Les géants de la tech ont raflé la mise lors de la première vague de l’intelligence artificielle. Mais les plus belles opportunités pourraient désormais se trouver ailleurs, du côté d’entreprises encore méconnues qui profitent, elles aussi, des investissements colossaux dans l’IA.
À chaque grande révolution technologique, je vois les investisseurs commettre la même erreur.
Ils se concentrent sur les entreprises qui font la une des journaux et passent à côté de celles qui rendent cette révolution possible.
Nous l’avons vu avec l’essor d’Internet. Puis avec l’arrivée des smartphones.
Et je suis convaincu que le phénomène se reproduit aujourd’hui avec l’intelligence artificielle.
Ces dernières années, les investisseurs ont naturellement porté leur attention sur une poignée de géants technologiques : Nvidia, Microsoft, Alphabet ou encore Amazon.
Ces entreprises ont enregistré des performances boursières exceptionnelles, souvent accompagnées d’une croissance tout aussi spectaculaire de leurs bénéfices.
Mais ceux qui pensent que ces mêmes entreprises vont capter à elles seules toutes les richesses générées par l’intelligence artificielle passent à côté de l’essentiel.
Car l’IA n’est plus seulement une affaire de logiciels.
Elle est devenue le moteur de l’un des plus grands chantiers d’infrastructures de l’histoire. Selon Goldman Sachs, près de 7 600 milliards de dollars pourraient être investis dans les infrastructures liées à l’IA entre 2026 et 2031.
Et cet argent va nécessairement profiter à toute une série d’entreprises.
L’intelligence artificielle a besoin de semi-conducteurs de pointe. Ces puces doivent être installées dans des centres de données, qui nécessitent à leur tour d’immenses quantités d’électricité, des systèmes de refroidissement, des équipements réseau, des solutions de stockage et une multitude de composants spécialisés.
Voilà pourquoi je pense qu’il est temps, pour les investisseurs, de changer leur façon d’aborder le boom de l’IA.
La première phase a surtout profité aux entreprises les plus en vue.
La prochaine pourrait faire émerger des gagnants dont la plupart des investisseurs n’ont encore jamais entendu parler.
Cela fait plus de quarante ans que j’étudie les entreprises les plus prospères au monde.
Et s’il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est que les grandes révolutions technologiques créent des opportunités qui dépassent largement le cercle des entreprises auxquelles on les associe spontanément.
Prenez l’automobile.
Ford est devenu un nom connu dans le monde entier. Mais l’essor de l’automobile a également fait la fortune d’entreprises spécialisées dans l’acier, le caoutchouc, le verre, le pétrole, l’assurance et bien d’autres secteurs.
Le même phénomène s’est produit avec Internet. Amazon et Google sont devenus des géants. Mais les fabricants de semi-conducteurs, d’équipements réseau, de câbles à fibre optique, les constructeurs de centres de données et tous les acteurs qui ont bâti les infrastructures nécessaires à Internet ont eux aussi créé des milliers de milliards de dollars de richesse.
C’est l’une des grandes leçons du progrès technologique : l’entreprise à l’origine d’une révolution n’est pas nécessairement la seule à enrichir ses actionnaires.
Et l’intelligence artificielle entre aujourd’hui dans cette nouvelle phase.
Selon les estimations de Goldman Sachs, les investissements annuels dans l’IA pourraient passer d’environ 765 milliards de dollars cette année à 1 600 milliards de dollars en 2031.
À eux seuls, les cinq plus grands géants américains du cloud pourraient investir près de 1 200 milliards de dollars en 2027.
Pour les investisseurs, la question n’est donc plus de savoir si l’IA va attirer des capitaux considérables.
C’est déjà une évidence.
La véritable question est de savoir quelles entreprises vont en profiter.
Et c’est là que les petites capitalisations deviennent particulièrement intéressantes.
Lorsqu’une entreprise valorisée 1 000 milliards de dollars génère 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires supplémentaires, c’est évidemment une bonne nouvelle.
Mais cela ne suffit généralement pas à transformer ses perspectives.
En revanche, pour une société valorisée quelques milliards de dollars, voire moins, l’arrivée d’un grand client ou la signature d’un contrat de plusieurs milliards peut tout changer.
Son chiffre d’affaires peut s’envoler.
Ses bénéfices peuvent accélérer brutalement.
Et Wall Street peut soudainement revoir complètement sa valorisation.
Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il faille acheter toutes les petites entreprises qui prétendent avoir un lien avec l’intelligence artificielle.
Bien au contraire.
Chaque fois que des sommes aussi colossales affluent vers une nouvelle technologie, la spéculation n’est jamais loin. Il y aura des gagnants extraordinaires, mais aussi beaucoup de perdants.
C’est pourquoi je recommande aux investisseurs de ne jamais perdre de vue les fondamentaux.
Le chiffre d’affaires progresse-t-il ?
Les bénéfices évoluent-ils dans la bonne direction ?
L’entreprise dispose-t-elle d’un véritable avantage concurrentiel ?
Ses dirigeants créent-ils de la valeur pour les actionnaires ?
Et surtout, existe-t-il des preuves concrètes que l’essor de l’intelligence artificielle profite réellement à son activité ?
