La Chronique Agora

La Fed, le QE3 et la politique du moins pire

▪ La dernière frasque en date de Bernanke dans le domaine de l’émission de monnaie (40 milliards de dollars par mois, c’est ce qu’a promis le président de la Fed) n’est naturellement pas une mauvaise chose. Même moi, je ne peux la mépriser complètement.

Pourquoi ? Parce que condamner les projets d’émission de monnaie — comme l’assouplissement quantitatif (QE) par exemple — c’est un peu comme condamner le sucre. Tout le monde sait que le goût du sucre est délectable. Mais personne ne sait vraiment quand il y en a trop… en fait, personne ne veut savoir quand il y en a trop.

La sensation de délice est immédiate ; les mauvais effets secondaires sont plus lointains dans le temps. Ceci est une raison suffisante pour que la plupart des gens transforment leur cornet de deux boules de crème glacée en trois boules… ou leur QE2 en QE3. Et cette fois-ci, juste pour le plaisir, le président de la Fed va se laisser aller à un QE3 sans limite, tout comme un enfant laissé sans surveillance se laisserait aller à manger une boîte entière de bonbons et de biscuits.

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Sur le marché des changes, il y a toujours des occasions de profits…
Il suffit de savoir les détecter.

C’est ce que fait notre spécialiste des devises, Jérôme Revillier — et ça ne fonctionne pas si mal : depuis le 23 juillet, ses conseils ont enregistré une progression de +23,12% grâce à 19 gains sur les 25 dernières positions… soit 76% de taux de réussite !

Dans l’ensemble, le portefeuille de son service a vu sa valeur nette croître de 14,55% sur le seul mois d’août… et ça continue : déjà plus de +4,5% de gain en septembre !

Pour ne pas manquer les prochains conseils de Jérôme, continuez vite votre lecture

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On appelle cela un « outil de politique monétaire non conventionnel », cher lecteur, et le président de la Réserve fédérale nous a assuré que cela fait sans doute beaucoup de bien à l’économie… ou du moins « moins de mal ».

▪ Diabète financier
Peut-être bien… mais les mauvais chiffres de l’économie laissent penser que les tactiques non conventionnelles de Bernanke ont également fait « beaucoup de mal ». Autrement dit, si c’est le remède, est-il nécessaire d’endurer la maladie sur une certaine durée ?

Le graphique ci-dessus offre une image instructive de l’oeuvre du président Bernanke. Au lecteur de décider si cette image est « moins mauvaise », « pire » ou quelque part entre les deux.

Mais le terme « bon » ne fait certes pas partie de cette image. Au cours des quatre dernières années, le nombre d’Américains survivant grâce aux bons alimentaires a grimpé de plus de 17 millions, tandis que le nombre d’Américains en activité a chuté de plus de trois millions. En pourcentage, le nombre d’Américains vivant grâce aux bons alimentaires a grimpé de 60% en quatre ans !

Pour ceux qui ne sortent pas de Harvard, ces mauvais chiffres peuvent sembler épouvantables.

Mais à nouveau, comme l’explique le président de la Fed, ils sont moins mauvais qu’ils auraient pu l’être. En fait, selon le site Internet du ministère de l’Agriculture américain, le nombre croissant de personnes vivant grâce à des bons alimentaires est une réussite absolue :

« Le programme SNAP [c’est-à-dire les bons alimentaires] est le seul programme d’avantages sociaux qui sert également à la relance économique. Il a un effet stimulant qui se répercute à travers l’économie lorsque les nouveaux bénéficiaires reçoivent leurs bons alimentaires. En générant de l’activité dans les épiceries du coin, les nouvelles allocations en bons alimentaires déclenchent de nouvelles demandes pour du travail et de la production, ce qui finit par augmenter les revenus des ménages, ce qui provoque des dépenses supplémentaires ».

On voit donc que ce qui semble de prime abord être une mauvaise chose est en fait quelque chose de vraiment génial. Si seulement quelqu’un pouvait trouver comment augmenter le rôle des bénéficiaires des bons alimentaires, l’économie américaine revivrait réellement !

Heureusement, les autorités font de rapides progrès. Au dernier décompte, 46 millions d’Américains étaient sur les listes des bénéficiaires de bons alimentaires. Cela représente plus de 15% de la population américaine.

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