La Chronique Agora

Anne Hidalgo et les géants de la Silicon Valley ont un point commun

Hidalgo et le dirigisme

Le dirigisme et le constructivisme échouent toujours car il manque à leurs projets une mesure essentielle, qui manque aussi à certaines entreprises privées.

Le chauffeur Uber a eu du mal à se retenir… « p****…! Mais tu fous quoi…!? Vas-y, avance, toi ! »

En général, les chauffeurs n’expriment pas leur mécontentement vis-à-vis de la circulation… mais aujourd’hui, la cacophonie et le désordre sur les rues de Paris – entre l’Ecole Militaire et L’Opéra, à 9 heures du matin – avaient poussé à bout le conducteur.

Un mur de voitures longeait le quai, et quatre files de véhicules essayaient de s’engouffrer dans une ruelle en direction de la rue St Honoré.

« Vous utilisez le vélo? Non ?…

« Les vélos font n’importe quoi – comme les scooters d’ailleurs.

« Mais la Maire veut mettre des voies de vélo partout.

« En plus, ils fichent le bord** aux Champs Elysées pendant un mois avec les stands du marché.

« Ils devraient laisser faire les choses. S’ils veulent réduire la circulation, ils n’ont qu’à faire payer les voitures pour entrer dans la ville de Paris. Ils verront – le nombre de voitures chutera !

« A la place, ils nous font ch***, mais en même temps, ils laissent circuler les gens qui n’ont rien à faire là.

« Et la Maire, elle, elle a une cavalcade de motos pour lui libérer la route quand elle circule. Elle a jamais pris le vélo de sa vie, à part pour faire semblant de soutenir les écolos. »

A coups de klaxons, de frein et d’accélérateur, de jeux de slalom, la voiture a enfin atteint sa destination sur la rue du 4 Septembre.

Hidalgo, voyage au coeur d’un profond malentendu

Le monde, en général, progresse par l’erreur et l’essai… les tentatives, les échecs, les faillites, et, de temps à autre, des réussites et des innovations permettant de créer de la richesse…

Certains voient dans la cacophonie et le chaos des marchés, de l’entrepreneuriat et des affaires, un problème à régler.

Les gens auraient plus de biens et de richesse, croient-ils, avec plus d’ordre et de contrôle, plus de règles et de prévisibilité.

Du coup, quelqu’un comme Anne Hidalgo entre en scène, proposant d’ordonner et de mener les choses vers un but, un objectif en particulier.

Les gens croient que de l’ordre et de la structure sont désirables. Ils y voient une manière de progresser, d’innover, d’arriver à des buts. A l’inverse, selon eux le désordre et la cacophonie de la nature, du monde en-dehors du contrôle des lois et des règle, représenteraient une menace pour le progrès.

Les dirigeants auraient le défi d’établir des objectifs à poursuivre… et de déterminer le parcours pour y arriver.

L’absence de pollution, par exemple, plaît aux habitants. La fumée des pots d’échappements, non.

Du coup, des maires comme Hidalgo doivent trouver comment réduire la fumée des pots d’échappements en ville, répondant ainsi à un voeu des citoyens.

Ils entreprennent des travaux afin de réduire la circulation des voitures, de favoriser la circulation à vélo, ou encore d’inciter à l’utilisation de moteurs électriques et non de moteurs à combustions.

La « faille » au sein de la logique des dirigistes

Hidalgo veut faire plus de pistes cyclables. Xavier Niel et Macron veulent « incuber » des start-ups à Paris. Bill Gates veut régler des problèmes en Afrique. Obama veut « réduire le coût des services de santé. »

Tout peut poser problème : les voitures, l’absence de voitures, les vélos, les scooters, les piétons, les « inégalités », la pauvreté, les pratiques des vendeurs d’animaux de compagnie, ou encore le prix du beurre.

Pour proposer une solution, le dirigiste doit d’abord désigner un problème.

Dans le monde des affaires, du commerce et de l’échange, désigner un problème ne suffit pas. Un problème peut avoir beaucoup de solutions et chacune entraîne des conséquences et des répercussions.

Ni le dirigiste ni le commercial ne connaît d’avance la voie à choisir… mais l’entrepreneur va faire un essai, et – souvent – échouer, puis changer d’approche, et ainsi de suite.

Des douzaines d’autres vont, en parallèle, faire de même. Une masse d’essais se mènent simultanément afin de trouver la meilleure approche.

Le dirigiste, en revanche, choisit toujours d’avance une approche, une solution. Rien ne le ralentit ou ne le restreint lorsqu’il commet une erreur, néglige des détails ou ignore des faits. Il ne peut sous-estimer la concurrence puisqu’il n’en a pas…

Sans possibilité d’échec, il ne peut pas réussir. La régulation naturelle de la concurrence n’a pas de prise sur lui.

Hidalgo et les autres peuvent n’en faire qu’à leur tête, mais ils ne peuvent pas réussir

L’économie fonctionne en progressant par à-coups. Les autorités – n’étant pas dans le cycle de l’essai et de l’erreur, de la réussite et de l’échec – ne peuvent pas non plus emprunter le trajet vers le progrès, vers l’amélioration.

Tels des amateurs créant un restaurant ou une boîte de nuit pour le plaisir, les autorités sous-estiment les risques, leur capacité à l’erreur, les obstacles à surmonter ; elles simplifient les situations et les défis à affronter de façon outrancière.

Sans obligation de profits pour financer et justifier des opérations, l’amateurisme règne.

Les individus et le secteur privé agissent ainsi parfois.

Les géants de la tech, par exemple, ont obtenu des masses de capitaux sortant de La Défense ou de Wall Street pour la recherche. Ils le dépensent sans compter sur des projets fantaisistes sans avoir besoin de dégager des bénéfices.

Ainsi, Xavier Niel, le milliardaire derrière le groupe Free, ouvre un « campus de start-ups » à l’est de Paris. Google continue dans ses essais de voitures autonomes, même après des années d’échecs. Apple commence à tourner des films.

L’excès d’argent permet aux gens d’entretenir leurs fantasmes ou leurs vanités.

Comme nos dirigeants, les géants de la tech et de Wall Street échappent aux lois du marché grâce à l’ascension sans précédent des marchés-action et aux injections d’argent sans limite venant de la Fed et de la BCE…

Regardez l’évolution des actions de l’indice S&P 500 :

Pour l’instant, la marche continue sans fléchir… Mais, à terme, le poids des erreurs et des faux-pas prend le dessus… et la courbe change de direction.

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