La Chronique Agora

La Chute du Boom ne fait que commencer

** Pas vraiment le temps d’écrire ce matin ; nous nous préparons à partir pour les Andes jeter un oeil à notre bétail et à nos choux. Si les choses vont de mal en pis, il nous faudra peut-être vivre de la richesse de la terre. Le problème, c’est qu’ici la terre n’est pas très riche.

Vous en apprendrez plus là-dessus… ainsi que sur la destinée tragique de l’économie britannique (et la façon dont vous pouvez vous protéger si la livre sterling continue de chuter)… un peu plus tard.

En attendant, faisons simple.

Un gros boom est toujours suivi d’une chute. C’est ce à quoi nous assistons en ce moment.

Et on ne voit aucune preuve nulle part dans les archives économiques que les autorités financières ont la capacité d’y remédier. Elles peuvent la retenir – pendant un certain temps. Elles peuvent l’altérer. Elles peuvent éventuellement la détourner. Elles peuvent l’aggraver. Mais il n’existe aucune preuve montrant qu’elles puissent l’empêcher.

Des pertes sont des pertes. Des erreurs sont des erreurs. Elles ne s’en vont pas quand le gouvernement leur lance de l’argent. On peut les déplacer… les transférer des gens qui les méritent aux chefs de famille innocents, par exemple. Mais d’une manière ou d’une autre, vient toujours le moment où quelqu’un doit s’en occuper. C’est l’intrigue de base de n’importe quelle histoire financière que vous pouvez lire dans les journaux tous les jours – le dénouement de l’effet de levier… le décroisement… la conversion descendante de l’économie mondiale.

** Presque toutes les entreprises rapportent des résultats pires que ceux de l’année dernière. Exception faite des monts de piété – ils disent faire 50% de chiffre d’affaires en plus par rapport à 2007. Autre exception, Apple, dont les iPhone ont relancé leurs bénéfices de 26%.

Tous les autres chantent le blues. Les actions chutent dans le monde entier. On a perdu plus d’argent qu’en 1929 – beaucoup plus.

Avant-hier, le Dow Jones a plongé de 231 points, après sa remontée de lundi. Le pétrole a chuté encore plus bas – jusqu’à 72 $, puis 70 $ du jour au lendemain. Le dollar est monté à 1,30 euros. Et l’or a chuté de 16 $ supplémentaires – il est descendu jusqu’à 773 $.

Si vous prêtez de l’argent au gouvernement américain sur 91 jours, vous ne gagnerez qu’1% par an. Et pourtant, tout le monde se précipite. L’argent coule à flot dans les fonds du marché monétaire.

** Il y aura probablement un rebond de la bourse – tout comme en 1929. Il a duré six mois et a ramené les prix non loin de leurs niveaux records. Mais il s’agissait d’un faux rebond. En avril 1930, le cours des actions a de nouveau chuté. Et l’économie s’est elle aussi écroulée.

Il faut du temps pour ces choses-là, cher lecteur. Les hommes d’affaires commencent seulement à comprendre qu’il faut qu’ils réduisent leurs dépenses – et vite. Ils annulent leurs commandes pour des nouveaux équipements, de nouveaux projets et de nouveaux employés.

Puis, après avoir cessé les nouvelles dépenses, ils jettent un oeil autour d’eux pour voir ce dont ils pourraient se passer. Puis ils voient ce boomer d’une cinquantaine d’années, en train de boire son café. Il est fatigué. Il pense déjà à la retraite. Et il leur coûte une fortune.

"Débarrassons-nous de lui" se disent-ils. Puis ils l’annoncent à ce malheureux employé.

La "Chute du Boom" ne va pas aider l’économie à se relever, rapporte le Wall Street Journal. Les boomers étaient à la tête du boom. Ils vont maintenant être à la tête de la chute. Ils vont être forcés de réduire les dépenses. En réalité, ils vont tellement réduire qu’ils vont remettre l’épargne à la mode. Elle va devenir presque tendance.

Mais si les boomers ne dépensent pas, qui va le faire ?

C’est la suite de l’histoire. Paul Krugman et d’autres économistes poussent le Congrès à dépenser.

** Les journaux d’hier annonçaient que les autorités allaient dépenser plus de 700 milliards de dollars pour renflouer les banques.

New York dit qu’il doit faire face à un trou de 13,5 milliards de dollars dans son budget. Sur la côte opposée, la Californie affirme avoir elle aussi un gros trou à boucher dans son budget.

Pendant ce temps, le Congrès sort un nouveau cadeau d’encouragement…dans les 300 milliards de dollars, paraît-il.

Il y a ensuite le gros titre : "la Fed devrait fournir jusqu’à 540 milliards de dollars pour aider les fonds monétaires."

"Le déficit des Etats-Unis est en train de monter en flèche", continue Time.

Les politiques commencent donc à faire ce qu’ils font de mieux – dilapider l’argent. Et ils peuvent dorénavant le faire avec le soutien d’un des économistes les plus populaires du XXe siècle : John Maynard Keynes. Désormais, ils ne sont plus seulement les politiciens graisseux qui distribuent des marchandises volées. Ils sont ceux qui fournissent "l’encouragement" nécessaire à une économie souffreteuse.

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