La Chronique Agora

Le monde est-il en train de s’écrouler ? (1/2)

Quels sont les risques d’escalade des conflits actuels ?

Le monde est-il en train de s’effondrer ? Il semblerait que oui.

Bien sûr, il y a toujours des guerres quelque part dans le monde, et des conflits chauds qui attendent d’éclater. Il en a toujours été ainsi. Mais certaines périodes présentent plus de risques que d’autres, soit parce que les conflits sont plus intenses, soit parce qu’ils sont plus nombreux… soit les deux à la fois.

Dans de telles situations, la meilleure approche pour analyser la situation ne consiste pas simplement à dresser une liste des conflits actuels, mais à examiner leur interconnexion et à évaluer les risques d’escalade. S’agit-il simplement d’une « mauvaise passe », comme dans les années 1960 au Viêt Nam, ou sommes-nous au bord d’une catastrophe mondiale, comme la seconde guerre mondiale ?.

Lorsque l’on considère une catastrophe telle que la seconde guerre mondiale, il est important de se rappeler qu’elle a été précédée d’une longue série d’événements isolés qui ont culminé avec la guerre.

On peut citer l’invasion japonaise de la Mandchourie, l’invasion italienne de l’Éthiopie, la prise de contrôle de l’Autriche par l’Allemagne et l’annexion d’une partie de la Tchécoslovaquie, et la guerre civile espagnole. La plupart des gens ont longtemps considéré que ces événements n’étaient aucunement liés.

Seuls quelques hommes d’Etat – le plus célèbre étant Winston Churchill – ont compris qu’il s’agissait des étapes menant à une nouvelle guerre mondiale.

Les liens de la guerre

Les investisseurs ne sont pas de simples spectateurs. Les fortunes sont faites ou détruites par ceux qui identifient correctement les liens entre les crises disparates, et qui disposent des bons outils d’analyse pour voir où tout cela mène.

Voici donc un aperçu des confrontations actuelles qui me semblent critiques, et qui me confortent dans l’idée que les liens entre ces conflits sont forts, et que les risques d’escalade sont élevés.

L’Ukraine

J’ai beaucoup écrit sur la guerre en Ukraine et mes lecteurs en connaissent les grandes lignes. Nous n’allons donc pas passer en revue toute l’histoire des provocations des Américains, et des réponses des Russes depuis 2008.

Aujourd’hui, l’offensive ukrainienne lancée le 4 juin a totalement échoué. Les lignes de défense russes sont intactes, l’Ukraine n’a gagné aucun territoire appréciable à l’exception de quelques villages déserts dans la zone grise – où ses troupes sont anéanties, et où les pertes d’équipement sont énormes.

Les Etats-Unis n’ont pas entamé de pourparlers de paix. Au contraire, ils poursuivent l’escalade en envoyant davantage d’armes et d’argent. L’objectif de Joe Biden est de poursuivre la guerre au-delà des élections de novembre 2024, afin de ne pas avoir à admettre une nouvelle défaite.

Le danger est le suivant : si les Etats-Unis recourent à l’escalade (avions de chasse F-16, chars Abrams, drones maritimes, conseillers sur le terrain), cela pourrait entraîner de sévères réponses de la part des Russes (missiles hypersoniques, nouvelle offensive dans le nord) et les deux parties pourraient se rapprocher de l’utilisation d’armes nucléaires en raison de cette dynamique d’escalade.

Kosovo-Serbie

Ce conflit s’ajoute à la longue liste des conflits balkaniques qui remontent aux origines de la première guerre mondiale, en 1912-1913. Le dernier en date est celui qui oppose le Kosovo et la Serbie.

Le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008, une décision que la Serbie n’a jamais reconnue. Les relations entre les deux régions étaient stables grâce à la médiation de l’UE et des Etats-Unis. Mais récemment, les tensions sont montées d’un cran en raison des allégations d’attaque terroriste serbe au Kosovo et du regroupement des troupes serbes à la frontière.

La Serbie est un allié de longue date de la Russie. Et elle est entourée de pays membres de l’OTAN (Slovénie, Croatie, Hongrie, Roumanie, entre autres).

Si la Serbie pouvait reprendre le contrôle du Kosovo, elle renforcerait l’encerclement de l’OTAN. Le risque n’est pas seulement celui d’une guerre entre le Kosovo et la Serbie, mais aussi celui d’une nouvelle guerre par procuration entre les Etats-Unis et la Russie, qui viendrait s’ajouter à la guerre en Ukraine.

Là encore, les risques d’escalade sont élevés.

Demain, nous examinerons en détails le conflit qui oppose Israël et le Hamas, et les risques d’escalade qui menacent la paix mondiale. Je vous proposerai également des recommandations pour la gestion des risques de votre portefeuille.

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