La Chronique Agora

En Bourse, méfiez-vous de vos émotions

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Acheter quand tout le monde panique, vendre quand l’euphorie s’installe… Le principe paraît simple. Mais l’appliquer exige de résister à ses propres réflexes. C’est pourtant l’une des leçons les plus utiles pour un investisseur.

Au fil des années, j’ai beaucoup appris sur l’investissement. Souvent à mes dépens, en perdant de l’argent en Bourse. Mais aussi dans les livres et sur les bancs de l’école.

De tous les cours que j’ai suivis, celui de finance comportementale a été mon préféré — et le plus utile.

Bien sûr, savoir lire des états financiers est précieux. Mais la leçon la plus importante que j’ai retenue, c’est que deux émotions font bouger les cours : la peur et l’avidité.

Un même bénéfice, deux réactions opposées

Une action ne grimpe pas simplement parce qu’une entreprise a dégagé un bénéfice de 1,10 $ par action. Elle monte parce que les investisseurs estiment qu’au regard de ce résultat, son cours est trop bas. Ils anticipent une hausse et achètent.

Imaginons maintenant qu’une autre entreprise annonce exactement le même bénéfice, mais que ce chiffre fasse craindre une dégradation de son activité. Les investisseurs vendent, et le cours recule.

Le bénéfice est identique : 1,10 $ par action. Ce sont les émotions suscitées par ce résultat qui diffèrent.

La peur et l’avidité.

Lorsque ces émotions atteignent des niveaux extrêmes, le moment est souvent propice pour acheter ou vendre, selon celle qui domine.

Différents indicateurs permettent aux traders de repérer ces excès. Les plus habiles savent en tirer parti, mais l’exercice est difficile. La peur et l’avidité peuvent évoluer de façon imprévisible. L’humeur du marché peut rester excessive bien plus longtemps qu’on ne l’imagine, ou se retourner en un instant.

Quand l’euphorie appelle à la prudence

Il faut comprendre une chose essentielle : lorsque l’euphorie s’empare du marché, la prudence devient souvent de mise.

Tout le monde est convaincu que la Bourse ne peut que monter. Des médecins et des avocats quittent leur profession pour se lancer dans le trading. Les chauffeurs Uber vous conseillent des actions… C’est souvent à ce moment-là qu’il faut commencer à s’inquiéter et vendre une partie de ses positions.

À l’inverse, lorsque la peur submerge le marché, des occasions d’achat peuvent se présenter.

Souvenez-vous de la crise financière mondiale ou, plus récemment, du krach provoqué par le COVID-19 en 2020. Les investisseurs, comme le reste de la population, s’attendaient à ce que la situation reste mauvaise pendant très longtemps. Lors de la crise financière, certains pensaient même assister à la fin du système économique tel que nous le connaissions.

La crise était bien réelle. Mais l’économie a fini par se redresser, comme elle l’avait toujours fait jusqu’alors. Acheter des actions pendant que tout le monde vendait aurait offert un point d’entrée exceptionnel.

Rappelons d’ailleurs que le marché a touché son point bas en mars 2009, bien avant que les économistes et les commentateurs boursiers n’annoncent que le danger était passé.

Agir quand rien ne semble pouvoir changer

La leçon à retenir ? Il ne faut pas attendre que la situation change, mais agir lorsqu’on a le sentiment qu’elle ne changera jamais. Et agir, dans ces moments-là, à l’opposé de ce que nous dictent nos émotions.

Lorsque la peur ou l’avidité des investisseurs devient excessive, c’est généralement un excellent moment pour acheter ou vendre. Les marchés ne restent éternellement ni au sommet ni au plus bas. Ils connaissent des flux et des reflux.

Apprenez à aller à contre-courant lorsque les émotions atteignent leur paroxysme. En développant cette capacité, vous améliorerez considérablement votre manière de trader et d’investir.

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