La Chronique Agora

Les élites roulent en Benz

On déballe tout sur les outils Internet, les escroqueries d’initiés agissant de l’intérieur, l’hégémonie militaire et bien plus encore…

« Des représentants du gouvernement voulaient qu’Amazon retire de son catalogue en ligne les livres contenant des « informations erronées » concernant la sécurité et l’efficacité des vaccins contre la Covid, soit tout ce qui remet en cause la propagande pro-vaccinale du gouvernement. » – Ron Paul

Commençons avec ce rapport du American Conservative :

« ’Le journalisme américain est-il en voie d’extinction ?’, c’est la question posée en une de l’Atlantic. Les chiffres sont épouvantables. Les nouvelles les plus sinistres nous viennent du Los Angeles Times, journal le plus influent de la côte Est. Il a annoncé le licenciement de 115 personnes, soit plus de 20% de sa salle de rédaction. En juin dernier, le Times a réduit son effectif de 74 personnes. Depuis 2005, près de 2 900 journaux ont fermé ou fusionné.

Le Sports Illustrated a des ennuis. Le Washington Post, NBC News, ABC News, CNN, NPR, Vice, Vox et BuzzFeed, parmi tant d’autres, se sont séparés de centaines de journalistes au cours de l’année écoulée. (L’auteur de l’article de l’Atlantic a lui-même été licencié du Post). La presse papier et numérique subissent des pertes d’emplois, et les organismes de radiodiffusion et d’information ont connu une croissance de 50% en 2023. »

Pourquoi y a-t-il une telle réduction d’effectifs chez les médias grand public ? Est-il possible que les consommateurs ne veulent plus vraiment payer pour de la propagande ?

Main dans la main

Il est évident que les médias, l’industrie de l’armement américain et le gouvernement agissent main dans la main. Ce sont là les armes de la caste dirigeante des Etats-Unis : les riches, les instruits et ceux qui ont du pouvoir, auxquels s’ajoute l’élite, ont pris leurs distances avec le « peuple » qu’ils sont censés servir. Aucune théorie du complot n’est nécessaire pour l’expliquer : leurs intérêts… et l’intérêt des « masses » divergent tout simplement. Les personnes qui ont du pouvoir ont tendance à vouloir toujours plus de pouvoir. Et comme l’avait fait remarquer Eisenhower en 1961, ils ont très vite exercé une « influence injustifiée » sur la politique publique pour en obtenir.

Les riches sont différents. Ils ont plus d’argent. Plus de pouvoir. Plus d’influence. Peut-on leur en vouloir de chercher à contrôler le gouvernement et l’utiliser pour leurs propres avantages ?

Les élites, déjà au sommet, visent essentiellement à se protéger en freinant l’innovation et la compétition. Ils contrôlent les deux partis politiques, par exemple, et refusent que d’autres viennent butiner. Mais le reste de la population se porterait bien mieux dans une société ouverte, dynamique, où ils pourraient s’occuper de leurs affaires sans les coûts et contraintes imposés par les fédéraux.

Cette divergence explique en grande partie les dépenses excessives des Etats-Unis, sa dette gangrénée et sa convoitise pour les guerres à l’étranger. Ce sont toutes des manières évidentes grâce auxquelles les initiés, agissant de l’intérieur, se transfèrent plus d’argent et de pouvoir à eux-mêmes. Ce qui est moins évident, et qui sera le sujet du jour, c’est la proportion dans laquelle le pays est déjà devenu, dans les faits, une dictature militaire.

C’est là l’accusation portée par M. Mike Benz. Il ne dit rien de plus que ce que nous avons déjà dit. Mais il est allé un peu plus loin. Les Etats-Unis ne risquent pas seulement d’être pris en charge par une forme de gouvernement d’initiés, le gouvernement fédéral ayant déjà été capturé. C’est une affirmation explosive qui, si elle est vraie, bouleversera des centaines d’années de progrès, dans lesquelles les combattants étaient censés servir les autorités civilisées, et non l’inverse.

Les outils Internet

Et il a peut-être raison. Les décideurs sont sélectionnés, plus ou moins, non pas par les électeurs, mais par les partis politiques, les médias et l’industrie de l’armement. Ils décident de quand on entre en guerre et contre qui, combien les fédéraux vont dépenser… et, indirectement, d’où ils vont obtenir ces financements.

