La Chronique Agora

Changer d’air pour gagner des années ?

voyager

people and traveling luggage walking in airport terminal building with sun set sky at urban scene and air plane flying background

À force de chercher à prolonger la vie, on oublie parfois de se demander ce qu’on veut en faire. Voyager offre une partie de la réponse : le plaisir de découvrir le monde pourrait aussi nous aider à mieux vieillir.

Vous avez peut-être entendu parler de Bryan Johnson…

Ce riche entrepreneur de la tech, adepte du biohacking, a consacré des millions de dollars à l’étude de son corps et à l’amélioration de sa santé. Il avale plus de 100 compléments alimentaires par jour, avec l’ambition de vivre jusqu’à 150 ans.

Pourtant, comme le raconte un récent portrait publié dans le New York Times, lorsque quelqu’un lui a demandé, au cours d’un dîner, pourquoi il voulait vivre éternellement, « l’homme le plus ausculté au monde » est resté décontenancé.

Il n’avait pas de réponse.

De toute évidence, Johnson a beaucoup réfléchi à la manière de prolonger sa vie. Mais pas suffisamment à ce qu’il voulait faire de ces années supplémentaires.

Encore faut-il qu’il les obtienne. En juillet, il a annoncé être atteint d’une gastrite auto-immune, une maladie incurable qui s’accompagne d’un risque accru de cancer de l’estomac.

Pour ma part, je ne rêve ni d’immortalité ni de souffler un jour mes 150 bougies. En revanche, j’ai réfléchi à la façon dont je souhaite passer le temps qu’il me reste sur cette petite planète bleue.

Mes amis proches et moi avons à peu près le même âge. Nous avons connu notre lot de réussites personnelles, professionnelles et financières.

Sur le parcours de golf de l’existence, nous avons tous entamé les neuf derniers trous. Passé 50 ans, on a déjà bouclé la première moitié du parcours.

Si vous dépassez les 100 ans, considérez ce supplément comme un peu de temps passé au « dix-neuvième trou » : le bar du club.

Bien sûr, nous avons encore des projets à accomplir. Mais l’envie de réussir cède peu à peu la place à celle de profiter de la vie, surtout pour ceux qui ont pris leur retraite.

Comment ai-je envie de passer le temps qu’il me reste sur terre ? En clin d’œil au regretté Stephen Covey, qui avait dressé une liste semblable, je reviens souvent à quatre verbes : aimer, rire, apprendre et transmettre.

Une excellente façon de cultiver les deux premiers consiste à passer davantage de temps avec ses vieux amis.

Pardon, ses amis de longue date. Certains sont un peu susceptibles depuis que les bougies de leur gâteau d’anniversaire menacent de déclencher un feu de broussailles.

Voyager est aussi une belle occasion de rire et d’apprendre. Et si vous avez besoin d’une raison supplémentaire de faire vos valises, en voici une : selon des recherches récentes, les voyages d’agrément agissent comme une forme de médecine préventive.

C’est ce que j’ai découvert dans un article de Heidi Mitchell, publié récemment dans le Wall Street Journal.

La journaliste y présente un nombre croissant de travaux montrant que les voyages améliorent la santé mentale.

Un environnement inconnu nous amène à rencontrer de nouvelles personnes, à découvrir d’autres saveurs et à vivre des expériences inédites. Cette nouveauté renforce la confiance en soi, stimule la mémoire et favorise le bon fonctionnement de nos facultés cognitives.

Mieux encore, les bienfaits psychologiques, notamment sur l’humeur et le sommeil, se prolongent souvent après le retour à la maison.

Mais quels voyages nous font le plus de bien, et pourquoi ?

Les personnes qui présentent le plus de symptômes de dépression et d’anxiété, et qui souffrent le plus de solitude, sont celles qui ne voyagent jamais pour leur plaisir.

Celles qui s’offrent des excursions à la journée se portent mieux. Celles qui voyagent dans leur propre pays vont mieux encore. Et les personnes qui déclarent se sentir le moins seules et présentent le moins de symptômes dépressifs sont… roulement de tambour… celles qui voyagent à l’étranger.

Il y a quelque chose de libérateur à se retrouver dans un endroit où personne ne vous connaît. Et il apparaît que faire régulièrement des voyages peut contribuer à mieux vieillir.

Les plus beaux voyages ne changent pas seulement le décor. Ils nous changent aussi.

Voyager fait donc du bien au moral, accroît le plaisir de vivre et contribue à la longévité. Et c’est en partant à l’étranger que l’on en retirerait le plus de bienfaits.

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

Quitter la version mobile