La Chronique Agora

Japon et Chine ne sont pas à la même enseigne

▪ Allez, commençons par une bonne surprise : le Japon donne des signes d’amélioration. Le taux de chômage nippon a atteint son plus bas niveau depuis 10 mois (à 4,9%). Et la consommation des ménages grimpe depuis six mois consécutifs, à 1,7%.

Oh là là… On n’est qu’en 2010, et déjà la partie "achat" de notre Transaction de la Décennie semble se justifier ! Imaginez un peu ce que ce sera en 2020 !

Comment ? Que dites-vous ? "Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué" ? Bon, d’accord… mais un peu d’enthousiasme ne nuit pas, si ?

▪ En attendant, le concurrent actuel du Japon au poste de deuxième économie de la planète — la Chine, donc — semble marquer un peu le coup. On apprenait hier que la Chine s’enfonçait dans le rouge (excusez ce jeu de mot lamentable…), avec un déficit "plus important que prévu cette année, de plus de 1 000 milliards de yuans (108 milliards d’euros) a annoncé lundi Yin Zhongqing, directeur adjoint de la commission de l’Economie et des Finances du Congrès national du peuple", disait Investir.fr ce matin.

Ajoutez à ça une politique monétaire de plus en plus contestée (après les Etats-Unis, c’est le FMI qui critique désormais la sous-évaluation du yuan… et même François Fillon adjure la Chine de lâcher un peu la bride à sa monnaie nationale), et on obtient une année 2010 qui sera sans doute assez chahutée pour l’empire du Milieu.

▪ Sera-t-elle plus harmonieuse pour les économies occidentales ? Permettez-moi d’en douter — malgré le joli début de semaine des marchés. Il suffit de regarder les statistiques économiques publiées hier : aux Etats-Unis, l’indice ISM du secteur manufacturier a baissé le mois dernier, de 58,4 à 56,5 — alors qu’on attendait une baisse moins importante. L’activité industrielle américaine est en baisse… qu’en est-il de l’immobilier ?

Là encore, ça baisse : les dépenses de construction ont reculé de 0,6% en janvier — le chiffre annualisé est le plus bas depuis juin 2003.

Et le revenu des ménages américains ? Décevant lui aussi, avec une hausse de 0,1% — contre +0,4% attendus. L’épargne est en baisse à 3,3%… mais les dépenses, elles, progressent de 0,5%.

Moins de revenus, moins d’épargne, plus de dépenses… décidément, le consommateur américain n’a rien appris, rien retenu. La phase d’assainissement n’est pas terminée qu’il se remet à avoir des conduites à risque !

▪ Toutes ces considérations ne semblent pas voir affecté les marchés hier, en tout cas. Le CAC 40 a grimpé de 1,64%, à 3 769,54 points (après un mois de février en repli). Côté américain, la hausse était aussi au rendez-vous : +0,76% pour le Dow Jones, à 10 404 points… +1,58% pour le Nasdaq, à 2 274 points… et +1,02% pour le S&P 500, à 1 116 points tout rond.

L’euro et le dollar ne savent plus très bien où ils vont, entre humeur plus sereine sur la Grèce et statistiques contrastées — la monnaie unique est à 1,3520 $. Idem pour le pétrole, qui ne sait plus à quel saint se vouer, entre ralentissement chinois et vagues signes de reprise en Occident. Il a terminé la séance d’hier en baisse, le WTI cotant actuellement 80,35 $ à New York. Et l’or ? Il va plutôt bien… à 1 114 $ au second fixing hier.

▪ Un tout dernier mot : Philippe Béchade étant absent toute cette semaine, c’est moi que vous retrouverez tous les jours jusqu’au 9 mars, date du retour de Philippe.

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