Avec la PPE 3, le gouvernement mise sur 200 milliards d’euros d’investissements dans le réseau électrique, au prix de nouvelles charges pour les ménages et les entreprises. Derrière la promesse d’une transition énergétique pilotée par l’État, le plan repose sur des subventions massives aux renouvelables, tandis que TotalEnergies continue, de son côté, à parier sur le pétrole, le gaz et les centrales thermiques pour répondre à la demande mondiale.
Le 12 février, le gouvernent a présenté la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3). La feuille de route prévoit 200 milliards d’euros d’investissements dans le réseau d’électricité, financés par des hausses de factures ou des taxes.
J’ai déjà évoqué les performances d’Eiffage, le groupe de construction dont les hausses de revenus proviennent principalement des dépenses du gouvernement pour le déploiement et le raccordement des énergies renouvelables. Le gâchis et les hausses de coûts pour les consommateurs créent aussi des revenus pour certaines entreprises !
La PPE 3 prévoit la poursuite de la production via le nucléaire. En revanche, malgré le manque de demande, le gouvernement continue de subventionner l’installation d’éoliennes et de solaire.
Le graphique ci-dessous, tiré du rapport, montre la consommation d’énergies par catégorie : l’électricité (bleu), le pétrole et le gaz (turquoise), et les énergies renouvelables hors électricité, dont le chauffage au bois par exemple (vert clair).
Le graphique montre la répartition en 2023, ainsi que les objectifs pour 2030 et 2035. La part de la consommation d’énergie sous forme d’électricité grimpe de 27 % en 2023 à 34 % en 2030, puis à 38 % en 2035.
Le tableau ci-dessous, lui aussi issu du rapport, nous donne plus de détails. Les dirigeants comptent sur une hausse d’environ 20 % de la production d’électricité via le nucléaire d’ici 2035.
En revanche, dans le solaire, ils prévoient une hausse de plus du double en 2030, et de trois à quatre fois en 2035 par rapport à 2023. Ils tablent également sur le doublement des éoliennes terrestres d’ici 2035, ainsi que sur le lancement de chantiers dans l’éolien en mer. Ils visent 15 GW en 2035, un niveau proche de celui des éoliennes terrestres en 2023.
Les dirigeants annoncent aussi une baisse des besoins d’aides aux parcs, par rapport aux 11 milliards d’euros prévus en 2025.
En revanche, la réduction des coûts pour le gouvernement dépend du prix de l’électricité.
En somme, ils misent sur des hausses de factures pour les ménages et les entreprises, afin d’assurer la rentabilité des renouvelables !
Comme preuve de l’efficacité des renouvelables, ils citent les rentrées pour le budget en 2022 et en 2023, au moment de la crise de l’énergie. En effet, lors de l’envolée du prix du courant, les renouvelables génèrent aussi des recettes pour le budget !
Le rapport affirme :
« En 2022 et 2023, après plus de quinze ans de soutiens publics à l’émergence d’énergies renouvelables, celles-ci sont pour la plupart devenues compétitives sur notre sol. Elles ont généré 6,5 Mds€ de recettes nettes supplémentaires, dont 6,2 Mds€ cumulés pour l’éolien terrestre au titre de 2022 et 2023. »
Mais, cela tient à une explosion du prix du courant sur la période.
De même, les auteurs mettent en avant les succès des mesures d’économies d’énergie, une source de réduction des émissions de carbone. Or, selon le rapport, la baisse survient grâce à « la mobilisation des représentants des professionnels autour d’événements consacrés à la sobriété énergétique, ainsi que du grand public par le biais de campagnes de communication hivernales annuelles, rappelant les gestes clés aux ménages ».
Comme pour la rentabilité des énergies renouvelables, la baisse de la consommation vient en réalité de la hausse des prix.
Les espoirs de baisse du coût des aides dépendent ainsi du prix de l’électricité.
Le graphique ci-dessous montre les coûts pour le budget en cas de prix élevés de l’électricité, sur la période 2025-2060. La baisse des coûts pour le gouvernement surviendrait après 2029, grâce aux éoliennes. Le solaire demanderait encore des subventions jusqu’aux alentours de 2050.
En cas de baisse des prix du courant, le coût des garanties aux renouvelables grimpe en flèche, comme vous le voyez ci-dessous. Ils prévoient alors des hausses du coût des garanties jusqu’aux alentours de 2040.
Les énergies renouvelables requièrent à la fois des subventions, et des centaines de milliards de dépenses sur la gestion du réseau d’électricité.
Comme dans les voitures à batteries, l’inefficacité des renouvelables, par rapport au nucléaire, au gaz ou aux barrages, signale des revers pour le programme à l’avenir.
TotalEnergies : plus d’énergies et des centrales à gaz
TotalEnergies poursuit ses investissements dans le pétrole et le gaz, malgré les subventions aux énergies renouvelables à travers le monde.
Les résultats du groupe sur l’année révèlent une baisse de 17 % du bénéfice net en 2025, par rapport à 2024.
Comme vous le voyez ci-dessous, le prix du baril de pétrole Brent atteint en moyenne 69 $ en 2025, contre 83 $ en 2024. La baisse des résultats chez TotalEnergies reflète ainsi, en somme, la baisse du prix du baril (source).
Les résultats de TotalEnergies reflètent aussi une hausse de la production globale, pour le pétrole comme pour d’autres formes d’énergie.
Tous types de production d’énergie confondus, le groupe affiche une hausse de 5 % par rapport à 2025. Dans le segment du gaz naturel liquéfié, il génère une croissance de 10 %.
Les ventes de gaz naturel liquéfié (LNG Sales) atteignent 44 Mt en 2025, contre des objectifs d’au moins 40 Mt.
Le résultat de l’entreprise, en excédent sur les opérations, atteint 27,8 Mds$ pour l’année, en dessous des objectifs de plus de 29 Mds$. En revanche, cela s’explique par la baisse du prix du baril, à 69 $ en moyenne, au lieu de 70 $ dans les prévisions de l’entreprise.
À part les hausses de production de pétrole et de gaz, TotalEnergies cherche aussi des bénéfices dans la production d’électricité.
L’acquisition, en cours depuis novembre, d’une entreprise tchèque disposant d’opérations partout sur le continent apporte un portefeuille de centrales produisant de l’électricité via le gaz naturel.
Selon les informations de S&P Global, TotalEnergies prévoit de « se positionner comme acteur important dans la production de courant pour les centres de données en Europe ».
La production d’électricité via le gaz permettrait de « profiter de la position de force de TotalEnergies comme fournisseur de gaz naturel liquéfié en Europe, en permettant de capter davantage de revenus à la fois en Europe et aux États-Unis ».
Les résultats de l’entreprise, ainsi que les annonces pour 2026, indiquent une stratégie de hausses de production au fil du temps, en particulier dans le gaz naturel. Le major fait ainsi le pari d’une demande durable pour le pétrole et le gaz à l’avenir, à travers le monde, malgré des succès théoriques des renouvelables.
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