La Chronique Agora

Que diable se passe-t-il avec les prix du pétrole ?

▪ Le West Texas Intermediate (WTI) se vend à près de 82 $ le baril à l’heure où j’écris ces lignes — récemment encore, il tournait autour des 110 $. Quant au cours du Brent, il se situe aux environs de 97 $ par baril — en forte baisse par rapport à début mai quand il était à 125 $ le baril.

Que se passe-t-il ? Jusqu’où peuvent chuter les prix du pétrole ? Assistons-nous au début d’une chute des prix majeure ? Est-ce là une attaque en règle sur les prix dans le domaine du pétrole et sur les investissements dans les services associés ?

J’en doute. Pourquoi ? Parce que 40% de la production mondiale de pétrole provient de pays où les gouvernements nationaux ne peuvent se permettre des prix du pétrole encore plus bas qu’ils ne le sont actuellement. Le graphique ci-dessous parle de lui-même.

Ce graphique, reproduit avec l’aimable autorisation de Pierre Sigonney, économiste au sein du groupe Total SA, montre le niveau de prix du pétrole nécessaire pour que les grands pays producteurs de pétrole puissent équilibrer leur budget national.

La zone en rouge au bas du graphique est le « coût d’équilibre » pour les producteurs (estimé par Total). Cette zone reflète combien cela coûte d’extraire du sol des barils de pétrole brut.

Comme nous pouvons le voir sur le graphique, beaucoup de producteurs extraient du pétrole à un coût global de 10 $ à 20 $ par baril. Même les principaux acteurs internationaux (barre rouge à l’extrême droite) sont dans la moyenne de 40 $ par baril pour la production.

__________________________

J’EN AI MARRE !!!
J’en ai ASSEZ d’entendre parler de l’effondrement de la Zone euro… de la monnaie papier contre l’or… des Triple A ou Triple Z… des problèmes de l’Espagne… et autres théories économiques ENNUYEUSES sur lesquelles vous n’avez AUCUN contrôle.

La vérité, c’est que si vous voulez faire des gains dans les marchés actuels, rien de tout ça n’a d’importance !

Il suffit d’aller chercher les opportunités ailleurs : je vais vous montrer comment…

__________________________

Mais regardons de plus près le tracé jaune « budget à l’équilibre ». C’est là le prix auquel les principaux acteurs pétroliers doivent vendre le pétrole afin de pouvoir financer leurs dépenses nationales. Il ne faut pas oublier que pour tous les pays sur cette liste — du Qatar au Vénézuéla — leur revenu national repose principalement sur leurs ventes de pétrole.

En particulier, la Libye, l’Arabie Saoudite, l’Algérie, l’Irak, l’Angola, le Nigéria, l’Equateur, l’Iran, la Russie et le Vénézuéla ont tous besoin d’un prix du pétrole d’au moins à 80 $-100 $ (ou plus) juste pour avoir des revenus suffisants pour gérer leur budget national. Sans un prix du pétrole fort, ces pays devront faire face à des émeutes de la faim et à troubles. Un West Texas Intermediate à 82 $ le baril et un Brent qui stagne sous les 100 $ sont le seuil de tolérance des grands pays producteurs de pétrole.

Si l’on considère à présent que les 10 pays susmentionnés représentent environ 35 millions de barils de pétrole produits par jour dans le monde — plus de 40% de la production mondiale totale de pétrole brut (et si l’on ajoute la production de gaz naturel et de liquides de gaz naturel, cela fait encore plus.) C’est 40% de la production mondiale de pétrole brut qui provient de régions où le gouvernement ne peut supporter une chute des prix très longtemps.

C’est pourquoi, non… le prix du pétrole ne devrait pas baisser beaucoup plus.

Toutefois, faisons-nous l’avocat du diable. L’économie européenne bat de l’aile. L’activité économique chinoise est en perte de vitesse. Le Japon est dans une récession bizarre, permanente. L’économie américaine semble décrocher et va peut-être entrer dans une seconde récession.

Alors oui… il y a des problèmes partout. Nous pourrions assister à une chute rapide de la demande d’énergie pendant plusieurs trimestres. Mais si les prix du pétrole baissent trop, ils ne le resteront probablement pas très longtemps. Les plus grands producteurs mondiaux de pétrole ne peuvent se le permettre, dans tous les sens du terme.

En effet, une chute des cours du pétrole présentera une opportunité de ré-entrer pour les investisseurs. Ils reprendront plus de titres de grandes entreprises dans la production du pétrole ou dans les services associés à un prix relativement bon marché. N’oublions pas qu’un recul du cours des actions pourrait également rendre encore plus attractif le rendement des dividendes pour beaucoup d’acteurs pétroliers.

D’ici la fin de l’année, je m’attends à ce que le prix du pétrole remonte graduellement, voire même brutalement. Nous pourrions également voir une forte hausse sur la base de toutes sortes d’événements politiques et techniques.

Le cabinet d’audit KPMG a récemment prédit que le prix du pétrole restera volatil jusqu’à la fin de l’année. Il y a une probabilité que le baril dépasse les 140 $, selon un sondage par KPMG des directeurs d’entreprises de fourniture d’énergie. Les problèmes sous-jacents sont les incertitudes économiques, les risques géopolitiques, la hausse des coûts d’exploitation et les problèmes de réglementation.

Par exemple, la Libye est de retour dans le circuit. Mais si j’en crois ce qui se dit, les dégâts occasionnés par la guerre au début de cette année n’ont pas été bien réparés. Par conséquent, les infrastructures de production libyennes, les pipelines, les pompes, etc., tiennent plus du rafistolage qu’autre chose. Nous avons pu voir une chute soudaine de la production libyenne du fait de problèmes mécaniques et d’ingénierie. Et la Libye n’est qu’un des 10 pays qui figurent sur le graphique ci-dessus.

Il y a également beaucoup de risques de perturbations de l’approvisionnement pour les neuf autres.

Achetez au plus bas !

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

Quitter la version mobile