La Chronique Agora

En Bourse, sachez vendre avant qu’il ne soit trop tard

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Acheter une action n’est que la moitié du travail. Encore faut-il savoir à quel moment en sortir. Marc Lichtenfeld explique pourquoi une stratégie de vente définie à l’avance – à l’aide de supports, de stops ou de critères fondamentaux – permet d’éviter que les émotions ne dictent vos décisions au pire moment.

Il y a quelques années, j’ai lu un livre consacré à la manière de survivre à une catastrophe. Outre le fait de garder son sang-froid – ce qui, comme l’auteur le reconnaissait lui-même, est plus facile à dire qu’à faire –, l’un des facteurs les plus importants pour s’en sortir était d’une simplicité désarmante : savoir où se trouvent les sorties.

Même si je fais partie de ceux qui lisent un livre ou regardent Netflix sur leur tablette pendant que l’hôtesse de l’air explique comment attacher sa ceinture ou utiliser un masque à oxygène, je prends tout de même le temps de repérer les issues de secours. C’est également l’une des premières choses que je fais lorsque j’arrive dans une chambre d’hôtel – d’autant que l’un de mes amis a survécu à un incendie dans un hôtel précisément parce qu’il savait où se trouvait la sortie.

J’applique exactement le même principe à mes investissements en actions.

Je n’attends pas que tout parte à vau-l’eau et que mes émotions prennent le dessus pour commencer à réfléchir à ma stratégie de sortie. Dès que mon ordre d’achat est exécuté, je définis les conditions dans lesquelles je vendrai.

Pour certaines actions, notamment dans le cadre de positions de court terme, j’utilise l’analyse technique. Plus précisément, je regarde où se situent les niveaux de support et de résistance. (Il s’agit de seuils de prix sous lesquels, ou au-dessus desquels, une action a historiquement du mal à passer.)

Prenons par exemple le graphique du cours de l’or au cours de l’année écoulée.

Vous pouvez constater que, depuis que l’or est tombé aux alentours de 3 900 $ en octobre dernier, il a rebondi chaque fois qu’il s’est de nouveau approché de ce niveau. C’est ce que l’on appelle un support.

Si l’or passait sous les 3 900 $, ce serait un changement significatif et je m’attendrais alors à une poursuite de la baisse. Si je détenais de l’or dans le cadre d’un trade à court terme, mon plan serait de vendre s’il tombait autour de 3 780 $, soit 3 % sous le niveau de support. En règle générale, une baisse de 3 % sous un support est considérée comme une rupture significative de ce seuil.

Une autre stratégie consiste à utiliser un ordre stop.

Un stop est un ordre que vous placez auprès de votre courtier afin que votre position soit automatiquement vendue si le cours atteint un certain niveau. Cet ordre doit être placé juste après l’achat de l’action. Ainsi, votre décision de vendre est prise à froid, de manière rationnelle, sans être influencée par vos émotions. Si le stop est déclenché, vous sortez de la position, sans avoir à chercher des raisons de rester investi.

Nous utilisons des stops sur bon nombre de nos positions dans nos publications. Selon la stratégie suivie, nous pouvons relever le niveau du stop à mesure que l’action progresse, afin de protéger nos gains. Nous utilisons également parfois des stops suiveurs, qui remontent automatiquement à mesure que le cours de l’action augmente.

Les émotions sont le pire ennemi du trader comme de l’investisseur, et les ordres stop permettent justement de les éliminer de la décision de vendre.

Si, en revanche, vous investissez dans une action uniquement pour des raisons fondamentales – autrement dit parce que vous appréciez particulièrement l’activité et les qualités de l’entreprise –, vous devez également déterminer à l’avance dans quelles circonstances vous vendriez si la situation de l’entreprise venait à changer.

Imaginons, par exemple, que vous achetiez une action pour la croissance de son dividende, croissance elle-même soutenue par des flux de trésorerie qui progressent de 10 % par an. Vous pourriez décider que, si la croissance de ces flux devient nulle ou négative pendant deux années consécutives, il sera temps de vendre.

Dans ce cas, vous surveillerez de près les publications de résultats de l’entreprise. Si les flux de trésorerie commencent à évoluer dans la mauvaise direction, vous vendrez et chercherez une meilleure opportunité ailleurs.

L’essentiel est donc de définir vos critères de vente au moment même où vous achetez l’action, afin de ne pas vous retrouver paralysé par la peur si le cours se met à chuter.

Il est très facile de trouver toutes sortes de raisons de conserver une action alors même qu’elle continue de baisser. Mais si vous avez pris une décision rationnelle plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années auparavant, vous aurez beaucoup plus de chances de traverser la tempête sans encombre.

Quelles sont les meilleures leçons que vous avez tirées de votre expérience en matière de prise de décision dans l’investissement ? Partagez-les dans les commentaires ci-dessous !

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