La Chronique Agora

Le bilan de Trump peut-il survivre aux électeurs ?

Diesel à plus de 6 dollars le gallon, dette record, crédit immobilier hors de portée et popularité en baisse : à l’approche des élections de mi-mandat, le bilan économique et politique du président risque de peser lourd dans les urnes.

Les élections de mi-mandat commencent déjà à se profiler. Les républicains sont désormais au pouvoir, mais que peuvent-ils proposer aux électeurs en novembre, sinon « toujours plus de la même chose » ?

Or, ce n’est manifestement pas ce dont les Américains rêvent.

Qui a envie d’un diesel à 6 dollars le gallon ? Le Wall Street Journal :

La Maison-Blanche envisage d’interdire les exportations de diesel alors que les prix continuent de grimper

Par ailleurs, l’administration Trump durcit les restrictions sur les importations de polysilicium destiné aux puces électroniques et aux panneaux solaires.

Qui souhaite encore alourdir l’Everest de 40 000 milliards de dollars de dette américaine… ou payer un crédit immobilier à 7 % pour une maison à 450 000 dollars ?

Donald Trump sent bien que les électeurs ne débordent pas d’enthousiasme à l’idée de voir ses politiques prolongées. DOGE, droits de douane, guerre : aucune de ces mesures n’a produit les résultats qu’il promettait.

Il leur a donc suggéré de ne pas trop s’attarder sur ses politiques et de se concentrer plutôt sur sa personne. « Imaginez simplement que je sois sur le bulletin de vote », leur dit-il.

Mais les électeurs ne semblent pas non plus réclamer davantage de Donald Trump. Les sondages montrent que sa cote de popularité s’effondre, jusqu’à atteindre ce que certains instituts appellent désormais la « ligne Biden », c’est-à-dire le niveau auquel était tombée la popularité de Joe Biden lorsqu’il a finalement quitté la scène politique.

HuffPost :

Les sondages sur Donald Trump atteignent un niveau encore jamais observé

Selon un nouveau sondage Reuters/Ipsos, les électeurs républicains eux-mêmes se montrent de plus en plus critiques à l’égard de sa gestion du coût de la vie, dans un contexte de guerre impopulaire avec l’Iran.

En janvier 2025, les instituts de sondage attribuaient à l’administration Biden une cote d’approbation de 39 %, la plus basse enregistrée pour un président américain moderne. Un sondage réalisé par Fox montre que Trump ne fait guère mieux.

Les suites étaient populaires à l’époque d’Eisenhower. Les Américains étaient globalement satisfaits de ce qu’ils avaient vu jusque-là ; en 1957, ils pensaient qu’« Ike et Dick » formaient un tandem gagnant, comme en 1956.

Et les chiffres semblaient leur donner raison. Eisenhower fut président de 1953 à 1961. Durant cette période, la dette américaine a diminué, passant de 70 % du PIB à seulement 50 %.

Une partie de cette amélioration s’explique par la croissance. Le PIB américain a progressé de 25 % durant les années Eisenhower. Et il s’agissait de croissance réelle. Les chiffres du PIB peuvent être considérablement gonflés lorsqu’un pays entre en guerre, comme ce fut le cas sous Franklin D. Roosevelt et Lyndon B. Johnson. Mais les cartouches tirées n’améliorent guère le niveau de vie.

Eisenhower, ancien militaire, le savait. Il a réduit les dépenses militaires de 27 % et laissé la production réelle — maisons, Buick, aspirateurs… et semaines de vacances au bord d’un lac — améliorer le niveau de vie des Américains.

Et les chiffres étaient crédibles. Le dollar était alors encore adossé à l’or. Pas de monnaie artificielle à l’époque.

Les salaires progressaient eux aussi. Après un bref recul en 1953-1954, le revenu familial médian a suivi la hausse du PIB pour atteindre, en 1961, un niveau supérieur d’environ 25 % à celui de 1953.

Au début des années 1960, presque tout le monde s’attendait à ce que les enfants vivent encore mieux que leurs parents. L’Amérique semblait engagée sur une trajectoire ascendante ; rares étaient ceux qui en doutaient. Après avoir été « au sommet du monde » au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle se dirigeait désormais vers la Lune… et la vie devait continuer à s’améliorer, encore et encore.

Mais en 2026, le monde a changé.

Les électeurs ont vu ce qui s’est passé au cours des deux dernières années. « Toujours plus de la même chose » ressemble désormais davantage à une menace qu’à un slogan de campagne.

Et si l’élection avait lieu aujourd’hui, le parti du « toujours plus de la même chose » — les républicains — perdrait probablement le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Charlie Bilello :

« Polymarket attribue actuellement une probabilité de 93 % aux démocrates de reprendre la Chambre des représentants et de 64 % de reprendre le Sénat. Ce qui signifie que le scénario le plus probable après novembre serait un gouvernement divisé et deux années de blocage législatif. »

Les élus républicains sont désormais dans une situation délicate. Ils espèrent malgré tout que les électeurs leur accorderont une nouvelle chance.

Mais il semble que ceux-ci aient déjà eu leur dose.

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

Quitter la version mobile