La Chronique Agora

Le vrai B.A.-BA de l’investissement

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Un principe arithmétique vous permet de calculer vos profits – simplement et sans manipulations statistiques complexes. Pourquoi n’est-il pas utilisé partout ?

Si vous assimilez ceci, vous avez compris le B.A.-BA de l’action d’investir. 99% des investisseurs ne l’ont pas compris.

C’est pour cela qu’ils seront presque tous ruinés à la fin du grand cycle.

N’oubliez pas une chose : tout le papier émis dans le monde doit bien être détenu par quelqu’un. Cela signifie que, quels qu’ils soient, les détenteurs seront ruinés. Le seul moyen d’y échapper, c’est d’être sortis des marchés avant.

Hélas, très peu de gens sortent avant. Le papier, c’est le mistigri : il ne faut pas se retrouver avec en fin de partie.

La plus grosse imbécilité que l’on puisse proférer consiste à dire que parce que les taux d’intérêt sont bas, la valeur des actions est augmentée.

La seule base de l’analyse financière

La valeur des actions dépend du flux de revenus que l’on va toucher tout au long de la vie de cette action : or cela n’est absolument pas affecté par les taux d’intérêt.

C’est la base de l’analyse financière, la vraie, la seule, celle de Benjamin Graham et David Dodd.

La rentabilité d’un placement ou son retour sur un investissement dépend du prix auquel vous réalisez cet investissement. Les gens arrivent à le comprendre s’agissant de l’immobilier, mais ils n’arrivent pas l’assimiler s’agissant des actifs boursiers car ils sont aveuglés par les mouvements des prix. Les gens croient tous pouvoir en bénéficier !

Comme le dit Adam Smith : tout joueur a tendance à surestimer ses chances de gagner au jeu.

Ce qu’en dit John Hussman 

John P. Hussman est, selon moi, le meilleur fondamentaliste en exercice, bien supérieur en rigueur à la légende Jeremy Grantham.

Voici son raisonnement :

Si vous payez 19 $ aujourd’hui pour 100 $ dans 10 ans, vous gagnerez 18% par an sur votre investissement.

Si vous payez 32 $, vous obtiendrez 12% par an.

Si vous payez 46 $, vous obtiendrez 8%.

Si vous payez 67 $, vous obtiendrez 4%.

Si vous payez 82 $, vous obtiendrez 2%.

Si vous payez 100 $, vous obtiendrez 0%.

Et si vous êtes assez agressif pour payer plus de 100 $ aujourd’hui pour ce futur paiement de 100 $, vous obtiendrez un retour sur investissement négatif au cours de la prochaine décennie.

Arithmétique de base

C’est la première règle d’évaluation. Etant donné tout ensemble de futurs flux de trésorerie, plus le prix que vous payez aujourd’hui est élevé, plus le taux de rendement à long terme auquel vous pouvez vous attendre est faible.

Rien à ce sujet ne repose sur une réversion : c’est juste de l’arithmétique.

Pour tout ensemble donné de flux de trésorerie futurs attendus, connaître le prix vous indique immédiatement le rendement attendu. A l’inverse, connaître le rendement attendu vous indique immédiatement le prix.

Là encore, simple arithmétique. Vous n’avez pas besoin d' »ajuster » ces calculs pour le niveau des taux d’intérêts.

Ceci dit, une fois que vous avez calculé le retour sur investissement attendu, vous pouvez certainement le comparer avec le niveau des taux d’intérêt… mais l’idée que les évaluations doivent être « corrigées » pour les taux d’intérêt reflète une mauvaise compréhension de la finance de base.

Si quelqu’un vous dit : « les valorisations boursières sont élevées, mais les valorisations élevées sont justifiées par des taux d’intérêt bas », cette personne soutient en fait que les investisseurs passifs sont confrontés au pire des mondes possibles. Ils disent : « eh bien, les rendements futurs des actions seront probablement lamentables, mais les rendements lamentables des actions sont justifiés parce que vous obtiendrez également des rendements lamentables sur les obligations ».

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