La Chronique Agora

TotalEnergies : le pari du pétrole et du gaz porte ses fruits

Alors que militants et décideurs politiques réclamaient un virage vers les renouvelables, TotalEnergies a tenu le cap sur le pétrole et le gaz. Les résultats du premier trimestre 2026 lui donnent raison : bénéfice net en hausse de 51 %, excédent de trésorerie en progression de 23 %. Un pari stratégique qui profite aussi aux consommateurs, dans un contexte de tensions sur l’offre mondiale.

Les hausses de production de 2025 chez TotalEnergies, malgré le repli des prix sur l’année, portent leurs fruits avec l’explosion du prix du baril depuis le début de la guerre. La perte d’une partie de l’offre de pétrole et de gaz du Moyen-Orient crée en effet un surcroît de demande pour la production de groupes comme TotalEnergies.

Les résultats du premier trimestre chez TotalEnergies témoignent des bénéfices engrangés par le producteur et distributeur d’énergies, tant sur les prix à la pompe que sur ceux du gaz. L’excédent de trésorerie grimpe de 23 % par rapport au même trimestre 2025, et le bénéfice net bondit de 51 %. Comparé au dernier trimestre 2025, ce dernier a même doublé.

Le groupe n’en perd pas moins une partie de sa production avec les blocages au Moyen-Orient. Les volumes de pétrole reculent de 2 % sur un an, contre une hausse de 2 % des volumes de gaz. Le rapport met en avant des efforts pour accroître la production : +4 % via de nouveaux projets, et +2 % grâce à une intensification des opérations. En sens inverse, l’épuisement de gisements ampute la production de 2 %, et l’impact de la guerre de 4 % supplémentaires.

La hausse des bénéfices de TotalEnergies tient ainsi à la valeur des produits pour les consommateurs, et aux décisions d’investissement prises de longue date.

Comme l’affirme Patrick Pouyanné, PDG du groupe, dans Sud Ouest : « Vous êtes bien contents, tous, en ce moment que je produise du pétrole. » M. Pouyanné rappelle que les entreprises font des bénéfices ou des pertes selon les réalités de l’offre et de la demande. En période de détente sur la demande, le groupe enregistre des pertes sur certaines activités — sans jamais réclamer de compensation : « Quand les raffineries perdent de l’argent, personne ne vient proposer de nous les subventionner alors même qu’elles contribuent directement à la souveraineté énergétique nationale. D’ailleurs, nous ne le demandons pas. »

TotalEnergies : plus de pétrole et de gaz, au profit des consommateurs

Les médias et les ONG climatiques prennent pour cibles les compagnies d’énergie, les désignant comme responsables des hausses de prix à la pompe. Ils réclament des taxes contre les producteurs et distributeurs de carburants, en principe pour financer le tout-électrique.

Greenpeace explique ainsi que les compagnies pétrolières dans l’UE réalisent 81,4 millions d’euros de sur-profits par jour depuis le début de la guerre en Iran, dont 11,6 millions pour la France, et appelle les gouvernements européens à taxer ces profits pour alléger les factures des plus vulnérables et accélérer les investissements dans les énergies renouvelables.

Dans le même sens, une tribune de Katheline Schubert, du Cercle des économistes et professeure à la Sorbonne, plaide pour une taxe sur les rentes du secteur énergétique. Selon elle, les hausses de revenus des producteurs découlent des conséquences d’une guerre, et non d’investissements, d’innovations ou d’efforts de leur part. Une telle taxe fournirait un financement pour les programmes du tout-électrique et permettrait de réduire progressivement la dépendance au gaz et au pétrole.

Elle écrit :

« Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, ravive le débat sur une taxation exceptionnelle des superprofits pétroliers. […] Car les profits captés aujourd’hui par les majors pétrolières relèvent non pas de leur performance économique mais d’une rente. Ils ne procèdent ni d’une innovation, ni d’une prise de risque supplémentaire, mais d’une rareté créée par un événement géopolitique exogène. »

L’écologiste Raphaël Glucksmann avance lui aussi des arguments en faveur de la taxation des superprofits. La manne pour les entreprises du secteur provient d’aléas géopolitiques, et non du travail ou du mérite. Il affirme sur BFM :

« Dans toute situation de guerre, une démocratie qui se respecte taxe ceux qui profitent le plus de la guerre pour pouvoir ensuite financer le leasing social sur les voitures électriques, pour pouvoir financer les aides ciblées pour les auxiliaires de vie, par exemple. »

La restriction de la production de pétrole et de gaz au nom du climat contribue cependant elle aussi aux pénuries, en plus de la guerre menée par M. Trump. Les hausses de production de TotalEnergies, et d’autres acteurs, mettent davantage d’énergie en circulation — une protection concrète du pouvoir d’achat.

Comme évoqué en mars, TotalEnergies poursuit ses investissements dans le pétrole et le gaz malgré les pressions en faveur des énergies renouvelables. La production progresse de 5 % en 2025 par rapport à 2024, et de 10 % au-dessus des objectifs dans le gaz naturel liquéfié.

Les dirigeants et ONG du continent multiplient les promesses sur le succès futur des énergies renouvelables. Mais la flambée des prix de l’énergie rappelle la valeur du pétrole et du gaz pour les consommateurs, et donc la pertinence des investissements de groupes comme TotalEnergies.

Abandon des éoliennes : un gain pour les consommateurs

Une décision de TotalEnergies concernant ses projets éoliens offshore aux États-Unis s’inscrit dans cette même logique, au profit des consommateurs. Le communiqué annonce un redéploiement vers le gaz :

« Grâce au remboursement des montants que nous avons payés pour ces concessions, nous allons construire un liquéfacteur de 29 Mt, le Rio Grande, et développer notre production et nos exportations de gaz naturel depuis les États-Unis. »

Cette décision accroît l’offre de pétrole et de gaz disponible, et génère ainsi davantage de pouvoir d’achat pour les consommateurs.

Les médias et les ONG, à l’inverse, plaident pour des restrictions et des taxes sur les énergies — et donc, in fine, pour des factures plus lourdes…

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