La Chronique Agora

Conversation secrète à la Maison-Blanche

Et si, par une improbable erreur, nous avions été ajoutés à un groupe de discussion confidentiel où Donald Trump dévoilait son projet de monnaie électronique ?

Hier, 1er avril oblige, nous nous sommes amusés à imaginer un scénario farfelu… Et si, par une erreur invraisemblable, nous avions été ajoutés à un groupe de discussion ultra-confidentiel ? Un canal réservé aux plus hauts décideurs américains, créé par nul autre que Donald Trump lui-même ?

A l’ordre du jour de cette réunion fictive : la création d’une nouvelle monnaie américaine.

Etaient présents : Jerome Powell (patron de la Fed), Scott Bessent (secrétaire au Trésor), J.D. Vance, Elon Musk, et une poignée d’autres figures influentes – imaginaires ou non.

Voici donc, pour le plaisir, la retranscription de ce que nous aurions lu… si tout cela avait été vrai.

Scott Bessent : Monsieur le président, on a un souci. Malgré tout le génie d’Elon, les dépenses fédérales explosent. Cette année, elles dépassent même celles de l’ère Biden. On parle d’au moins 1 000 milliards de déficit en plus. Et selon le CBO, le PIB pourrait même reculer. Bien sûr, on sait que vos politiques vont nous faire entrer dans un nouvel âge d’or, comme vous le dites si bien. Mais cela ne se fera pas du jour au lendemain, et les midterms approchent. Les électeurs ne voient pas encore la couleur de l’or…

Donald Trump : Pas de panique. Les tarifs douaniers vont tout régler. C’est un mot magnifique, « tarifs ». La Fed va baisser ses taux. Et avec la baisse des impôts et du pétrole, vous allez voir une croissance comme jamais dans l’Histoire.

Jerome Powell : Monsieur le président, ce n’est peut-être pas le bon moment pour réduire les taux. L’inflation reste élevée, la volatilité aussi. On ferait mieux de les maintenir stables quelque temps. Si l’on baisse les taux maintenant, on va donner l’impression qu’on abandonne la lutte contre l’inflation.

Donald Trump : Laissez tomber. L’inflation va baisser aujourd’hui. C’est le « jour de la libération ». Et de toute façon, on va sortir du dollar. Personne ne se souciera plus de l’inflation, parce que le dollar, ce sera de l’histoire ancienne.

Jerome Powell : Pardon ?

Donald Trump : Vous n’êtes pas au courant ? On lance une nouvelle monnaie électronique. Elle s’appellera… le Trump. On va convertir toute la dette fédérale – qui est de quoi, 20 000 milliards ? – en Trump Notes. On remboursera chaque centime avec ça. Plus de dette. Et une monnaie solide en laquelle tout le monde aura confiance. Et s’il nous faut plus d’argent ? On imprimera plus de Trump Notes. Plus besoin d’emprunter. Plus de dette. Et si la Fed dit non, je vais faire vivre un enfer à tout le monde.

Jerome Powell : Pardon ? L’enfer ?

Donald Trump : Vous m’avez bien entendu. Les Houthis, le Hamas, l’Iran ? Je vais les bombarder. Et il me restera quelques bombes pour la Fed, le Canada, les manifestants sur les campus, les cabinets d’avocats qui me traînent en justice, Rachel Maddow, Thomas Massie… Je vais faire vivre un enfer à tous ceux qui osent s’opposer à moi. Ceux qui essaient de contourner nos tarifs douaniers. Ceux qui osent riposter. Ce sera le bombardement pour tout le monde.

Elon Musk : Peut-être qu’on pourrait éviter de parler de bombarder la moitié de la planète ? Les gens sont à cran. Ils n’aiment pas vos politiques, et ils s’en prennent à mes voitures.

Donald Trump : Ce sont des terroristes. On va les arrêter, les regrouper, les expulser.

Elon Musk : Ce sont des citoyens américains. Vous ne pouvez pas juste les expulser. Et où voulez-vous les envoyer ?

Donald Trump : J’ai un accord avec… Budela ? Dubela ? Peu importe… au Salvador. 10 000 dollars par tête, et ils prennent autant de prisonniers qu’on veut. Une fois qu’on les déclare terroristes, on n’a plus à passer par les tribunaux libéraux. Fini les juges nommés par Obama. Juges, journalistes, démocrates, Canadiens : tous des terroristes. On les vire.

Elon Musk : Le problème est mondial. Les Chinois vendent plus de voitures que nous. Et on ne peut pas expulser des Européens… d’Europe.

Donald Trump : Non, mais on peut les bombarder.

Scott Bessent : Bombarder… l’Europe ?

Donald Trump : Pourquoi pas ? Ils nous exploitent depuis des décennies. Ils auraient dû dépenser plus pour leur défense. Maintenant, ils vont le regretter. C’est l’heure des représailles. Mais pas de panique – je vais leur parler. On fera un deal. Sinon, sanctions, tarifs… et bombardements. Ou peut-être que je déciderai de ne pas les bombarder. Ou de ne pas leur imposer de tarifs. Qui sait ?

J.D. Vance : Avec tout le respect que je vous dois, monsieur le président, c’est une occasion historique. On pourrait enfin bombarder l’Europe. Ces snobs gauchistes et prétentieux… Et le Groenland aussi, tant qu’on y est. Ils m’ont réservé un accueil glacial.

Personne non identifiée : Oui ! Et sans nous, ils parleraient tous allemand !

Jerome Powell : Euh… en fait, beaucoup parlent déjà allemand.

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