Alors que le Moyen-Orient se rapproche d’une nouvelle escalade et que les dirigeants américains vendent leurs actions à un rythme rarement observé, les marchés continuent de faire comme si de rien n’était. Dans ce climat explosif, Trump Media entend désormais monnayer quelques millisecondes d’avance sur les messages du président, un privilège capable de valoir des milliards à Wall Street.
Quelle que soit la teneur de l’actualité géopolitique au cours des prochaines heures ou des prochains jours, certains opérateurs se préparent à profiter de tous les coups de théâtre d’une façon « très particulière ».
Et il risque de se passer beaucoup de choses dans le golfe Persique, si l’on en juge par l’ordre donné par la France et l’Allemagne d’évacuer leurs diplomates du Koweït, de Bahreïn, du Qatar et de l’Arabie saoudite. Les États-Unis ont aussi conseillé à leurs citoyens de quitter le Moyen-Orient.
Durant le week-end, des milliers de civils ont fui Dubaï — six grandes écoles ont déjà fermé temporairement — alors que le Conseil de sécurité iranien vient de publier une liste de cibles aux Émirats arabes unis qu’il prévoit de frapper.
Ces six derniers jours, l’Iran a détruit sept usines de dessalement au Koweït… et maintenant, tout le monde pense que Dubaï sera la prochaine cible.
Les principales cibles des Gardiens de la révolution islamique seraient en effet l’aéroport international de Dubaï et les usines de dessalement des Émirats arabes unis.
De nombreux indices concordants, repris sur les chaînes israéliennes et iraniennes — sans parler des dernières déclarations de Trump, qui menace de déchaîner les enfers —, laissent penser qu’une escalade militaire massive est en préparation.
Et certains attendent les prochains posts de Trump avec impatience. Ils ont de bonnes raisons pour cela.
En effet, le FT rapporte que Trump Media entend facturer jusqu’à 100 000 $ par mois aux banques et aux sociétés de trading pour leur permettre d’accéder plus rapidement aux posts de Trump sur Truth Social, avec une milliseconde d’avance sur les agences de presse et le grand public, grâce aux flux à faible latence de l’API Truth.
Trump ne vend pas un délit d’initié, mais simplement la possibilité de placer ses ordres dans le bon sens… avant 99,9 % des intervenants.
Une milliseconde, pour les LLM qui analysent les communiqués publiés sous forme numérique et pour les systèmes de trading à haute fréquence, c’est presque une éternité. Et cela ne date pas d’hier puisque, depuis deux décennies, l’IA lexicale et contextuelle fait déjà partie des outils des cadors de Wall Street, notamment depuis l’invasion de l’Irak.
À l’échelle du high-frequency trading, qui dilate littéralement le temps pour ceux qui l’exploitent de la façon la plus efficace, un éclair zébrant le ciel en un clin d’œil remonterait en réalité du sol au ralenti, de 9 heures du matin jusqu’à midi, puis resterait quasiment immobile durant des heures avant de s’estomper doucement.
Vous auriez le temps de le dessiner, de colorier les nuages, d’aller déjeuner, de prendre un café, puis un deuxième, avant de reprendre votre ouvrage et d’ajouter des éléments de décor. Sa luminosité commencerait ensuite à faiblir très lentement, vous laissant le temps de fignoler les derniers détails avant de rendre votre travail à 17 heures.
Pour filer la métaphore, l’éclair, c’est le post de Trump. Entre 9 heures et 10 heures, les LLM le décryptent. À midi, la stratégie de trading est optimisée. Entre 13 heures et 17 heures, les ordres sont répartis sur tous les marchés et toutes les plateformes, tandis que les stops de protection encadrent déjà les fourchettes avant même qu’elles commencent à bouger.
Une milliseconde plus tard, ceux qui n’auront pas payé se retrouveront comme un parieur tentant désespérément de changer ses mises à la roulette alors que le croupier vient de crier : « Rien ne va plus ! »
Arriver une milliseconde trop tard, c’est déjà être en retard de plusieurs milliards de dollars de gains potentiels dans le grand casino boursier !
