La Chronique Agora

Les banques centrales, insensibles aux nuances de la déflation

▪ L’erreur fondamentale inhérente à la planification centrale est en train de se répéter en Chine. Wen Jiabao quitte son poste en affirmant à ses collègues qu’un développement « déséquilibré, non coordonné et non durable reste un problème majeur ». Toutefois, les planificateurs chinois s’en moquent bien. Comme le fait observer depuis un certain temps notre collègue Greg Canavan, la bulle immobilière chinoise pourrait être encore plus grande et plus préjudiciable.

Mais un bon apparatchik ne laisse jamais la réalité objective faire barrage à une théorie inaliénable. Au Japon, l’homme à la tête de la Banque du Japon a promis « d’agir » sur la déflation. Haruhiko Kuroda a expliqué aux députés de son pays : « si je suis nommé gouverneur, je ferai le maximum pour vaincre la déflation ». Son programme : l’achat — en masse — par la Banque du Japon d’obligations d’Etat d’une maturité plus longue que trois ans.

M. Kuroda, comme M. Bernanke, semble penser qu’en limitant le choix des investisseurs, on les libérera. C’est-à-dire que si l’on oblige les gens à acheter des actions en abaissant les taux d’intérêt, on les fera d’une certaine façon dépenser plus d’argent. La croyance la plus importante de cette vision du monde est que plus de dépenses est la clé pour une plus grande richesse. Si vous stimulez la demande, le monde deviendra plus riche !

Un problème avec cette croyance — outre le fait qu’elle est fausse — est que le Japon définit la déflation comme une baisse des prix à la consommation. La déflation à laquelle nous pensons tous lorsque nous évoquons la Grande dépression est survenue du fait d’un effondrement d’un système bancaire mondial.

__________________________

« La plupart des informations dont je dispose ne peuvent pas être diffusées dans les médias… Pourtant, certaines pourraient vous permettre de réaliser des gains de 25%… 34,5%… 60%… et bien d’autres encore ».

DECOUVREZ TOUT CE QUE CET INVESTISSEUR NE REVELERA PAS EN DIRECT A LA RADIO !

Découvrez ces informations confidentielles dans une vidéo exclusive…

__________________________

Avec l’effondrement des banques, le niveau des crédits a chuté et la masse monétaire s’est réduite. Les prix à la consommation ont dégringolé parce que la masse monétaire s’était contractée. Cela a conduit au cercle vicieux qui voulait que le cash était devenu si précieux que personne ne voulait ni le dépenser ni l’investir.

Mais la chute des prix à la consommation à elle seule n’est pas un mal pour l’économie. Dans le cas du Japon, nous pensons que la baisse du niveau des prix à la consommation est liée à la productivité, à la technologie et à la démographie. Tout devrait être moins cher lorsqu’on utilise l’énergie avec plus d’efficacité et que les technologies s’améliorent. La marchandisation, c’est une question de baisse des prix.

En termes de démographie, on s’attendrait à ce que les gens qui vieillissent dépensent leur argent différemment, d’une façon qui ne peut pas être mesurée par les indices des prix à la consommation. Une population vieillissante dépense beaucoup plus pour sa santé et beaucoup moins pour faire garder les enfants. Si le Japon est confronté à un problème de dépenses, c’est parce qu’il a un problème démographique : il est vieux.

▪ Les nuances sont importantes…
Ceux qui souhaitent détruire la déflation n’ont que faire de toutes ces nuances. Dans l’empire mondialisé de la monnaie fiduciaire, la déflation doit toujours être détruite. « En outre », comme Caton l’Ancien concluait systématiquement tous ses discours devant le Sénat, « je pense qu’il faut détruire Carthage ». En latin, Carthago delenda est.

A la fin de la troisième Guerre punique, les Romains finirent par détruire Carthage. Leur ennemi par delà la Méditerranée fut soumis au traitement normal d’un empire victorieux. La population, quelque 50 000 prisonniers à la fin de la guerre, fut vendue comme esclave et les riches terres agricoles autour de la ville furent réparties entre les citoyens de l’empire.

Pour les banquiers centraux, la déflation signifie que le prix des actions ne grimpe pas. Si le prix des actions n’augmente pas, le public ne croira plus que les politiques monétaires non conventionnelles sont efficaces, voire conçues à leur avantage. Pour perpétuer la confiance dans la monnaie fiduciaire, il est nécessaire que les prix ne cessent de grimper, parce que des prix en hausse sont souvent confondus avec une augmentation de la richesse.

Oui. Il faut détruire la déflation. Même si cela signifie détruire les classes moyennes, anéantir leur épargne et déclencher une nouvelle ère de hausse des prix, de hausse du chômage et d’instabilité sociale.

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

Quitter la version mobile