La Chronique Agora

Appauvris par trop d’argent

transport de marchandises

La croissance mondiale ralentit, comme le montre la baisse des transports de marchandises. Les banques centrales continuent à distribuer de la fausse monnaie sous forme de crédit illimité. La punition ne va pas tarder.

« C’est fini ! »

Raúl Ilargi Meijer, chroniqueur du Contra Corner, le blog de David Stockman, explique que « le modèle tout entier, sur lequel nos sociétés se sont fondées depuis, au moins, toute notre existence, touche à sa fin ! »

Selon Meijer, toujours :

Voilà pourquoi il y a Trump…

« Il n’y a pas de croissance. Il n’y a pas de véritable croissance depuis des années. Tout ce qu’il reste, ce sont les chiffres du S&P 500, vides, creux, clinquants, soutenus par des rachats d’obligations ultra bon marché, et des chiffres de l’emploi dissimulant des millions de chômeurs découragés. Et surtout, il y a la dette, publique aussi bien que privée, qui a servi à maintenir une croissance illusoire mais qui, désormais, y parvient de moins en moins bien.

Ces faux chiffres relatifs à la croissance n’ont qu’une raison d’être : faire en sorte que le public laisse les responsables au pouvoir bien installés dans leurs fauteuils confortables. Mais on ne peut jamais aveugler les gens au-delà d’un certain temps. Et désormais, ce temps est limité.

Voilà ce que signifie l’ascension de Trump, ainsi que le Brexit, Le Pen, et tous les autres. C’est fini. Ce qui nous a animés toute notre existence a perdu les pédales et n’a plus de forces ».

Rien de tout cela ne devrait surprendre les lecteurs de La Chronique… Nous savons que rien n’appauvrit plus vite les gens qu’un excès « d’argent ».

L’Etat a fourni à l’économie un volume de crédit quasiment illimité, fondé sur de l’argent falsifié. L’argent était bidon. Mais il a servi à acheter des ressources réelles. Ensuite, comme il n’était plus nécessaire de réfléchir avec soin à la façon dont le capital était utilisé, les ressources ont été gaspillées.

Le rythme auquel interviennent les défauts de paiement des entreprises est le plus rapide que l’on ait enregistré depuis 2009. Neuf ménages sur 10 affichent une baisse de revenu. Et les recettes fiscales du dernier trimestre ont chuté par rapport à la même période en 2015.

Corrigée de l’inflation, la croissance réelle de l’économie américaine — mesurée par les recettes fiscales effectives plutôt que par les statistiques loufoques de la Fed – est en baisse.

La baisse du transport de marchandises

L’économie mondiale ralentit, elle aussi. Lambert Strether, du blog Corrente Wire explique :

« J’ai commencé à surveiller le transport… en partie parce que c’est drôle, mais surtout parce que le transport porte sur des choses, et que suivre la trace de ces choses était une façon bien plus séduisante de comprendre ‘l’économie’ que les statistiques économiques, et à plus forte raison, que tous ces discours sophistiqués dont les gens de Wall Street usent quotidiennement.

Donc, ce que j’ai remarqué, c’est une baisse, et non des phases de baisse temporaires suivies de rebonds, mais une baisse s’étalant sur des mois, puis sur une année. Le ferroviaire est en baisse, même lorsque vous retirez le charbon et les céréales, et la demande de wagons de marchandises a diminué. Le transport routier est en baisse, de même que la demande de camions. Le transport aérien flanche. Les ports du Pacifique n’affichent aucun rebond en prévision de Noël.

Et à présent, voilà la débâcle d’Hanjin Shipping — tout ce capital retenu dans des navires bloqués, bien qu’on ne chiffrela cargaison qu’à 12 milliards de dollars, environ — et tout le monde reconnait unanimement que, quelque part, ‘nous’ avons investi beaucoup trop d’argent dans ces grands navires et bateaux, ce qui sous-entend (j’imagine) que nous avons beaucoup moins de choses à transporter que nous ne le pensions, du moins à travers les océans. »

Un système d’enrichissement par du faux crédit

Comme nous l’avons indiqué la semaine dernière, les exportations chinoises enregistrent une baisse annuelle de 10%, en dollars.

Si vous n’exportez aucune « chose », vous n’avez pas besoin de navires pour les expédier où que ce soit.

Mais à mesure que l’économie sombre, l’endettement augmente, financé par les banques centrales.

D’après Bloomberg :

Cette année, les principales banques centrales du monde musclent leurs bilans à la cadence la plus rapide jamais enregistrée depuis la crise de la dette européenne de 2011, afin de booster des reprises économiques en demi teinte, via des rachats d’actifs qui soutiennent le cours des actions et des obligations.

Voyons voir… Comment ça marche, déjà ?

Le monde est trop endetté et en surcapacité. La croissance ralentit. Les défauts de paiement sont en hausse.

Alors que font les banques centrales ?

Elles encouragent les gouvernements à aggraver leur endettement… et financent un surcroît de capacité.

L’Etat a utilisé l’argent falsifié afin d’offrir du faux crédit à l’économie… lequel a été employé pour acheter des ressources réelles… qui ont été dilapidées. A présent, nous avons une abondance de créances (dettes) en contrepartie d’une future production en baisse.
[NDLR : En France, tandis que les dettes augmentent, la croissance ralentit et le chômage s’intensifie. La situation deviendra critique dès 2017, les contribuables ne pourront plus assumer cette dette. La faillite publique sous une forme ou une autre se profile. Comment sauver votre épargne de ce déstre annoncé ? C’est ici.]

Comment cela aurait-il pu fonctionner ?

La moralité de l’économie

Une économie est un système moral, après tout. Ce n’est pas un système d’enrichissement. Vous recevez ce que vous méritez, et non ce que vous voulez ou ce que vous espérez.

A long terme, l’économie punit le gaspillage, l’erreur, l’idiotie, l’impétuosité, la paresse, l’arrogance et l’indiscipline.

Maintenant, les Américains se font punir. Avec ménagement, jusqu’à présent.

Plus tard, le fouet sera beaucoup plus cinglant.

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