La Chronique Agora

Les NFT, nouvelle lubie des marchés

NFT

Pas une semaine ne se passe sans qu’une nouvelle folie apparaisse sur les marchés boursiers. Après les SPAC et autres Nikola, c’est au tour des NFT – les non-fungible tokens – d’enflammer les foules.

Encore une semaine insensée de passée… avec toujours plus de mystères exotiques et de merveilles monétaires modernes. Aujourd’hui, nous nous intéressons aux NFT… les non-fungible tokens, ou « jetons non-fongibles ».

« Non-fongible » est une manière de dire qu’ils sont uniques en leur genre. Quant à « jeton » cela signifie… eh bien… qu’ils ne sont pas nécessairement quoi que ce soit de concret.

Ah, au passage, la « blockchain » est impliquée aussi.

Le token est placé sur la blockchain, où il sera en parfaite sécurité ; vous n’aurez pas à vous inquiéter qu’il soit volé… s’il y avait quelque chose à voler.

NFT et basket-ball

C’est là que les choses deviennent intéressantes, parce qu’on peut « tokeniser » à peu près n’importe quoi.

Vous pourriez prendre une photo de vous en train de faire le clown dans votre jardin, par exemple, et la mettre sur la blockchain. Devenue NFT, elle y restera alors éternellement… comme une alliance perdue reposant au fond de l’océan.

Le plus souvent, les NFT ont une dimension iconique. Une entreprise prend une image, par exemple – disons de LeBron James en train de réussir un panier – et la transforme en NFT.

Notez qu’il peut y avoir des millions de photos de LeBron James marquant le même panier… et la même photo que celle qui est devenue votre NFT. Mais vous… et seulement vous… possédez la version tokenisée, cryptée et blockchainée, avec votre numéro dessus.

Dans notre chronique d’aujourd’hui, nous n’essaierons pas de définir ce que tout cela vaut – parce que la réponse est évidente : personne n’en a la moindre idée.

Notre sujet aujourd’hui est simplement l’absurdité… la bizarrerie… et les merveilles stupéfiantes des dernières phases d’une ère de bulle.

Une chute des rendements obligataires ?

La semaine dernière, par exemple, on trouvait ce titre sur MarketWatch :

« Le Nasdaq grimpe de 3% alors que la chute des rendements obligataires nourrit le rebond des technos ; le Dow repasse au-dessus des 32 000 points. »

Une chute des rendements obligataires ? Vraiment ?

Une petite vérification nous montre que le rendement des bons du Trésor à 10 ans a chuté de 1,59%, le 8 mars, à 1,55% le 9. Le fait que cette chute de 0,04% en une séance déclenche un bond de 3% du Nasdaq est déjà passablement cinglé.

Mais lorsque la monnaie tourne mal, c’est tout le système qui perd un peu la boule.

L’action Tesla (TSLA), par exemple, a grimpé de près de 20% en une séance la semaine dernière  – ajoutant plus de 100 Mds$ à la valeur de la société. Peut-être que les investisseurs imaginaient de quelle façon un déclin de 0,04% dans les taux de financement automobile allait déclencher des millions de nouvelles ventes !

Plus probablement, ils anticipent toutes les nouvelles berlines de prestige que les gens achèteront avec l’argent des chèques qu’ils touchent du gouvernement…

Et plus probablement encore… ils savent qu’une bonne partie de cet argent sera utilisé pour acheter des actions Tesla.

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

Quitter la version mobile