La Chronique Agora

Un scénario cauchemardesque

Alors que la chute des cryptos se poursuit, le phénomène reflète en réalité d’un problème bien plus profond…

Selon Gizmodo :    

Tether sombre au-dessous de 1 $ sur fond de scénario cauchemardesque pour l’avenir du Bitcoin  

 

Le marché des crypto-monnaies a poursuivi son hémorragie financière, jeudi dernier, le plus populaire des jetons affichant des pourcentages de baisse à deux chiffres au cours des dernières 24 heures. Et absolument personne ne sait à quel moment un plus bas sera atteint, beaucoup de gens craignant que tout le marché des fausses monnaies numériques tombe à zéro, dans un contexte où pour la première fois de son histoire, Tether se négociait en dessous de 1 $, jeudi matin.   

 

Le bitcoin, la crypto-monnaie la plus populaire du monde, a baissé de 11,2%, sur la journée, et se situe actuellement à 27 959 $, soit environ 58% en dessous de son plus haut historique de 69 000 $ enregistré à la mi-novembre. Ethereum est encore plus en difficulté, ces dernières 24 heures, une chute de 19,9% le faisant retomber à 1 930 $.   

Que les crypto-monnaies soient ou non l’avenir de la monnaie, nous avons constaté la semaine dernière que, lorsque la monnaie fiche le camp, tout fiche le camp.   

Comme l’état a trafiqué le dollar, il était devenu difficile de savoir ce que valait réellement quoi que ce soit. Mais à présent, comme des soldats qui abandonnent une ville en ruines, la Fed bat en retraite. Et Monsieur le Marché découvre des atrocités.    

AMC, une chaine de salles de cinéma très connue, était l’une des principales actions de type « meme stocks », par exemple. Il y a un an, cette action cotait 10 $. Et à présent, elle est retombée à 10 $, après s’être envolée à près de 60 $ en juin 2021.  

GameStop, autre meme stock favori, a dépassé les 300 $ en janvier 2021. A présent, l’action cote aux alentours de 80 $. Et si la symétrie s’applique comme nous le pensons, cette société devrait bientôt chuter en dessous de 5 $.  

Ceux qui se sont envolés très haut se retrouveront très bas.  

Bankman… Bientôt la banqueroute ?

Le crypto-milliardaire Sam Bankman-Fried a perdu la moitié de sa fortune… pour l’instant.  

Et le fonds de Cathy Wood, Ark Invest, qui s’était aussi envolé très haut, a chuté de plus de 75%, par rapport à ses plus hauts historiques. Et dans la presse, une photo montre que les cheveux de Mme Wood sont devenus gris.  

Dans le secteur privé, les atrocités sont punies. Les marchés baissiers sont faits pour ça.  

Mais dans le secteur public, elles sont récompensées, le plus souvent.    

Oui, aujourd’hui, nous poursuivons notre visite du Panthéon des Incompétents.   

Il y a Ben Bernanke et Janet Yellen, bien sûr. Et les généraux David Petraeus, Stanley McChrystal et Mark Milley. Et, bien entendu, Bush, Obama, Trump et Biden.   

N’importe lequel de ces [quatre] hommes est probablement correct, dans la vie privée.   

Bush a été le propriétaire d’une équipe de basket. Obama était probablement un excellent professeur d’histoire, au lycée. Trump… un promoteur immobilier désinvolte. Et Biden ?  Cet homme est un habile politicien et il pourrait intégrer n’importe quelle organisation qui en a besoin.     

Mais à la place, ils ont été chargés des politiques publiques… de dire aux autres ce qu’ils devaient faire… et chacun d’eux a transformé cela en désastre.   

Pourquoi ? Nous ne faisons que relier les points, là.  

Comment se fait-il que les Américains s’appauvrissent ? 

Comment se fait-il que le PIB chute ? 

Comment se fait-il que les politiques publiques semblent vouées à l’échec ?  

Comment se fait-il que les responsables agissent comme des abrutis ?   

Que va faire la Fed quand les choses vont vraiment se corser ?  

Aujourd’hui, observons une autre ramification de cette clique au pouvoir… le complexe médecine-laboratoires pharmaceutiques-technocratie sanitaire.  

Les Jeux du Covid

En mars 2020, il est devenu évident qu’un nouveau fléau était en train de nous tomber sur la tête. Et il existait deux solutions, pour gérer cette situation.  

La première consistait à ne pas en faire une affaire d’état et laisser la population décider. Cette approche du bas vers le haut a été adoptée par de nombreux pays pauvres… et par la Suède.  

