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France : les jeunes héritent de l’addition

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Derrière la colère des étudiants français se cache une crise bien plus profonde. Pendant des décennies, les gouvernements ont multiplié les promesses en les finançant à crédit. Aujourd’hui, la facture arrive. Et ce sont les nouvelles générations qui risquent de devoir la payer.

CNBC titre :

« Les manifestations étudiantes s’intensifient en France, à l’approche de la bataille budgétaire. »

Nous cherchons à comprendre ce qui alimente réellement le mécontentement des étudiants français. Et, comme par hasard, nous retrouvons d’autres éléments qui semblent appartenir à la même histoire : le mécontentement général de leurs parents, leur rejet croissant des candidats des partis traditionnels et, bien sûr, ce fameux « déclin de l’Occident » dont tout le monde parle.

Quel est donc le fil conducteur de tous ces phénomènes ?

Nous avons une intuition assez forte : tout est une question d’argent. Et nous sommes tous pris dans la même toile.

Aujourd’hui, rares sont ceux qui financent directement et intégralement les études de leurs enfants, leur propre retraite ou leurs dépenses de santé. Tous ces domaines ont été, à des degrés divers, pris en charge par la collectivité.

Autrement dit, nous voilà comme des cochons autour d’une auge : ce que chacun reçoit ne dépend plus vraiment de ce qu’il produit – mais de sa capacité à écarter les autres pour accéder à la pitance.

Car les ressources ne sont pas illimitées. Et ceux qui parviennent à se servir les premiers et le plus généreusement constituent une sorte d’aristocratie porcine.

Chaque mère rêve évidemment de voir ses enfants rejoindre leurs rangs.

Ce système fonctionne à peu près correctement… tant que l’auge continue de se remplir.

Hélas, c’est précisément là que se situe le problème du jour.

Car, à l’image d’une boîte de céréales ou d’une barre chocolatée, les budgets publics sont désormais victimes de la shrinkflation : il y a de moins en moins à partager.

Hier, nous avons abordé cette question sous l’angle social.

Les jeunes ambitieux veulent rejoindre les rangs de ceux qui décident : cette élite qui, dans une économie largement administrée, détermine qui reçoit quoi.

Seulement voilà, l’économie ne croît plus assez vite pour faire une place à tous ces nouveaux prétendants.

Et une grande partie de ce que cette jeune génération de futurs décideurs aimerait pouvoir décider a déjà été décidée à sa place par ses aînés.

On a promis des retraites aux personnes âgées. Des soins aux malades. Des indemnités aux chômeurs. Un hébergement aux personnes sans logement.

Et désormais, tout ce petit monde se bouscule pour obtenir sa part, aussi maigre soit-elle.

Dans une société libre, les gens n’ont pas besoin de jouer autant des coudes autour de l’auge. Ils font de leur mieux avec les moyens dont ils disposent. S’ils n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants en faculté de médecine, eh bien… ce n’est la faute de personne, sinon la leur.

L’éducation, toutefois, est depuis longtemps financée par la collectivité.

Aux États-Unis, tout a commencé en 1647, dans la colonie du Massachusetts, avec une loi connue sous le nom d’Old Deluder Satan Act. Cette loi obligeait les villes à créer des écoles publiques. L’objectif était de s’assurer que les jeunes sachent lire la Bible et puissent ainsi se défendre contre les ruses du Diable.

Aujourd’hui, le Prince de la Paix a disparu des programmes scolaires, mais les enfants américains peuvent toujours fréquenter gratuitement l’école publique jusqu’à la fin du secondaire. En France, la gratuité de l’enseignement s’étend bien plus loin, jusque dans les études supérieures. Même les études de médecine y sont en grande partie financées par l’État. En contrepartie, les médecins français gagnent environ deux fois moins que leurs homologues américains.

Nous ne prétendons pas savoir quel système est le meilleur. Mais, comme chacun le sait, les études de médecine gratuites n’existent pas. Et ceux qui les financent ne sont pas nécessairement ceux qui portent un stéthoscope autour du cou.

Permettez-nous d’ajouter une autre opinion, tout aussi gratuite : Satan est probablement sous-estimé. Il semble parfaitement capable de semer ses illusions dans le terreau fertile, richement engraissé, des esprits instruits… aussi bien, et peut-être même mieux, que dans les crânes durs et réfractaires des électeurs qui n’ont jamais fréquenté les bancs de l’école.

