Si l’Histoire nous a appris une chose, c’est qu’une étincelle géopolitique suffit parfois à embraser les marchés… et à faire flamber le pétrole. Faut-il se préparer à un simple soubresaut ou à un choc pétrolier brutal ?
Notre mission est de simplement relier les points et de regarder ce que cela donne.
Parfois, les points s’alignent parfaitement, ce qui nous facilite la tâche.
Selon le Daily Beast :
« Une petite entreprise liée à Trump est prête à conclure un contrat de 25 Mds$ sur le nucléaire
Joe Osha, analyste chez Guggenheim Securities, à Wall Street, n’a pas mâché ses mots pour décrire à Politico la dimension de l’entreprise. Alors que NuScale présente Entra1 comme une ‘entreprise énergétique mondiale’, M. Osha a déclaré quant à lui : ‘En réalité, on dirait plutôt qu’il n’y a que deux ou trois types’. »
Mais l’un de ces types aurait donné beaucoup d’argent à Donald Trump… Et il paraît qu’un autre serait un ami proche de Donald Trump Jr.
Alors ce point-là se range dans le groupe « corruption », là où il y en a déjà pas mal.
Mais quid de ce gros point-ci ? Selon Fox News :
« Les États-Unis et Israël frappent l’Iran »
Où se range-t-il, celui-là ?
D’après l’expérience récente, nous savons que les États-Unis sont parfaitement capables de déclencher des guerres. Quant à la question de savoir si une seule d’entre elles valait la peine d’être livrée, les opinions sont partagées.
Comme nous l’avons expliqué il y a quelques jours, nous ne portons aucun jugement sur les points eux-mêmes. Nous tentons simplement de voir ce qu’ils signifient et vers où ils vont.
À cet égard, il est utile de comprendre les motivations qui en sont à l’origine.
Sur Fox News, les analystes de politique étrangère martèlent que les frappes sur l’Iran sont motivées par le désir de préserver la sécurité des États-Unis. Mais l’Iran n’a pas de force aérienne ou navale digne de ce nom. Elle n’a aucun moyen de frapper l’Amérique. Et ses missiles n’ont qu’une portée d’environ 2 000 km, ce qui est très loin des 10 000 km nécessaires pour approcher les États-Unis.
La totalité du budget militaire de l’Iran s’élève à 23 Mds$, soit environ deux semaines de dépenses du Pentagone et un quart seulement du budget annuel de la ville de New York. Il n’y a aucune base de missiles iranienne au Mexique ou au Canada, prête à faire pleuvoir le feu sur notre terre natale. Aucune troupe iranienne n’est stationnée dans le Nouveau Monde, prête à l’envahir.
Alors ? Si ce n’est pas pour la « sécurité nationale », qu’est-ce que c’est ?
Est-ce qu’Israël détiendrait des choses compromettantes sur Trump, pour le forcer à agir contre son ennemi juré ? Est-ce que le Pentagone aurait de nouvelles armes qu’il a envie de tester ? Est-ce que Trump espère la gloire en (déclenchant et) mettant un terme à une guerre de plus ?
Cela pourrait être un mélange de tous ces éléments. Ou juste l’élan d’un vieil empire dégénéré qui a besoin d’affronter et de conquérir des méchants.
Nous l’ignorons.
Et quelle en sera la conséquence ?
Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, le baril de Brent flambait ce matin de 7,64 %, et celui de WTI de 7,18 %.
Pour voir comment cela pourrait évoluer, il faut remonter aux années 1970.
En 1971, avant la crise pétrolière déclenchée par la Guerre du Kippour en 1973, le pétrole se vendait 3,50 $ le baril. Avec un embargo sur les exportations de pétroles saoudien vers les États-Unis et l’inflation des années 1970, ce conflit a fait grimper le cours à près de 40 $ en 1980.
Source :thechartstore.com
Vous vous souvenez de la crise pétrolière de 1974 ?
Personnellement, oui. Nous nous levions à 4 heures du matin pour aller faire la queue à la station-service. Normalement, les prix auraient augmenté jusqu’à rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. Mais le gouvernement fédéral a interdit les hausses de prix jugées abusives. Alors, il a abusé de notre temps, à la place.
Est-ce que cela pourrait se produire à nouveau ? Se pourrait-il que ce soit la surprise, un retour aux années 1970 ?
Selon OilPrice.com, la revue du secteur pétrolier :
« À la suite de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, les analystes du secteur énergétique et les banques d’investissement s’attendent à une flambée des prix du pétrole cette semaine jusqu’à 90 $, avec la possibilité d’atteindre 100 $ le baril si les perturbations du trafic dans le détroit stratégique d’Ormuz persistent. »
En 1971, il fallait environ 10 barils de pétrole pour acheter une once d’or. Aujourd’hui, il en faut 78.
Est-ce que le pétrole est trop bon marché ? Est-ce que l’or est trop cher ?
Nous l’ignorons aussi.
Mais ici, nous sommes tous d’incurables catastrophistes.
Nous sommes à l’affût d’une perte majeure. Elle viendra de quelque part. Il est possible que la guerre en Iran ne soit qu’un désagrément de plus… Les vraies secousses viennent souvent d’ailleurs.
Mais souvent, les choses les plus à même de se produire ne sont pas celles qui se produisent vraiment. Et il ne faudrait pas forcément un événement extrême pour que tout le toutim s’écroule.