Et les grands gagnants le devront à Trump, qui exploite une faille juridique. Monnayer un minuscule temps d’avance — un avantage en réalité exorbitant — auprès d’une certaine catégorie d’opérateurs, pour une même donnée à caractère public, n’est pas un délit.
Ce dispositif sera certainement contesté au nom du non-respect du principe d’égalité de traitement entre les intervenants… mais, tant qu’il ne sera pas interdit par une décision de justice, certains vont se gaver sans vergogne sur le dos de ceux qui n’ont pas accès à la file « embarquement accéléré » du bon avion.
Et le plus vertigineux, c’est que, si l’affaire n’avait pas été rendue publique, qui se serait rendu compte — à part les algo-traders à haute fréquence — que certains avaient le temps de prendre toutes les bonnes dispositions avant même que leurs concurrents ne commencent à se placer, à 00 h 00 min 01 s ?
Personne n’est dupe. Ce privilège réservé aux grands noms de Wall Street vise directement à créer une nouvelle source de revenus pour Trump, par l’intermédiaire de sa société de médias, déficitaire depuis des années.
La mise de départ de 100 000 $ — qui peut paraître élevée — est amortie en un clin d’œil pour des firmes capables de brasser des milliards de dollars en actions, ETF et options en quelques centièmes de seconde.
Mais ce que chacun pressentait depuis le début du mois d’avril, au vu des prises de position short massives précédant les communiqués de Trump, est désormais confirmé par le WSJ.
Et, pour en terminer avec les « initiés », les dirigeants d’entreprises américaines vendent de plus en plus leurs propres actions.
Les ventes d’actions réalisées par des initiés d’entreprises ont augmenté de 20 % sur un an au premier semestre 2026, pour atteindre 77,6 milliards de dollars. Il s’agit du total semestriel le plus élevé depuis le premier semestre 2021. Il s’agit également du deuxième montant semestriel le plus important enregistré en plus de vingt ans.
À titre de comparaison, les achats réalisés par des initiés n’ont totalisé que 6,9 milliards de dollars sur la même période, soit à peine plus que le plus bas en sept ans de 6,7 milliards de dollars enregistré en 2025.
En d’autres termes, les dirigeants d’entreprises ont vendu plus de onze actions pour chaque action achetée au cours des six premiers mois de l’année.
Cette évolution intervient alors que les initiés se montrent de plus en plus préoccupés par les risques géopolitiques, les valorisations élevées et la pérennité des dépenses consacrées à l’IA.
L’Iran a annoncé officiellement et formellement que le mémorandum d’accord d’Islamabad conclu avec les États-Unis « est mort ».
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, déclare que l’Iran suspend tous ses engagements avec effet immédiat et n’en mettra aucun en œuvre, après que les États-Unis ont, selon lui, « violé et suspendu tous leurs engagements » en premier lieu. Le pays se concentre désormais uniquement sur sa défense, selon Tasnim.
Gharibabadi déclare que l’Iran « n’entamera jamais de négociations avec les États-Unis, quelles que soient les circonstances ».
Le prix du baril de Brent refranchit les 91 $ — soit une hausse de 30 % depuis le 2 juillet —, tandis que celui du diesel flambe à 150 $. Même Goldman Sachs admet que les stocks mondiaux de fioul se situent à un niveau critique. Le monde se trouve peut-être à moins de quinze jours d’une pénurie.
La réaction des futures à leur réouverture, lundi à minuit ?
Rien !
Et à l’ouverture officielle ?
Le CAC 40 et l’Euro Stoxx affichent respectivement -0,05 % et +0,05 % !
Zéro variation, nada, circulez, il n’y a rien à voir !
L’explication ? Trump va certainement publier un communiqué sur Truth Social avant la réouverture de Wall Street pour affirmer que l’Iran bluffe et le supplie secrètement de ressusciter le MOU !
Du coup, qu’est-ce qui pourrait faire dérailler ce rallye haussier frelaté ?
