La Chronique Agora

Les Rouges de retour à Washington ?

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Trump agite la peur des Rouges comme si la guerre froide n’était jamais finie. Pourtant, le vrai dirigisme américain avance ailleurs : dans les prises de participation de l’État, les projets d’IA sous tutelle et les milliards empruntés pour financer les lubies de Washington.

« Nous n’allons pas laisser les communistes se mettre en travers de notre chemin. Nous n’allons laisser personne se mettre en travers de notre chemin. Pas les communistes. Ces gens-là ne font rien, ce qu’ils font est tellement stupide. » — Donald Trump

Mais de qui parle donc Donald Trump ?

Cette histoire de menace communiste paraît tellement démodée. On croirait voir le président sortir de la Maison-Blanche en pantalon pattes d’éléphant, les cheveux permanentés et laqués.

Et pourtant, la Menace rouge refait surface dans l’actualité. C’est l’épouvantail du jour. Au moins pour quelques heures. The Washington Post rapporte :

« Les démocrates élisent des socialistes. Les républicains les traitent de communistes. »

Mais ce n’est pas le communisme de la guerre froide dont il est question. Les fermes collectivisées ? La dictature du prolétariat ? Marx ? Lénine ? Le paradis des travailleurs, enfin advenu sur terre ? Peu probable.

Les « communistes » américains ne sont pas vraiment communistes. Ce sont des militants de diverses nuances, atteints d’une maladie sociale dont les républicains comme les démocrates peuvent souffrir. Comme Trump lui-même, ils veulent simplement détourner une part toujours plus grande de la production américaine vers leurs propres chimères, leurs lubies, leurs projets préférés.

Trump, lui, a déjà commencé à saisir les moyens de production. The New York Times :

« 10 milliards de dollars, et ce n’est qu’un début : l’administration Trump prend des participations dans des entreprises privées

L’administration Trump dépense des milliards de dollars dans des accords lui donnant des parts au capital d’entreprises. Cette pratique inhabituelle ne montre aucun signe de ralentissement. »

Et ils comptent en prendre beaucoup plus. Technology.org :

« Des responsables américains discutent discrètement d’une prise de participation dans les géants de l’IA

De hauts responsables de l’administration Trump ont discrètement abordé, avec de grandes entreprises d’intelligence artificielle, une possibilité saisissante : que le gouvernement fédéral achète une part de ces sociétés. »

En 1917, les bolcheviks ont pris les usines. En Amérique, en 2026, l’Empire de la dette a remplacé la force brute par la fraude. Il emprunte sa route vers la guerre et le collectivisme.

Certains politiciens ont au moins le mérite d’être plus francs que d’autres. Bernie Sanders, la semaine dernière :

« Sanders présente un projet de loi visant à créer un fonds souverain de 7 000 milliards de dollars pour l’IA

Ce texte donnerait au peuple américain, et non aux oligarques, le contrôle de l’avenir de l’intelligence artificielle. »

Comme tous les planificateurs centraux, ils veulent mettre la main sur chaque recoin de l’économie. Les salaires. Les droits de douane. Le temps de travail. Le logement. Les taux d’intérêt. Tout est déjà soumis aux tripatouillages de Washington — venus de la gauche comme de la droite.

Et maintenant… en grande partie grâce à tant de gaspillage, de dettes et de réglementations… les salaires réels stagnent comme une mare en plein été. Les taux d’intérêt réels — le prix à payer pour servir toute cette dette — montent. Les électeurs s’agitent. Ils cherchent quelqu’un à blâmer… et rêvent d’un politicien thaumaturge qui leur imposerait les mains, guérirait l’économie et bénirait tous ceux qui y vivent.

Faut-il s’étonner qu’ils votent pour davantage de manipulations… davantage de contrôle… davantage de « dirigisme » ?

Le national-socialisme façon Grand Homme de Trump ? Le socialisme à crédit de Sanders ? Un compte Trump ? Une action en or ? Une épicerie d’État ? Des copains placés aux conseils d’administration des entreprises d’IA ? Des recrues DEI chargées de l’approvisionnement alimentaire ?

Avec de l’argent gratuit, voyez-vous, presque tout est possible…

Pendant un temps.

Mais élargissons un peu le cadre. « N’interrompez jamais un ennemi qui est en train de commettre une erreur », disait Napoléon. Avec leur credo de pacotille, les Chinois et les Russes se tiraient une balle dans le pied. Et pourtant, les politiciens américains ont passé près d’un demi-siècle à essayer de leur arracher le pistolet des mains.

Les fadaises bolcheviques empêchaient leurs économies de rivaliser avec la nôtre. Elles limitaient aussi leur technologie militaire.

C’est après avoir abandonné le communisme que la Chine est devenue assez puissante pour représenter une menace. Et grâce à sa réussite économique, elle dispose peut-être aujourd’hui d’une technologie militaire supérieure à la nôtre.

Chez nous, le communisme est un fiasco. Sur ce point, Trump a raison. Comme il détruit les économies étrangères, il peut détruire la nôtre.

Mais si c’est ce que veulent les électeurs, pourquoi pas ?

Selon les textes sacrés de la démocratie, il n’existe, en dernier ressort, aucune autorité supérieure à la volonté du peuple. Les gens décident eux-mêmes de la façon dont ils seront mal gouvernés. Ils ont le droit de faire quelque chose de parfaitement stupide.

Et ils l’exercent régulièrement.

Les moutons choisissent les bons bergers qu’ils désirent…

Et obtiennent les loups qu’ils méritent.

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