La Chronique Agora

De la Grèce à la Chine, les incertitudes s'accumulent

▪ La Grèce est sur toutes les lèvres. Où que l’on aille, tout le monde en parle…

"L’euro grimpe en flèche face au dollar suite aux signes de soutien de la Grèce par l’Europe".

"Le dollar canadien enregistre sa plus forte hausse du mois, suite à l’annonce d’un soutien à la Grèce".

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Soubresauts du dollar, montagnes russes de l’euro, déboires de la livre sterling, aléas du yen…
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Profitez de la volatilité du marché des changes pour engranger jour après jour des centaines d’euros de gain. Vous verrez, c’est probablement bien plus facile que vous le pensez — il suffit de suivre le mode d’emploi !

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"Les actions américaines remontent grâce aux perspectives grandissantes d’un renflouement de la Grèce".

"Les bons du Trésor chutent face à la perspective d’une aide apportée à la Grèce par l’Union européenne".

"Les bunds allemands chutent suite aux spéculations au sujet d’un soutien de la Grèce par l’Europe".

Il semble que la Grèce ait été responsable de presque tout cette semaine…

Pour l’instant, aucun gros titre n’a établi le moindre lien entre le renflouement de la Grèce et l’énorme tempête de neige à l’est des Etats-Unis. Mais qui sait, ça va peut-être faire les premières pages des journaux de demain.

▪ Le renflouement de la Grèce proposé par l’Allemagne — et un groupe d’autres membres de l’Union européenne qui doit être connu sous peu — pourrait être un événement macroéconomique aussi important que les réactions des marchés financiers le laissent supposer. D’un autre côté, les gros titres sur la Grèce pourraient avoir fourni une excuse très pratique pour ce qui se serait de toute façon produit — des mouvements à court terme, à contre-courant, qui ne signifient rien de particulier. Après tout, les marchés ne font pas toujours zig ; parfois ils font zag.

Par exemple, l’euro a chuté de près de 10% au cours des deux derniers mois. Ne méritait-il pas un léger rebond ? Et les actions américaines ont glissé de près de 8% au cours des deux dernières semaines. Ne méritaient-elles pas elles aussi un léger rebond ?

Peut-être que les marchés vont continuer à rebondir pendant un petit moment. Mais votre chroniqueur ne parierait pas là-dessus. Les graphiques décrivent toujours une Bourse qui "se retourne". De plus, même si nos graphiques étaient bons à mettre dans une déchiqueteuse, l’économie mondiale a toujours l’air un peu tremblante.

▪ Ici, aux Etats-Unis, une étude précise des statistiques concernant le PIB et le chômage révèle une économie loin d’être guérie. En Europe, la "nouvelle haussière" selon laquelle l’Allemagne va renflouer la Grèce est en réalité une nouvelle plutôt baissière (l’Allemagne va-t-elle également renflouer l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Irlande ?). En Asie, pendant ce temps, la Banque centrale chinoise réduit la quantité de crédit accordé à l’économie locale, pendant que l’armée chinoise encourage la Banque centrale à restreindre également le crédit accordé à l’économie américaine.

Eh oui, selon Reuters, "les officiers supérieurs de l’armée chinoise ont proposé que leur pays renforce ses dépenses en matière de défense… et vende également quelques bons du Trésor US pour punir Washington de sa dernière vente d’armes à Taïwan".

"Nos représailles ne devraient pas se cantonner à de simples questions militaires", a déclaré Luo Yuan, chercheur à l’Académie des sciences militaires, à Reuters, "et nous devrions adopter une stratégie de réparties qui couvriraient les affaires politiques, militaires, diplomatiques et économiques pour traiter à la fois les symptômes et la cause profonde de la maladie… Par exemple, nous devrions sanctionner les Etats-Unis en utilisant des moyens économiques, comme par exemple nous débarrasser d’un certain nombre de bons du Trésor US".

Il est probable que la suggestion de Luo Yuan ne trouve aucun soutien à Pékin. C’est probable. Mais sa suggestion souligne néanmoins les arrangements économiques précaires qui soutiennent le monde de la finance moderne. Les investisseurs prudents ne peuvent pas se permettre d’être complaisants.

Même si nous admettons que l’Allemagne va envoyer toute son épargne à Athènes pour boucher le trou de financement de la Grèce, et que la Chine va envoyer toute son épargne à Washington pour boucher le trou de financement de l’Amérique… l’économie mondiale n’est pas un organisme en pleine reprise, contrairement à ce qu’imaginent les analystes de Wall Street.

La Grèce est épargnée… pour l’instant… mais que va-t-il advenir de l’euro ? Que va-t-il advenir de la discipline fiscale qui soutient l’euro et maintient les taux d’intérêt européen assez bas ?

Pour l’instant, les Etats-Unis peuvent respirer eux aussi. Mais que se passera-t-il si Luo Yuan parvient à appliquer sa suggestion ? Que se passera-t-il si les taux d’intérêt américains montent plus haut que ce que leur économie endettée peut supporter ?

Personne n’en sait rien. Mais un marché haussier pour les actions et les obligations ne sera sûrement pas le premier résultat.

C’est pourquoi, en observant le paysage financier mondial, nous voyons beaucoup, beaucoup de raisons de posséder des actifs tangibles comme l’or ou les matières premières. Nous voyons très peu de raisons de posséder des valeurs de croissance et/ou des situations spéciales. Et nous ne voyons absolument aucune raison de posséder des obligations gouvernementales américaines de long terme.

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