Les Suédois ont rapidement été catalogués « d’antiscience » : la Suède a presque été considéré comme un état hors-la-loi.  

L’autre approche – du haut vers le bas – a été privilégiée par la caste au pouvoir dans la plupart des autres pays développés. Elle a impliqué des confinements, le port du masque, la vaccination et la distanciation sociale. « La science », disaient-ils, l’exigent.   

L’idée était de stopper le virus, de l’empêcher de circuler pour qu’il ne contamine pas les gens.  

Quelle approche a le mieux fonctionné ?    

Selon les éléments disponibles, la Suède aurait eu raison…   

Nos autorités sanitaires se sont révélées incapables de stopper le Covid-19, tout comme la Fed a été incapable de prévenir l’inflation.  

 Selon The Week :       

De nouvelles données publiées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) révèlent que la Suède est l’un des pays affichant le taux de décès liés au Covid-19 le plus bas d’Europe, bien qu’il ait évité la plupart des mesures de confinement.  

 

Stockholm a choisi de ne pas instaurer un confinement national total pendant la pandémie, préférant « s’appuyer sur une modification des comportements », indique The Telegraph. En prenant cette décision, cette nation a « presque été jugée comme un état voyou », dans un contexte où les autres pays instauraient des restrictions à grande échelle pour endiguer la propagation du virus.   

 

Mais selon les chiffres de l’OMS, la Suède a enregistré un taux de décès excédentaire de 56 pour 100 000 habitants, soit bien en dessous de la moyenne mondiale de 96. A titre de comparaison, entre 2020 et 2021, le taux de décès excédentaire du Royaume-Uni a été de 109, celui de l’Espagne de 111 et celui de l’Allemagne de 116.   

 

Au début de la pandémie, les responsables sanitaires suédois ont argumenté « qu’il faudrait des années » avant de vérifier quelle méthode de lutte contre le Covid-19 serait la plus efficace, indique The Telegraph, et qu’il valait mieux éviter les « mesures expérimentales ».   

Ils ont également pris en considération les « dommages collatéraux » des confinements, comme « l’absence de dépistage des cancers, les consultations hospitalières annulées, et l’éducation perdue », indique le journal. Et cette décision « semble avoir été justifiée ».  

L’approche suédoise a été qualifiée de « modérée ». Elle impliquait de laisser tranquille médecins et patients, et de les laisser décider eux-mêmes. Mais la majorité des gouvernements du monde – sur les conseils de leurs apparatchiks sanitaires et du secteur pharmaceutique – ont choisi d’avoir la main lourde.  

Les dommages collatéraux

Nos chers lecteurs reconnaitront cette « main lourde » : c’est la voie qu’empruntent les incompétents.   

Le gouvernement Bush a procédé ainsi, par exemple, après les attentats du 11 septembre contre les Tours Jumelles : au lieu de laisser la police et le système judiciaire traquer les auteurs et les traduire en justice moyennant un coût minime et de faibles perturbations, l’équipe de Bush a envahi l’Irak, qui n’avait rien à voir avec la catastrophe des Tours Jumelles.    

L’approche de la main lourde est également la voie que la Fed a décidé d’emprunter. Lors de la crise financière des « subprimes » de 2008-2009, elle ne s’est pas tenue à l’écart, pour laisser les gens résoudre leurs propres problèmes financiers.   

Au sein d’une économie honnête, les spéculateurs qui avaient réalisé de mauvais paris auraient dû perdre de l’argent… des P-DG auraient dû renoncer à leurs bonus… des entreprises auraient dû faire faillite.  

Au lieu de cela, la Fed a défoncé la porte comme une brigade d’intervention au cours d’une descente de police en pleine nuit. Elle a régi les taux d’intérêt (négatifs, corrigés de l’inflation) … financé les effroyables plans de sauvetage du gouvernement fédéral, et récompensé la prise de risques inconsidérés.  

N’ayant rien appris de cet épisode, elle a récidivé en 2020-2021, mais à plus grande échelle, avec 4 000 Mds$ d’émission monétaire en tout juste 18 mois, un nouveau record.    

Et à présent, nous souffrons des « dommages collatéraux ».  

La Suède a tenté de prendre en compte les « dommages collatéraux » provoqués par les politiques de lutte contre le Covid-19.  

Mais personne n’a encore tenté de sonder les profondeurs du mal provoqué par cette conjonction de politiques publiques à la main lourde, aussi bien dans les domaines de la santé que de la finance…  

Bien à vous,  

Bill Bonner 

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