La Chronique Agora

Midterms : les deux partis, la même dette

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Républicains et démocrates se disputent le pouvoir avec acharnement. Mais sur les dépenses publiques et la guerre, leur bilan révèle une entente bien plus solide que leurs querelles ne le laissent penser.

Steve Hanke écrit :

« En début de semaine, le département américain de la Défense a annoncé que la guerre contre l’Iran avait coûté jusqu’ici 47,1 MILLIARDS de dollars. Il a oublié les plus de 5 milliards nécessaires à la remise en état des bases américaines détruites par l’Iran. Une fois tous les coûts additionnés, la facture atteindra le montant VERTIGINEUX de 1 000 milliards de dollars. »

Encore un gaspillage aussi gigantesque qu’absurde ! Une brique de plus dans le mur. Une nouvelle gifle… un nouveau coup de pied aux fesses… encore 1 000 milliards de dollars jetés par les fenêtres… et ajoutés à la dette américaine.

Vous serez peut-être tenté d’insulter les « serviteurs de l’État » responsables de ce désastre — ceux qui sont censés veiller sur l’argent des contribuables. Mais à quoi bon ? Comme tout le monde, ils réagissent aux incitations.

Seulement, personne n’aurait jamais dû les laisser toucher à l’argent des américains, ni à leur économie. Ils ne comprennent rien à l’un comme à l’autre… et sont bien trop occupés à conquérir le pouvoir pour apprendre. Leur soif de succès électoraux les pousse d’ailleurs vers deux catastrophes à la fois : dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas et faire la guerre à des pays qu’ils seraient incapables de trouver, même avec un GPS et une lampe torche.

Les médias raffolent de ces moments où l’on prend quelqu’un en défaut : un partisan de MAGA incapable de situer l’Iran sur une carte, ou un démocrate qui ne connaît pas le nom de ses propres sénateurs. Mais quelle importance ? L’ignorance n’a jamais empêché personne de voter ni d’accéder aux plus hautes fonctions publiques.

Les couteaux sont tirés

Les électeurs se sont donc rendus aux urnes. Mais quelles seront les conséquences de leur choix ?

Avant le scrutin, Benzinga rapportait :

« Steve Bannon, ancien stratège de la Maison-Blanche et figure majeure du mouvement MAGA, a prédit que le Parti républicain serait plongé dans une ‘guerre civile’ dès le mercredi 4 novembre, au lendemain des élections de mi-mandat. Suivraient, pendant la session du Congrès sortant, des affrontements sur le plafond de la dette, les dépenses fédérales et la réglementation de l’intelligence artificielle.

Dans un entretien au Financial Times publié samedi, Bannon, qui fut le stratège en chef de Donald Trump pendant son premier mandat, annonçait une session ‘d’une brutalité inouïe’, avec des ‘batailles titanesques’ sur le plafond de la dette, un vaste projet de loi de dépenses publiques, la politique de défense et l’intelligence artificielle. Ces affrontements pourraient avoir des répercussions sur les entreprises de la défense, les valeurs technologiques et les rendements des emprunts du Trésor. »

Pendant que les républicains se préparaient à s’écharper, les démocrates aiguisaient eux aussi leurs couteaux. Le Washington Examiner écrivait :

« Les démocrates du Michigan en plein désordre après le soutien de Haley Stevens à Mike Rogers…

Dimanche, à deux jours seulement des élections de mi-mandat, les démocrates ont offert un spectacle de désunion extraordinaire : une élue démocrate de la Chambre des représentants a apporté son soutien au candidat républicain au Sénat, a été exclue du parti dans son État et a vu deux de ses principaux collaborateurs démissionner en signe de protestation. »

Et The Hill titrait :

« Le mot ‘désordre’ est bien trop faible : les démocrates se désintègrent. »

Pourquoi ne peut-on pas simplement s’entendre ? Parce que les enjeux sont colossaux. Et qu’en politique, on gagne ou l’on perd. Le seul moment où républicains et démocrates sont en harmonie, c’est lorsqu’ils dépouillent les contribuables.

Ce qu’ils se disputent

Voyons d’abord l’objet de leurs affrontements.

À elles seules, les dépenses fédérales représentent environ un quart du PIB américain. Ajoutez les dépenses des États et des collectivités locales, et vous obtenez quelque 12 000 milliards de dollars — plus du tiers de la production totale du pays.

Il faut encore compter la part de l’économie qui appartient au secteur privé, mais reste sous la coupe du pouvoir fédéral. L’éducation et la santé en constituent les principaux postes : les responsables politiques mènent la danse, mais ce sont les électeurs qui paient les musiciens.

Sur le marché immobilier aussi, l’État fédéral joue un rôle majeur. Il subventionne les prêts par l’intermédiaire de Fannie Mae et use de sa puissance financière pour peser lourdement sur les taux du crédit immobilier.

Ce pays est censé être libre. Pourtant, les élites politiques en possèdent, en louent ou en façonnent à leur guise plus de la moitié. Voilà ce qui était à prendre lors de ces élections.

Ce scrutin pourrait déclencher toutes sortes de querelles et de contestations… de mouvements et de réactions contraires. Mais il ne changera rien aux deux questions essentielles : l’argent et la guerre. Sur ces deux rails sacrés, le pays tout entier file vers sa perte. Au moins les deux partis profitent-ils du voyage, se prodiguant des attentions mutuelles avec une tendresse presque indécente.

Leur dette, leur monstre

Les 40 000 milliards de dollars de dette n’ont pas été découverts par hasard, comme un nourrisson que l’on aurait trouvé à Union Station, abandonné sur un siège de seconde classe du train Northeast Regional. Les responsables politiques des deux partis ont engendré cette dette, l’ont nourrie et l’ont votée. C’est un monstre… et c’est leur monstre.

En chiffres très arrondis, le républicain George W. Bush a alourdi la dette américaine de 4 000 milliards de dollars. Obama y a ajouté 10 000 milliards. Puis ce fut le tour de Trump… avec 8 000 milliards supplémentaires. Biden a pris le relais et en a ajouté 8 000 milliards de plus… avant le retour de Trump qui, en moins de deux ans de second mandat, a déjà empilé 4 000 milliards supplémentaires.

Vous avez donc votre réponse. Qu’est-ce que ces élections devraient changer d’important ?

Rien.

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