La Chronique Agora

La monnaie, la dette… et le triste sort des banques centrales

▪ Au commencement était la dette : c’est une thèse développée avec talent par l’anthropologue américain David Graeber dans un livre intitulé Dette, 5 000 ans d’histoire.

David Graeber explique que dans les communautés primitives, le troc a vite été dépassé. On comprend facilement que M. Cromagnon ait eu du mal à échanger son bison, même dépecé, contre de menus objets utiles de provenance diverse. Celui qui taillait les silex était peut-être végétarien et celui qui récoltait le sel indispensable à la conservation était trop loin. David Graeber est un anthropologue et ethnologue sérieux, et ses observations ne portent pas sur la période antérieure à Sumer. Mais c’est la substance de son message : le troc ne suffit pas à des échanges raffinés.

La dette a préexisté à la monnaie, nous apprend donc Graeber. Les registres de dettes étaient tenus par des autorités religieuses ou politiques. Le chef, le prêtre ou le sorcier savait qui devait à qui. Les échanges par enregistrement de dettes étaient forcément limités en distance et il fallait qu’acheteur et vendeur reconnaissent l’autorité qui tenait le registre.

*** Confidentiel ***
Un conseiller de la CIA révèle le plan qui prépare en secret l’avènement de
LA « MONNAIE FANTÔME »

Selon cet expert, la fin du système monétaire mondial est déjà programmée et pourrait avoir lieu d’ici mars 2015ou avant.

S’il a raison, les marchés boursiers pourraient être divisés par deux, l’épargne individuelle partirait en fumée, les faillites bancaires se multiplieraient… et des millions de gens perdraient TOUT.

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La monnaie-dette présente un vice : elle est facilement manipulable. Le cachet d’une autorité — qu’elle soit religieuse ou politique — vaut ce qu’il vaut

La monnaie fut une amélioration dans la vie des gens car elle simplifie et favorise les échanges. Mais la monnaie-dette présente un vice : elle est facilement manipulable. Le cachet d’une autorité — qu’elle soit religieuse ou politique — vaut ce qu’il vaut ; en réalité, si l’autorité est corrompue, le cachet ne vaut pas grand-chose. Si le détenteur de monnaie dette se déplace, il peut arriver dans un endroit où le cachet de l’autorité n’est plus connu ou accepté car un autre monopole est en vigueur.

La monnaie-marchandise, sous forme métallique, permet de s’affranchir de ces contraintes. Par conséquent, les autorités détestent la monnaie métallique et toutes les formes de monnaie-marchandise. Ce genre de monnaie n’a pas besoin de prêtre, chef, roi ou banquier central et armée de régulateurs.

« Historiquement, les gens ont compris l’intérêt d’une monnaie à valeur intrinsèque quand ils y ont été contraints, quand les monnaies alternatives ont été rendues impropres par la dévalorisation persistante ».

Dylan Grice, Edelweiss Journal, 31 juillet 2013

Depuis le décrochage du dollar de l’or, nous vivons dans un système de monnaie dette généralisé et la création monétaire (ou création de dettes) a été déléguée aux banques. La croissance de la masse monétaire (et donc des dettes) a été confondue avec la croissance économique. L’industrie bancaire se nourrit d’intérêt sur de l’argent qui n’existe pas et qu’elle crée avec la bénédiction des autorités qui leur ont conféré leur privilège.

▪ On n’avait encore jamais vu ça…

Quarante ans plus tard, nous voilà dans une situation inédite : ce système produit maintenant plus de dettes que de richesses.

Pour fixer les idées, la dette mondiale s’est accrue de 57 000 milliards de dollars depuis la fin de 2007 tandis que le PIB mondial ne s’est accru que de 25 500 milliards. Les dettes augmentent deux fois plus vite que le PIB qui mesure la somme des dépenses. Deux dollars de dette financent un dollar de dépense.

 

Fin 2014

Fin 2017

Evolution

PIB (source Banque Mondiale) en milliards de dollars

77 066

102 573

+ 25 507

Dette (source McKinsey) en milliards de dollars

142 000

199 000

+ 57 000

Les dettes augmentent plus vite que les dépenses. C’est une autre formulation que celle que faisait récemment Bill Bonner de cet étrange phénomène. Mon observation comprend les dettes publiques et privées. « Aujourd’hui, les autorités n’ont plus rien à craindre. Elles n’ont plus besoin du marché obligataire. Elles peuvent emprunter tout ce dont elles ont besoin à la banque centrale« , écrivait Bill Bonner.

En théorie, la dette peut monter à l’infini puisque personne ne paie d’intérêt. Mais nous autres bipèdes, nous ne sommes pas taillés pour l’infini

Avec des taux à zéro, en théorie, la dette peut monter à l’infini puisque personne ne paie d’intérêt. Mais nous autres bipèdes, nous ne sommes pas taillés pour l’infini. En pratique ce système aura une fin (mais ne me demandez pas quand, s’il vous plaît). Cette fin viendra des fonds de retraite et des assureurs qui doivent verser des rentes. Avec des rendements nuls, c’est difficile. Il va donc falloir qu’ils prennent leurs plus-values, qu’ils tapent dans leurs réserves. Lorsqu’ils n’auront plus rien à vendre, ils seront en faillite car un assureur, contrairement à une banque doit avoir 100 de capital pour 100 d’engagements.

Alors, le système sera mort, une foule rageuse pendra les grands prêtes, décapitera les teneurs de registre de dettes et les banquiers centraux, égorgera les régulateurs (virtuellement, bien sûr, c’est une allégorie). La foule voudra revenir à une monnaie-marchandise telle que la préconisait Aristote et tout rentrera dans l’ordre pour quelques générations.

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