La Chronique Agora

Chine, Etats-Unis : la récession est en chemin

▪ La croissance moyenne de l’économie américaine depuis 1980 (une période très favorable pour le développement) a duré 77 mois. A ce jour, l’économie américaine connaît une expansion depuis 76 mois, soit depuis la fin de la dernière récession en juin 2009. Certes, elle est faible mais cela reste de l’expansion malgré tout.

Cela signifie-t-il que l’économie américaine va entrer en récession le mois prochain ?

Pas nécessairement, mais on ne devrait pas être surpris si cela s’avère être le cas. Les créations mensuelles d’emplois ont été en perte de vitesse en novembre dernier et n’ont cessé de diminuer depuis.

La désinflation et la déflation ont pris le dessus sur l’inflation. De nombreux indices industriels de production et l’indice des directeurs d’achat sont dans le rouge. Et le discours ferme de la Fed sur une hausse des taux d’intérêt n’a pas aidé.

En Chine, la situation est pire. Techniquement parlant, le pays n’est pas en récession, parce qu’il part d’un taux de croissance très élevé. Cependant, un ralentissement en Chine a le même impact qu’une récession dans le reste du monde, du fait de la perte de production que cela entraîne.

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La Chine représente plus de 10% du PIB mondial. Si la croissance chinoise recule d’un tiers (et il semble que ce soit ce qui est en train d’arriver), cela réduit de 3,3% le PIB mondial (10% x 33% = 3,3%). Et le FMI estime que la croissance mondiale ne sera que de 3,1% l’année prochaine.

Si la Chine ralentit autant que l’on s’y attend, c’est suffisant pour annihiler la croissance mondiale

Si la Chine ralentit autant que l’on s’y attend, c’est suffisant pour annihiler la croissance mondiale. Cela ferait entrer le monde entier dans une récession technique, même si certains pays, isolément, ont une croissance encore positive.

Je viens de rentrer de voyage en Afrique du Sud et au Moyen-Orient. J’ai passé beaucoup de temps avec les meilleurs investisseurs institutionnels et décideurs de ces deux régions, prises entre deux feux des guerres monétaires.

Ce que j’y ai vu est décourageant. Les exportations de matières premières d’Afrique vers la Chine s’effondrent. Au Moyen-Orient, les réserves en dollars ont fondu du fait de l’effondrement du prix du pétrole et des déficits budgétaires qui en résultent.

Ce qui arrive en Chine ne reste pas en Chine mais a des répercussions dans le monde entier.

▪ La Chine ralentit et entraîne le monde entier dans sa chute
Si l’on excepte la crise financière des années 2008-2009, la croissance chinoise est aujourd’hui à son plus bas niveau depuis plus de 10 ans. Ce sont là les chiffres officiels ; la plupart des analystes estiment que la croissance réelle est en fait bien inférieure. La Chine représente plus de 10% du PIB mondial. Si elle ralentit d’un tiers, cela réduit de 3,3% le PIB mondial.

C’est suffisant pour faire entrer le monde entier dans une récession technique.

Comment les banques centrales stopperont-elles la récession alors qu’elles ont déjà utilisé toutes leurs cartouches dans les guerres monétaires ?

Les taux d’intérêt américains sont déjà nuls. Les taux d’intérêt japonais sont également nuls. Les taux d’intérêt européens sont négatifs. Toutes ces banques centrales ont imprimé des milliers de milliards de dollars dans leur monnaie respective sous divers programmes d’assouplissement quantitatif. Elles en sont au point où elles ne peuvent tout simplement plus imprimer encore plus de milliers de milliards supplémentaires sans risquer de réactions politiques ou l’effondrement de la confiance en leur monnaie.

La récession ne peut être stoppée. Elle devra suivre son cours dans l’année qui arrive

Cela signifie que la récession ne peut être stoppée. Elle devra suivre son cours dans l’année qui arrive.

Tous les secteurs de l’économie seront affectés mais certains seront plus touchés que d’autres. Le secteur des services pourrait s’en tirer légèrement mieux que les autres. L’industrie et les biens échangeables seront sans doute les plus durement touchés.

L’un des signaux que nous retenons est la contraction du commerce mondial. Les investisseurs ont tendance à s’intéresser de près aux déficits et aux excédents commerciaux mais ces chiffres masquent le fait que le commerce mondial se contracte.

On peut avoir un déficit commercial réduit et pourtant trouver que les exportations et les importations se réduisent toutes les deux. Un déficit plus faible semble être une bonne nouvelle mais la réduction des exportations et des importations est inquiétante. Elle signifie que l’économie mondiale ralentit : un signe certain de récession.

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