Selon M. Benz, directeur de la Fondation for Freedom Online, l’un des moyens de contrôler le flux d’idées consiste à utiliser les outils Internet les plus récents. Benz affirme :

« Google en est un très bon exemple. Google est née d’une subvention de la DARPA (ndlr : agence du département de la Défense des Etats-Unis chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire) accordée à Larry Page et Sergey Brin alors qu’ils étaient doctorants à Stanford. Ils ont obtenu leur financement dans le cadre d’un programme conjoint de la CIA et de la NSA visant à déterminer comment les ‘oiseaux d’une même plume se rassemblent en ligne’ par le biais de l’agrégation des moteurs de recherche. Un an plus tard, ils ont lancé Google et sont devenus des entrepreneurs militaires. Un an plus tard, ils ont lancé Google et sont devenus des entrepreneurs militaires. »

A partir de là, il n’y a eu qu’un saut jusqu’à ce que Google fasse pleinement partie du programme de l’Etat profond. Au début, on considérait généralement que Google aidait les mouvements d’indépendance – tels que le célèbre Printemps arabe – à libérer leurs pays de dirigeants dictatoriaux ou rétrogrades.

A l’étranger, la CIA et d’autres agences de renseignement américaines truquaient les élections et tiraient les ficelles depuis longtemps. Benz rappelle les explications de George Keenan, alors directeur de la CIA :

« Ecoutez, c’est un monde vieux et cruel là-dehors. A la CIA, nous venons de truquer les élections italiennes [de 1948]. Nous devions le faire parce que si les communistes avaient gagné, il n’y aurait peut-être plus jamais d’élections en Italie, mais c’est vraiment efficace, les gars. Nous avons besoin d’un département d’escroquerie pour pouvoir faire cela dans le monde entier. Il s’agit essentiellement d’un nouveau contrat social que nous établissons avec le peuple américain, car ce n’est pas la façon dont nous avons mené la diplomatie auparavant… »

Un plus grand danger

Mais après l’élection surprise de Donald Trump, les initiés ont commencé à voir qu’il n’y avait pas que les électeurs italiens qui n’étaient pas dignes de confiance. Benz atteste :

« Le Russiagate est mort en juillet 2019 lorsque Robert Mueller s’est étouffé à la barre pendant trois heures et a révélé qu’il n’avait absolument rien. Après deux ans et demi d’enquête… ils ont pris toute cette architecture de censure, couvrant le DHS, le FBI, la CIA, le DOD, le DOJ, puis les milliers d’ONG financées par le gouvernement et les entreprises mercenaires du secteur privé ont tous été fondamentalement transposés d’un prédicat étranger, d’un prédicat de désinformation russe à un prédicat de démocratie en disant que la désinformation n’est pas seulement une menace lorsqu’elle vient des Russes, c’est en fait une menace intrinsèque pour la démocratie elle-même. » 

Vous comprenez ? La menace ne réside pas seulement dans le fait que les élections à l’étranger pourraient ne pas se dérouler comme le souhaitent les élites. Les élections nationales peuvent également échouer. Le plus grand danger pour les Américains ordinaires est une crise de la dette, suivie de défauts de paiement, de dépression et d’inflation. Mais le plus grand danger pour le pouvoir en place est une interruption soudaine des dépenses financées par le déficit, de l’argent facile, des gains boursiers, des emplois luxueux, des contrats, des postes d’administrateurs et autres gâchis gouvernementaux.

Supposons, par exemple, qu’un « candidat de la paix » soit élu président ? Supposons qu’il utilise sa fonction pour présenter un argumentaire logique et convaincant en faveur de « l’Amérique d’abord », en proposant de ne pas se mêler des guerres des autres ? Et supposons qu’il réduise les dépenses dans le seul et unique domaine où des économies substantielles sont facilement réalisables – le budget « discrétionnaire » destiné au maintien de l’empire américain ? Il serait facile d’économiser 500 milliards de dollars sans perte de sécurité pour le territoire national ; les Etats-Unis dépenseraient encore six fois plus pour la « défense » que la Russie. Quelques autres coupes dans le budget de l’empire et le déficit fédéral serait complètement éliminé !

Mais que dirait la presse complaisante ? Comment les élites se défendraient-elles ? Combien de temps ce réformateur vivra-t-il encore ?

Affaire à suivre…

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

Quitter la version mobile