La Chronique Agora

L'euro n'a pas dit son dernier mot

▪ Une petite journée de repos pour les marchés hier : pas de statistiques économiques notables… mais c’est sans doute reculer pour mieux sauter, étant donné que l’actualité sera chargée en cette fin de semaine !

Après le feu d’artifice de la journée de lundi, la hausse a donc marqué une petite pause. Le CAC 40 termine toutefois au plus haut depuis un mois, en repassant le seuil des 3 800 points : il a grimpé de 1,12% à 3 811,92 points.

De l’autre côté de l’Atlantique, la journée était également dans le vert — mais plus pâle : le Dow Jones a grimpé de 0,02%, à 10 439 points. Le Nasdaq a pris 0,52% pour rejoindre les 2 286 points. Et le S&P 500 s’est hissé jusqu’à 1 121 points, soit une hausse de 0,51%.

Nous verrons bien ce que nous réservent les chiffres des prochains jours…

▪ En attendant, l’euro était plus intéressant à observer hier. La monnaie unique a effectué une jolie remontée alors que s’ouvrait un nouvel acte dans la tragédie grecque qui nous tient en haleine depuis des semaines : celui de la contrition.

La Grèce a en effet annoncé toute une série de mesures qui devraient l’aider à faire passer son déficit à 8,7% cette année : "l’augmentation des taux de TVA, des taxes sur les alcools, tabac, carburants et sur les signes extérieurs de richesse. [Le gouvernement] pourrait aussi annoncer de nouvelles coupes salariales dans la fonction publique et le gel des retraites, ainsi que la suppression ou la réduction du quatorzième mois pour les fonctionnaires", expliquait La Tribune ce matin.

Eh oui : quand on a trop dépensé, il faut ensuite éponger ses dettes et rééquilibrer ses finances. C’est nettement moins amusant que dépenser de l’argent qu’on n’a pas pour des choses dont on n’a pas besoin… mais c’est aussi beaucoup plus sain. Et regardez bien ce qui se passe en Grèce… parce que c’est ce qui attend une bonne partie des pays occidentaux dans les années qui viennent.

Quoi qu’il en soit, ces déclarations d’intention ont bien rassuré les marchés quant au sort de l’euro ; il a repris de la vigueur, passant au-dessus des 1,35 $. Rien n’est joué, toutefois. Les bonnes résolutions, c’est bien… encore faut-il qu’elles soient suivies d’effets !

Ceci dit, la faiblesse de l’euro n’était peut-être pas due uniquement aux soucis grecs… mais à une volonté parfaitement maîtrisée : il y aurait en effet eu collusion, en février, entre plusieurs hedge funds pour faire chuter la devise européenne.

Voilà ce que nous en dit L’Agefi : "selon des sources concordantes, le département de la justice américaine a demandé aux hedge funds de ne pas détruire leurs relevés d’opérations de trading impliquant des transactions sur l’euro. Les paris pris par des fonds de couverture sur l’euro au mois de février pourraient être sévèrement réprimés par les autorités américaines. La requête a été adressée aux plus importants fonds d’arbitrage tels que SAC Capital Advisors, Greenlight Capital, Soros Fund Management et Paulson & Co, qui se sont réunis le 8 février dernier au cours d’un dîner à New York. Le Wall Street Journal avait révélé que suite à ce repas, les spécialistes avaient décidé de faire chuter la monnaie unique à grands renforts d’instruments optionnels à levier".

L’industrie financière, ou comment faire en sorte de fausser le marché encore plus que les autorités politiques… Mais gardez un oeil sur l’euro, cher lecteur : il n’a pas encore dit son dernier mot !

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