La Chronique Agora

Et si on parlait de vraie austérité, et de vraie croissance ?

▪ Nous vivons dans un monde de fraude et de contrefaçon… de blablas et de sottises…

C’est bien ce qui le rend si amusant ! Tout ça nous fait monter les larmes aux yeux un jour… puis nous nous tenons les côtes le lendemain. Tant d’imposteurs… si peu de temps !

Comme vous le savez, ni les politiques d’austérité en Europe ni les politiques de croissance aux Etats-Unis n’ont fonctionné. Pourquoi ? Parce que les deux sont factices.

En Europe, les gouvernements ont collectivement dépensé 44,8% du PIB en 2000. Aujourd’hui, on en est à 49,2%. Une grosse augmentation. Ce n’est pas de l’austérité… c’est de la relance. Les Européens défont leur ceinture, ils ne la resserrent pas.

Maintenant que l’austérité bidon ne fonctionne pas, les dirigeants nouvelle génération veulent essayer autre chose — plus de dépenses. François Hollande déclare qu’il embauchera plus de fonctionnaires et dépensera plus d’argent pour promouvoir la « croissance ». Il a également laissé entendre qu’il augmentera l’impôt à 75% pour les plus riches (contre 41% actuellement), ainsi que l’ISF. Comment pense-t-il obtenir de la vraie croissance grâce à ce cocktail indigeste ? Voilà qui est un mystère. Le gouvernement dirige et consomme déjà la moitié de la production nationale… et l’économie stagne. Comment fera-t-il mieux avec plus d’argent ? Non, les Français vont plutôt gaspiller des ressources… mettre sous pression la partie la plus productive de l’économie… et s’appauvrir.

Pendant ce temps, l’économie américaine s’en est tenue à ses politiques de croissance factice. Les autorités ont creusé de gigantesques déficits pour « stimuler » l’économie. De l’agence Reuters :

« Le gouvernement [américain] a annoncé un déficit budgétaire de 125 milliards de dollars en mai, plus de deux fois le chiffre enregistré à la même période l’an dernier ».

« Le déficit de mai, qui était proche des prévisions des analystes, suivait un mois de surplus inhabituel en avril, dû à des recettes budgétaires plus élevées pendant la saison fiscale, mais également à d’autres facteurs temporaires. Pour l’instant, cette année fiscale, le déficit budgétaire est à 844,5 milliards de dollars, plus limité qu’à la même époque l’an dernier ».

« Selon le système de comptabilité du gouvernement, octobre est le mois d’ouverture de l’exercice fiscal 2012. Durant l’exercice 2011, qui a pris fin le 30 septembre, le déficit budgétaire se montait au total à 1 296 milliards de dollars ».

Nous avons bien vu la semaine dernière tout ce à quoi cet argent avait servi. A rien. La richesse des familles est revenue à des niveaux d’il y a 20 ans.

▪ De l’austérité « cachée » ?
Mais attendez… peut-être n’est-ce pas de la faute des autorités. Alors que les Européens font semblant de réduire leurs dépenses, peut-être que le programme de relance américain est lui aussi une fraude. C’est ce qu’avancent quelques professeurs à Yale. Cette « reprise » est différente des précédentes, pensent-ils, parce que les Etats-Unis suivent un « programme d’austérité cachée » :

« … il y a quelque chose d’historiquement différent au sujet de cette récession et de ses conséquences : par le passé, l’emploi, au sein des autorités locales, était quasiment immunisé contre les récessions. Ce n’est pas le cas cette fois-ci. Depuis 1955, date où l’on a commencé à suivre ces données, à l’exception de la récession de 1981, le nombre de fonctionnaires dans les administrations locales a continué de croître quasiment tous les mois, quoi qu’il arrive dans l’économie. Mais depuis que la dernière récession a commencé, ce nombre a chuté de 3%, et continue de décliner. Sur la période équivalente suivant les récessions de 1990 et 2001, l’emploi au sein des autorités locales a grimpé de 7,7% et 5,2%. Même après la récession de 1981, à cette phrase, il était en hausse de 1,4% ».

« Sans ce programme d’austérité cachée, l’économie semblerait très différente. Si les autorités — locales ou fédérales — avaient suivi le schéma des deux précédentes récessions, elles auraient ajouté entre 1,4 et 1,9 million d’emplois, et le chômage global serait de 7% à 7,3%, au lieu des 8,2% actuels ».

Voilà, cher lecteur. Choisissez votre poison. La croissance factice… ou l’austérité bidon ? Aucune des deux ne fonctionne. Qu’est-ce qui fonctionne ? Qu’est-ce qui renverserait la tendance économique actuelle… et nous remettrait sur le chemin de la vraie croissance ? Nous vous le dirons demain.

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