Après tout, au XXIe siècle, rares sont les électeurs qui n’ont pas eu le bonheur de bénéficier de l’enseignement public.

Et malgré toutes les lumières que cette éducation était censée leur apporter, ils ont quand même élu Bush, Obama, Biden et Trump.

Les paysans illettrés auraient-ils pu faire pire ?

Nous n’en savons rien.

Mais une chose est sûre : ce sont bien des diplômés de l’enseignement supérieur, parmi lesquels toute une armée de docteurs, qui ont conçu notre système monétaire actuel, fondé sur de l’argent créé de toutes pièces.

Les dirigeants français, tout comme leurs homologues américains, ont découvert qu’il était beaucoup plus facile d’emprunter cet argent artificiel que de trouver de véritables richesses pour financer leurs ambitions.

Et, tels de gros serveurs sur des patins à roulettes, ils ont continué à garnir généreusement les tables de leurs convives.

Aujourd’hui, les intérêts de la dette publique – autrement dit, le coût des promesses faites par les précédentes générations de décideurs – pèsent lourdement sur les budgets actuels.

C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles une nouvelle « bataille budgétaire » se profile en France.

Le groupe deVere résume la situation ainsi :

« Le fait que les coûts d’emprunt de la France aient franchi la barre des 5 % constitue le signe le plus frappant à ce jour du bouleversement de l’ordre mondial de la dette. Les pays riches paient désormais des taux autrefois réservés aux États coutumiers des défauts de paiement, comme l’Argentine. »

Les responsables politiques français, exactement comme leurs homologues américains, ont voté des programmes dont leur pays n’avait pas réellement besoin et qu’il n’avait, surtout, pas les moyens de financer.

Ils n’ont toujours pas les moyens de les payer. Tout ce qu’ils peuvent faire, désormais, c’est payer les intérêts des sommes empruntées pour les mettre en place.

Et voilà comment les pièces du puzzle commencent à s’assembler.

Une surproduction d’élites – trop de décideurs ! –, un ralentissement de la croissance économique, une population vieillissante qui nécessite davantage de retraites et de soins médicaux, des salaires réels en baisse et des taux d’intérêt sur la dette qui grimpent.

Tous ces phénomènes se conjuguent pour réduire comme jamais les marges de manœuvre de ceux qui nous gouvernent.

Et surtout, ils leur laissent de moins en moins d’argent véritable pour agir.

Voilà la vraie crise.

Contrairement à ce que laisse entendre Pete Hegseth, le problème n’est pas que les gouvernements occidentaux manquent de virilité ou qu’ils n’aient plus le goût des exécutions publiques. Il ne vient pas non plus, comme l’affirme Marco Rubio, de ce que nous aurions perdu le goût de la « poursuite sans complexe de la puissance nationale ».

La véritable crise est financière.

Nous avons bombé le torse, au risque peut-être de priver nos cerveaux d’oxygène, et nous nous sommes lancés dans une quête de puissance nationale avec autant d’enthousiasme que d’inconscience.

Nous avons dépensé notre argent. Puis celui de nos enfants. Puis celui de nos petits-enfants. Et même de l’argent que personne ne gagnera jamais.

Aujourd’hui, ce sont les jeunes adultes qui reçoivent les factures. Et, sans grande surprise, cela ne leur plaît pas.

Leurs parents ne sont guère plus enthousiastes.

Leurs revenus réels diminuent. Leurs espoirs de grandeur s’évanouissent.

Et ils commencent à se demander si les caisses publiques, pourtant si généreuses lorsqu’il s’agissait de distribuer de l’argent créé de toutes pièces, seront réellement capables de financer leurs retraites et leurs dépenses de santé comme prévu.

En réalité, cet argent artificiel a permis de faire supporter à la collectivité le coût de presque tout.

Des dépenses qui auraient dû être réglées depuis des années…

Des aventures désastreuses qui auraient autrefois pu valoir aux décideurs d’être exécutés en place publique…

Et des engagements qui n’auraient jamais dû être pris.

Tout cela a été mis à la charge de la collectivité.

Évidemment, on ne peut pas demander aux électeurs de consacrer leur temps à étudier les mécanismes de ce désastre, ni même d’en comprendre toutes les causes.

À la place, ils se rendront aux urnes et exigeront des responsables politiques qu’ils « fassent quelque chose ».

Mais que pourront faire ces derniers, sinon emprunter encore davantage… et dépenser toujours plus ?

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