La Chronique Agora

Crise économique : une redite de 2008 ? Peut-être pas pour le pétrole…

▪ Qui a dit qu’il n’y a rien de tel que voyager à travers le temps ? C’est qu’on se croirait presque à l’automne 2008. Car les démons de 2008 sont comme ces personnages qu’on peut voir dans les films d’horreur : des monstres qu’on tue et enterre mais qui réapparaissent quelques scènes plus tard.

Qu’arrive-t-il donc ? S’agit-il d’une resucée de 2008 ? Ou bien les choses sont-elles pires qu’en 2008 et nous ne le savons pas encore ? Ah, si nous avions un exemplaire du journal de demain ! Essayons quand même de faire du mieux que nous pouvons avec ce que nous avons.

Commençons par le pétrole. Dans une troublante similitude avec 2008, les prix du pétrole n’ont cessé d’augmenter durant la plus grande partie de 2011. Les prix affichés du pétrole américain ont été bien supérieurs à 100 $ le baril pendant un certain temps. Puis ils ont un peu baissé et se sont situés dans une fourchette allant de 90 $ à 100 $. En août, les prix du pétrole ont brusquement plongé de près de 17% en deux jours, flirtant avec les 70 $. Ils tournent aujourd’hui autour des 85 $ par baril.

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Avez-vous ces cinq valeurs en portefeuille ?

Elles pourraient être la clé des profits en 2011, malgré la crise : solidement, facilement et en toute simplicité. Mettez-les au fond de votre portefeuille, oubliez-les… et rendez-vous en fin d’année pour voir où en sont vos profits !

Tout est là

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A l’évidence, il y a beaucoup d’argent en jeu. Faisons quelques calculs de base. Les Etats-Unis consomment plus de 20 millions de barils de pétrole par jour, tandis que la consommation mondiale dépasse les 90 millions de barils par jour. Par conséquent, grosso modo, une baisse de 10 $ par baril c’est 200 millions de dollars en moins par jour dans la poche de l’industrie pétrolière nationale. Cette même baisse de 10 $ représente également environ 900 millions de dollars en moins pour l’industrie énergétique mondiale, de tout ce qui est lié aux compagnies pétrolières indépendantes aux grands acteurs publics.

Par conséquent, si le prix du pétrole stagne à son niveau actuel pendant encore un certain temps, nous assisterons à une baisse des chiffres d’affaires dans l’industrie de l’énergie et probablement à des résultats nets moins importants également Les producteurs de pétrole ont tendance à ne pas prendre des décisions financières lourdes en se basant sur les fluctuations temporaires des prix et la plupart des dépenses d’investissement actuellement engagées le resteront. Mais quelques entreprises réduiront certainement leurs dépenses lorsque cela leur sera possible. Par conséquent, les fluctuations actuelles des prix du pétrole, brusques et importantes, pourraient faire, le temps passant, une grande différence pour les investisseurs dans le secteur de l’énergie.

▪ Qu’est-ce qui est à l’origine de ces fluctuations ? Commençons par la genèse. Début 2011, les événements au Moyen-Orient — les troubles en Tunisie, en Egypte, au Yémen, etc., ainsi que la guerre civile en Libye — ont contribué à enfler les peurs et les prix du pétrole. Ce dernier a grimpé sur fond d’inquiétude, avec un focus particulier sur le Moyen-Orient, source d’angoisses constantes.

Naturellement, une hausse des prix du pétrole n’est pas une chose tout à fait mauvaise. Des prix du pétrole élevés soutiennent les investissements dans les projets énergétiques, du gaz de schiste aux sables bitumeux en passant par des projets offshore. Avec la hausse des prix du pétrole, nous avons également assisté à une hausse dans les secteurs du pétrole et des services para-pétroliers. Mais récemment, les chutes du marché ont quasiment tout fait baisser.

A présent nous assistons à une hécatombe des actions en Bourse, même pour les valeurs généralement long terme du secteur pétrolier. Une catastrophe boursière à grande échelle a accompli ce que rien d’autre n’aura été capable de faire cette année : faire baisser les prix du pétrole et faire tomber les supports aux valeurs liées dans le secteur de l’énergie. Même la vente — peu judicieuse — par l’administration Obama de pétrole de la Réserve Stratégique de Pétrole américaine, cet été, n’a pas eu un pouillème de l’effet que génère le prix du pétrole avec l’actuel krach boursier.

La chute rapide des prix du pétrole a provoqué des réductions de personnel dans les plus grandes entreprises du secteur de l’énergie — Schlumberger, Baker Hughes, FMC Technologies et d’autres. Les pertes nominales de la valeur des actions semblent catastrophiques aujourd’hui mais, si cela perdure, il y aura des bonnes affaires à profusion dans ce secteur. Vous aurez la probabilité de garnir votre portefeuille avec la crème de la crème.

C’est difficile à dire pendant un effondrement du marché mais n’ayez pas peur d’investir dans le secteur de l’énergie. Les choses s’amélioreront parce que les fondamentaux de ce secteur sont solides. Il ne faut pas oublier que le krach des prix du pétrole n’est pas dû à une hausse soudaine de l’offre mondiale, et encore moins à une chute soudaine de la demande mondiale. Il est plutôt dû à des spéculateurs « déspéculant », sujet que j’aborde ci-dessous.

▪ D’abord, l’offre. La plus grande partie de la production quotidienne mondiale de pétrole provient de champs anciens — certains vieux de plusieurs dizaines d’années et « ne rajeunissant pas », si vous voyez ce que je veux dire. Malgré le recours aux nouvelles technologies grâce auxquelles on extrait un « nouveau » pétrole, l’industrie mondiale doit encore faire face aux mêmes vieux problèmes de tarissement inexorable des gisements.

Du côté de la demande, il n’y a pas non plus de changement négatif significatif. L’économie générale peut aller de mal en pis, et les gens peuvent même organiser des émeutes dans la rue — comme à Londres et ailleurs. Cependant, l’une des dernières choses que les gens font est de réduire leur usage du pétrole. Une fois qu’on s’est habitué à vivre avec le confort de l’essence, du diesel et du kérosène, on ne l’abandonne pas facilement.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a récemment confirmé ce point à propos de l’inélasticité de la demande de pétrole. L’agence vient de publier un rapport établissant que la consommation mondiale de pétrole augmentera en 2011 et en 2012, encouragée par une hausse de la demande dans les pays en voie de développement. Autrement dit, une demande en hausse est intimement liée à la croissance mondiale, peu importe ce qui arrivera aux économies occidentales sclérosées.

Sachant cela, pourquoi avons-nous assisté à une chute des prix du pétrole et à un effondrement des valeurs pétrolières ? Pour l’essentiel, du fait de liquidations massives de positions par des traders et des spéculateurs (en particulier des hedge funds) qui sont pris dans une spirale descendante des prix. Les traders et hedge funds doivent liquider des positions à l’achat juste pour lever des liquidités et couvrir ainsi les appels de marge.

A l’avenir, le secteur de l’énergie est destiné à connaître une reprise. Selon moi, les prix du pétrole repartiront à la hausse, restituant ainsi l’argent qui a fait défaut aux producteurs. Je pense que les prix du pétrole, et les valeurs des actions du secteur énergétique, rebondiront plus rapidement que les autres parties de l’économie et du marché.

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