La Chronique Agora

Volatilité, rapidité : un marché excessif qui va de plus en plus vite

▪ Ces derniers temps, nous vivons des journées historiques sur les indices et les actions. J’ai rarement vu une telle volatilité sur les marchés depuis 2008/2009 — et ce qu’il s’agisse des marchés américains ou européens. En effet, sur le CAC 40 par exemple, nous venons de vivre la plus longue série de baisses consécutives et, dans le même intervalle, la chute la plus vertigineuse en si peu de temps. Ce n’est pas quelque chose que je dis souvent, mais s’il y a bien un moment où il y a des opportunités sur les marchés, c’est en ce moment !

Ce marché est difficile, épuisant nerveusement, très excessif ces derniers jours. C’est pour cela qu’en tant que trader, vous n’avez d’autre choix que de vous en remettre à l’analyse technique, à suivre votre méthode et votre scénario. Si je pense que nous avons atteint un pic de volatilité à court terme, je crains que celle-ci reste forte. Ce qui veut dire qu’il y aura de nombreuses opportunités, à court terme, sur les actions comme sur les indices.

▪ Des vacances en août ? Plus jamais !
Bon, supposons que vous êtes parti en vacances pendant deux ou trois semaines. Vous êtes rentré ce week-end, peut-être même hier soir. Bonne surprise en revenant, n’est-ce pas ? En même temps, prendre des vacances fin juillet ou début août, quelle idée ! Un collègue me disait début juillet : « ah ! Tu bosses en juillet/août ?! Tu vas être tranquille, veinard ». Tu parles…

En ce moment, le marché va à une vitesse phénoménale ! Par leur intensité, les journées me paraissent des semaines voire des mois. En une journée, le Dow Jones peut gagner ou perdre 500 points, le CAC peut faire 8% entre son plus haut et son plus bas. Je ne décolle pas de mes écrans. Si mon téléphone sonne dans la journée, je ne réponds plus, je n’ai pas le temps. Je me concentre à 200% sur le marché car tout va très vite en ce moment et il ne faut rien rater, il faut être le plus réactif possible.

Mais revenons à ces derniers jours. Vous rentrez de vacances donc et vous découvrez que le CAC a perdu plus de 25% et le S&P 15%. Vous vous dites que c’est n’importe quoi ; vous n’avez peut-être pas tort. En effet, que s’est-il passé ces dernières semaines qui puisse justifier un tel mouvement ? Une bombe atomique ? La faillite des Etats-Unis ? De l’Italie ? De la France ? Tout cela en même temps probablement pour justifier une telle baisse.

Eh bien non, rien de tout cela. Certes, nous avons eu la dégradation de la note américaine il y a quelques jours, mais la majeure partie de la baisse du marché s’était déjà faite avant et les cours avaient, en grande partie, intégré la nouvelle avant qu’elle n’arrive. D’ailleurs, depuis cette annonce, il n’y a pas eu de tensions sur les taux américains ou encore sur le dollar — qui au contraire commence à se reprendre… Les actifs américains semblent toujours faire partie des actifs les plus sûrs…

Avec l’été, les mouvements sont souvent excessifs sur les indices. Mais jamais nous n’avons eu de mouvement de cet ordre-là ! Certes la situation économique est mauvaise, le ralentissement économique est là, mais cela n’a pas changé depuis un mois ou deux. Ce qui a changé, c’est la mentalité des investisseurs.

▪ Un peu de recul sur ce qui s’est passé
Voyons donc ce qu’il s’est passé. Pas uniquement sur ces deux dernières semaines. Revenons tout d’abord quelques semaines, quelques mois en arrière — une éternité en ce moment ! — pour bien resituer les choses. Nous pourrons alors essayer d’y voir plus clair sur les mouvements que l’on peut attendre à court terme.

Fin février, j’indiquais que je voyais, sur le VIX et sur les indicateurs de sentiments des marchés américains, qu’un nouveau krach était possible dans les semaines suivantes. Puis, fin avril, je pensais que le S&P avait probablement touché son point de retournement à 1 370 points. Ce fut le plus haut du mois de mai… et de l’année pour l’instant !

Alors que le consensus était presque unanimement haussier… de mon côté, tout m’indiquait qu’une correction significative était à prévoir — même si j’avoue qu’elle a été plus importante que je ne l’attendais. Nous étions alors sur des zones de résistances importantes sur les indices et je prenais alors des positions baissières pour mes abonnés car tous les éléments techniques m’indiquaient ce type d’opportunités.

Le 25 juillet, j’étais également très négatif sur l’Eurostoxx 50, que je voyais buter contre les 2 790 points et revenir sur les 2 500 voire les 2 440 points. J’avais là aussi pris des puts (positions baissières) sur des Turbos. Mes objectifs de baisse ont été atteints, puis dépassés — jusqu’à faire un excès baissier ces derniers jours.

Oui, encore une fois, cela va peut-être vous étonner, mais là où l’analyse technique est la plus intéressante, c’est pour reconnaître les excès à court ou moyen terme. C’est là que les meilleures opportunités se présentent sur le marché : quand nous sommes dans l’excès. Alors quand j’ai vu de forts signes d’essoufflement en février ou en mai (excès haussier, nous étions effectivement sur les plus hauts) j’ai décidé de vendre le marché et pris des puts.

J’ai bien conscience que cela peut être stressant et qu’il faut pas mal de self-control, mais c’est quand on est sur de telles zones de support majeur, après une chute historique, qu’il faut acheter le marché. A chaque édition spéciale du 20h ces derniers jours, votre voisin vendait toutes ses actions : on a perdu pas moins de 30% en ligne droite. C’est exactement l’inverse qu’il faut faire. Je sais que ce n’est pas facile. C’est pour cela qu’en bon contrarien, il faut faire preuve de bon sens tout en vous appuyant sur vos signaux techniques.

Par ailleurs, les valorisations des sociétés sont vraiment à des niveaux aberrants. Certes, je ne suis pas vraiment un adepte du PER. Mais j’ai bien étudié l’analyse financière et je sais que quand certaines valeurs du CAC sont à des plus bas historiques avec des PER de 4 et des valorisations qui ne représentent même pas les actifs de la société, il y a de quoi s’interroger.

Attention, je ne dis pas que tout est bon marché en ce moment. Ce n’est pas du tout ce que je pense. Pour l’instant, nous ne sommes que dans un rebond à court terme. Même si les excès ne sont jamais bons, ils nous donnent pourtant à chaque fois des opportunités.

Première parution dans le Billet du Trader du 15/0/2011.

 

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