent désormais 3 milliards de dollars par jour, après une hausse de 8 % sur l’exercice 2026, soit une progression plus rapide que celle des dépenses fédérales totales, des recettes publiques et du PIB…

À ce stade, les électeurs américains aspirent probablement avant tout à un peu de stabilité et de prévisibilité. Quelqu’un de raisonnable, capable de tenir fermement la barre !

Hélas, ce ne sont pas précisément les qualités qui caractérisent M. Trump.

C’est peut-être ce qui explique pourquoi sa cote de popularité s’enfonce dans des profondeurs rarement explorées par ses prédécesseurs.

Daily Beast :

Trump atteint un niveau d’impopularité historique

Aucun président n’avait enregistré un taux de désapprobation aussi élevé depuis le départ de George W. Bush de la Maison-Blanche.

C’est stupéfiant… absolument stupéfiant !

Non pas que ses résultats soient aussi mauvais : il fallait s’y attendre. Ce qui nous étonne, c’est qu’ils ne soient pas encore pires.

Et voici ce que rapporte USA Today :

Un nouveau sondage NBC News Decision Desk, réalisé avec SurveyMonkey, révèle que 71 % des adultes estiment que le pays fait fausse route. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis le début du second mandat de Trump.

La cote d’approbation de Donald Trump est tombée à 34 % parmi les adultes américains, son plus bas niveau pour ce second mandat dans les enquêtes NBC. Son taux de désapprobation atteint quant à lui 66 %. Par ailleurs, 51 % des personnes interrogées déclarent désapprouver « fortement » son action, là encore un record pour ce second mandat.

Trump et Poutine : un nouveau retournement de veste

Pendant ce temps, sur le front oriental, la guerre entre l’Ukraine et la Russie est un échec à presque tous les égards.

La Russie n’a pas gagné. L’Ukraine n’a pas perdu. Et des milliards de dollars continuent d’être engloutis pour faire durer le conflit.

Les États-Unis avaient choisi de soutenir les Ukrainiens. M. Zelensky avait même été accueilli par une ovation du Congrès américain réuni en séance commune. Debout, les parlementaires applaudissaient sa défense de la « liberté » et proclamaient que les frontières de l’Ukraine – tracées sous Staline et Khrouchtchev – étaient sacrées et inviolables.

Mais M. Trump ne s’embarrasse guère de principes, même lorsqu’ils sont sincères.

La semaine dernière, il a donc une nouvelle fois retourné sa veste et conclu un accord avec Poutine… dans l’espoir que quelques barils de diesel supplémentaires lui permettront d’aborder les élections de mi-mandat dans de meilleures conditions.

CNN :

Trump lève les sanctions liées à la Russie avant même leur entrée en vigueur, sur fond de détérioration des relations avec l’Ukraine

Il semble également avoir accédé à la demande de Moscou de cesser de fournir à Zelensky l’assistance du système Starshield de SpaceX, utilisé pour suivre les attaques russes.

Est-ce vrai ? Nous l’ignorons. Mais selon certaines informations, un nombre croissant de missiles de Poutine atteindraient désormais leurs cibles.

IA, pétrole, inflation : les marchés sous pression

Revenons aux marchés financiers, où l’endettement des entreprises de l’intelligence artificielle attire de plus en plus l’attention.

CNN :

Le Nasdaq plonge de plus de 2 %, les investisseurs s’interrogeant sur l’endettement lié à l’IA

Les entreprises de l’IA ont emprunté des milliards de dollars, des sommes bien supérieures à celles qu’avaient nécessité la construction des canaux, des chemins de fer ou toute autre grande révolution technologique.

Or, ces emprunts ne pourront être remboursés que si l’intelligence artificielle se révèle non seulement ingénieuse et divertissante… mais surtout extrêmement rentable.

Pour l’instant, les signes allant dans ce sens sont rares.

Nous savons que l’IA sait écrire des sonnets. Elle en a fait la démonstration.

Mais saura-t-elle payer le loyer ?

C’est beaucoup moins certain.

Pendant que les actions dégringolaient, le pétrole, lui, repartait à la hausse.

The Hill :

Le pétrole atteint 110 dollars le baril pour la première fois depuis mai

Enfin, les chiffres de l’inflation de septembre ont été publiés la semaine dernière. Il s’agissait du dernier rapport avant les élections.

Washington Post :

L’inflation a atteint 3,7 % en rythme annuel en septembre, poursuivant une hausse inexorable depuis le début de l’année, alimentée par la flambée des prix de l’énergie. Une évolution qui a considérablement dégradé la perception qu’ont les Américains de l’économie à l’approche des élections.

Les prix de l’essence et de l’énergie ont fortement augmenté, entraînant une accélération de l’inflation supérieure aux prévisions…

Que pourrait-il bien arriver de pire ?

Nous allons bien le découvrir.

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