La Chronique Agora

QE 15… QE 16… QE 17…

▪ Tout le monde observe l’inflation. Enfin, tout le monde essaie d’observer l’inflation. Certaines personnes pensent en voir. D’autres ne voient rien du tout.

"Enfin, si on surveillait les prix à la consommation comme autrefois", déclarait notre collègue Chris Mayer il y a quelques jours, "on aurait de l’inflation à 8% environ. Mais ils ont déformé les chiffres à tel point, actuellement, qu’ils ne montrent aucune inflation alors que tout le monde sait que les prix augmentent".

__________________________

Investissez dans les Cobras !
Le potentiel des BRIC n’est plus celui qu’on croit — désormais, les profits potentiels se trouvent ailleurs. Où exactement ? Quelques éléments de réponse sont ici…

__________________________

Les prix grimpent en flèche aux Etats-Unis — pour de nombreuses choses. Les frais de scolarité, par exemple. Notre plus jeune fils Edward entre à l’université l’an prochain — nous prospectons plusieurs établissements. L’addition nous met en état de choc.

Beaucoup d’autres choses grimpent — comme l’alimentation. Et le carburant. Les autorités soustraient l’alimentation et le carburant du taux d’inflation "centrale". Selon elles, ces deux éléments sont trop "volatils" pour donner une mesure fiable d’inflation.

Les autorités trafiquent aussi les prix de l’immobilier américain. Elles partent du principe que tout le monde paie un loyer. Elles calculent donc ce que ce loyer devrait être en tant que partie du coût de la vie. Bien entendu, l’immobilier vient de perdre entre 20% et 30% de sa valeur. Donc en théorie, les loyers sont relativement bas — même si les gens ne les paient pas vraiment. Ils remboursent encore les prêts hypothécaires contractés durant les années de bulle.

Si l’on éliminait les versements de loyers majoritairement fictifs, l’IPC serait à peu près là où nous voulons qu’il soit, déclare notre vieil ami John Mauldin.

Mais la ligne officielle, c’est qu’il n’y a pas d’inflation des prix à la consommation aux Etats-Unis d’Amérique. C’est ce que disent les ronds-de-cuir du Bureau US des statistiques de l’emploi. Et ils s’en tiennent à leur version. Officiellement, la croissance de l’IPC n’a jamais été plus basse.

▪ Le New York Times nous dit tout :

"Depuis l’effondrement du marché de l’immobilier aux Etats-Unis et le début de la crise financière mondiale, la Réserve fédérale a fait de la lutte contre la déflation une priorité majeure, rappelant l’expérience du Japon après l’explosion de sa bulle au début des années 90. La Fed a fixé une cible de 2% ou un peu moins pour l’inflation, mais ne l’atteint pas".

"Les derniers chiffres ont montré que l’inflation globale des prix à la consommation était de 1,2% sur les 12 mois précédant octobre, tandis que le taux d’inflation ‘central’ — excluant l’alimentation et l’énergie — n’a grimpé que de 0,6%. Le précédent plus bas de cet indice, à 0,7%, avait été mesuré au cours des 12 mois précédant février 1961, pendant que l’économie était en récession".

"… les chiffres de l’inflation ‘centrale’ suivent chemin à peu près similaire à celui montré par le Japon il y a 15 ans. Cela malgré une réaction bien plus vigoureuse de la part de la banque centrale américaine, qui était déterminée à ne pas commettre les mêmes erreurs que les Japonais".

"La déflation est crainte pour plusieurs raisons. Si les consommateurs en viennent à l’attendre, comme cela s’est produit au Japon, ils sont fortement encouragés à retarder leurs achats en attendant des prix plus bas. Cela peut freiner l’activité économique et augmenter le chômage. De plus, la déflation exerce une pression à la baisse sur les prix des actifs, empirant la situation des personnes endettées".

"’Pour changer les attentes d’inflation de manière permanente’, a écrit M. Batty, de Standard Life, ‘une réaction monétaire bien plus conséquente serait nécessaire de la part des autorités américaines et occidentales que celle déjà annoncée. En résumé, si les banquiers centraux décident qu’il est nécessaire de fabriquer une inflation plus haute, les investisseurs devraient alors anticiper une nouvelle phase de mesures politiques extraordinaires par le biais d’un QE3".

Ha ! Pourquoi pas ? QE15… QE16… QE17…

Quel extraordinaire spectacle !

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

Quitter la version mobile