La Chronique Agora

Riche d'ici l'été avec l'or et l'argent-métal (2)

▪ Croissance américaine illusoire et assouplissement quantitatif influent sur l’or, disions-nous hier — ci-dessous, la suite… et quelques conseils supplémentaires.

▪ Encore une consolidation presque avortée de l’or
Si vous lisez ces lignes, vous ne faites pas partie de ces girouettes hyperactives qui se mettent à douter à la moindre brise contraire. Vous m’épargnez les sempiternelles jérémiades et e-mails affolés du genre "l’or baisse, pitié ! Parlez-moi"…

L’or a baissé. Pas assez à mon goût, alors que je me tenais à l’affût, les yeux brillants, la langue sur la poitrine prête à charger la mule ; mais j’attendais un cours bien plus avantageux. Voyons un peu où nous en sommes, avec ce nouveau point bas.

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Une façon de mesurer la vigueur d’un marché haussier se mesure à l’ascension des différents points bas successifs. S’il n’y a plus de points bas, ou bien si leur alignement montre une progression trop forte, nous sommes dans une bulle. Voici les récents points bas de l’or depuis le début de cette crise financière. Cette consolidation fut donc beaucoup moins violente que celles de juillet 2009 et juillet 2010.

N’oubliez pas : l’or fait toujours semblant de fondre durant l’été. Mais c’est pour mieux revenir sur le devant de la scène à l’automne. Mais cette consolidation fut un peu plus violente que celle de janvier dernier. Bref, normale…

Les détracteurs de l’or (ce sont les mêmes qui pensent que l’économie se pilote, que tout va toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, que l’Etat-Providence s’occupe de tout, que le citoyen n’a qu’à se laisser gentiment tondre pour le plus grand bien commun sans émettre aucune critique) étaient tout émoustillés car des gens avaient vendu de l’or ! Ces gens, ce sont les amateurs d’ETF (exchange traded funds), émetteurs de certificats basés sur une réserve d’or physique.

Une sortie d’or de 3% ! Les fonds spéculatifs avaient réduit leurs positions de façon massive. Du jamais vu, la bulle allait éclater…

Enquête faite, il s’agissait d’un seul et unique acteur : SHK Asset Management, dirigé par Daniel Shak. "Ce fonds aurait acquis pour 850 millions de dollars de contrats sur l’or — soit l’équivalent de la production aurifère annuelle de l’Afrique du Sud ! — alors qu’il ne gérait que 10 millions de dollars. Ses positions représentaient près de 10% du marché à terme américain. Les autres investissements de Daniel Shak se sont avérés si peu judicieux que SHK Asset Management a dû mettre la clé sous la porte fin janvier dernier. Le fonds a donc vendu, en urgence, toutes ses positions sur l’or", résume très bien ma collègue Cécile Chevré.

Comme d’habitude, nous avons vu probablement à l’oeuvre le call de Beijing. Dès que l’or est revenu à un niveau jugé acceptable par nos camarades capitalistes, ils l’ont ramassé. Eux sont contaminés par l’inflation (hausse des prix ET des salaires) que leur envoie Ben Bernanke avec ses dollars tout frais imprimés. Ils poussent leurs concitoyens à acquérir de l’or physique. La Chine possède de telles réserves monétaires que même si elle achetait TOUTE la production annuelle mondiale (2 000 tonnes) elle n’aurait que 50 milliards de dollars en or à comparer à ses 2 700 milliards de dollars de réserves en devises.

Elle prévoit d’en acheter juste 800 tonnes par an d’ici cinq ans : un tiers de la production mondiale. Vous connaissez beaucoup de marchés où il y a déjà un client pour un tiers de la production mondiale tous les ans durant cinq ans. Ce n’est pas ce qu’on appelle de la visibilité ça ? Et en plus, je vais vous dire : si le cours de l’or décuple, tout le monde s’en fout ! — Sauf nous, bien sûr. Ce que je veux dire par là, c’est que si l’or était à 10 000 $, l’économie ne s’arrêterait pas. La vie continuerait. Ce n’est pas comme si le baril de pétrole passait à 500 $…

▪ L’argent et les minières vont aussi embrayer sur la hausse de l’or
De nouvelles rumeurs sur le manque d’argent physique commencent à agiter les marchés. Peu importent les fondements, dans la hausse ultime de l’or, l’argent se réveillera aussi.

Le problème de l’argent, c’est qu’il est moins purement monétaire que l’or. Il a aussi une demande industrielle qui se trouvera gênée par la hausse et fournira une variable d’ajustement. Mais les Chinois et les Américains sont ultra-haussiers sur l’argent et croyez-moi, cela fait du monde ! Leur objectif : un retour au ratio de 20 (une once d’or achète 20 onces d’argent) en cas d’apparition d’inflation incontrôlable. En attendant, durant cette consolidation l’argent a retrouvé sa vielle manie : il a cédé plus de terrain que l’or. Le ratio est actuellement supérieur à 45.

Quant aux minières, 2011 est une année historique : pour la première fois, le prix de production moyen va atteindre 1 000 $ l’once. Ce prix inclut l’extraction (594 $ l’once) mais aussi l’exploration et les frais de développement des nouvelles mines. Les jeunes minières — dont les frais de structures sont plus faibles, qui affichent des réserves en progression car elles recueillent les fruits de leur exploration — devraient donc nous offrir un excellent effet de levier cette année.

Pour une fois, soyez sage : décidez d’être riche avant l’été. Achetez de tout : or, minière et argent !

 

[Simone Wapler est analyste, journaliste et ingénieur de formation. Elle a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux, Les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs industrielles, les matières premières, les énergies, l’or, les minières Simone Wapler est passionnée par les investissements "tangibles" et c’est ce qu’elle met chaque semaine au service des abonnés de L’Investisseur Or & Matières. Elle est rédactrice en chef du magazine MoneyWeek, et analyse chaque mois le secteur aurifère dans la lettre d’investissement Vos Finances, dont cet article est extrait.]

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