Des enfants qui quittent la maison, une retraite qui approche… Vos placements correspondent-ils encore à vos besoins ? Un bilan annuel permet d’ajuster leur répartition pour garder le cap sans prendre plus de risques que nécessaire.
Le moment est venu de faire le point sur mes finances.
Puisque je suis les marchés au quotidien, vous imaginez peut-être que je passe mon temps à éplucher mes relevés et à ajuster mes placements.
En réalité, je ne procède à de grands changements qu’une fois par an, en octobre. Ce mois n’a rien de particulier, si ce n’est qu’il s’agit de celui de mon anniversaire. Un bon repère pour passer mes comptes en revue, changer mes mots de passe et m’occuper de toutes ces petites tâches qui méritent notre attention de temps à autre.
Ces dernières années, ma vie de famille a beaucoup changé. Mes enfants ont quitté la maison et nous avons enfin terminé de financer leurs études. Notre situation financière s’en trouve profondément modifiée. Cette année, les ajustements seront donc peut-être plus importants que d’habitude.
Au moins une fois par an, chacun devrait prendre du recul sur son portefeuille et se demander si ses placements correspondent toujours à ses objectifs et à ses préoccupations. Si ce n’est plus le cas, des décisions s’imposent.
Lorsque les marchés baissent, certains investisseurs préfèrent ne même pas ouvrir leurs relevés. Ils n’ont aucune envie de voir combien ils ont perdu, ni de mesurer le chemin qui les sépare encore de leurs objectifs. Les marchés ont été un peu chahutés dernièrement : si vous êtes dans cet état d’esprit, vous êtes loin d’être seul.
Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, les actions ne se situent qu’à 2 % de leurs records historiques et les bénéfices des entreprises progressent fortement. Consulter votre portefeuille pourrait donc vous réserver une bonne surprise.
Quoi qu’il en soit, prenez le temps d’examiner vos placements. Devez-vous réduire votre exposition au risque ou, au contraire, renforcer la place des actions ? Ne pas en détenir suffisamment peut être une erreur tout aussi importante que d’en détenir trop.
Comment savoir où vous en êtes ? Voici la répartition préconisée par le modèle d’allocation de l’Oxford Club :
- 30 % d’actions américaines ;
- 30 % d’actions d’autres marchés, hors États-Unis ;
- 10 % d’obligations à haut rendement, dont les émetteurs présentent un risque de défaut plus élevé ;
- 10 % d’obligations de bonne qualité de crédit, dites investment grade;
- 10 % d’obligations du Trésor américain indexées sur l’inflation, appelées TIPS ;
- 5 % de sociétés foncières cotées ou REIT ;
- 5 % d’or ou d’autres métaux précieux.
Selon vos objectifs, votre tolérance au risque et la date à laquelle vous aurez besoin de cet argent, vous pourrez adopter une répartition plus prudente ou plus offensive. Ce modèle constitue néanmoins un point de départ solide pour de nombreux investisseurs.
[NDLR : Il reste conçu dans une perspective américaine. Pour un épargnant français, il faut aussi tenir compte du risque de change : la valeur en euros d’un placement libellé en dollars dépend également de l’évolution des deux monnaies.]
Une fois votre portefeuille constitué, examinez-le chaque année et rééquilibrez vos positions pour retrouver la répartition choisie. Si les actions ont beaucoup monté, par exemple, elles peuvent occuper une place plus importante que prévu dans votre patrimoine.
Pensez également à la fiscalité : vendre un placement peut entraîner une imposition, selon l’enveloppe dans laquelle vous le détenez.
Mais cette répartition n’est qu’un premier étage dans la construction de votre patrimoine.
L’Oxford Club présente son approche sous la forme d’une « pyramide patrimoniale ». Le portefeuille que je viens de décrire en constitue la base : c’est votre portefeuille à long terme, celui qui doit regrouper la plus grande part de vos investissements. Une fois ce socle en place, vous pouvez envisager une ou plusieurs stratégies de trading, selon votre profil de risque et vos centres d’intérêt, pour chercher à accroître votre capital et à générer des revenus supplémentaires.
L’essentiel est de savoir précisément ce que vous détenez et de vérifier que votre patrimoine est correctement réparti avant de vous lancer dans d’autres stratégies.
J’ai évoqué le risque à plusieurs reprises. Vous ne voulez certainement pas perdre le sommeil parce que vous détenez trop d’actions et redoutez une baisse des marchés. Mais vous ne voulez pas non plus vous en vouloir d’en avoir détenu trop peu pendant une forte hausse.
Prenez donc le temps de regarder votre portefeuille pour trouver le bon équilibre. Et renouvelez l’exercice chaque année : un cadeau d’anniversaire que vous vous faites à vous-même.
